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FLANDRE, GALICIE ET MOLDAVIE

(12 Août.)

Une assez grande activité se manifeste sur presque toute l'étendue du front franco-anglais. Pour éviter des répétitions fastidieuses, je laisse aux communiqués le soin de nous éclairer sur le détail des attaques, coups de main, incursions et tentatives diverses auxquels les Allemands se sont livrés tous ces jours-ci, depuis le sud de Saint-Quentin jusqu'à Avocourt, en passant par la Champagne. Leur sort a été partout le même, c'est-à-dire qu'après des disputes plus ou moins prolongées portant sur des tranchées de tête, l'ennemi a dû finalement reconnaître qu'il perdait inutilement son sang et son temps. Quant à la durée que peut avoir ce singulier système de guerre, elle dépend de l'entêtement du kronprinz, et peut-être aussi de la dose de patience qu'Hindenburg, qui, pour être généralissime, n'en est pas moins bon courtisan, tient à sa disposition.

En Flandre, se sont produits quelques événements dignes d'être mentionnés.

Non pas qu'ils se recommandent par leurs dimensions mêmes, mais parce qu'ils ont

eu pour résultat de redresser et de consolider la ligne qui doit servir de base aux mouvements ultérieurs. Ils appartiennent donc en propre à la préparation de ces mouvements et acquièrent, à ce titre, une importance que nous ne saurions dédaigner.

Par l'avance des troupes françaises du côté de Langemarck et de Bixschoote, comme par la conquête de Westhoeck,' ,de la crête avoisinante et du bois de Glencorse, que les Anglais ont opérée brillamment, le front allié est débarrassé de certains saillants désagréables ou capables de le devenir, et le village de Saint-Julien, point central de ce front, est libéré de la double étreinte qui le mettait assez dangereusement en pointe. On voit par là combien ces opérations préliminaires — - car il ne s'agit point ici d'autre chose — présentaient d'urgence, d'utilité et d'intérêt. Et les Allemands s'en sont parfaitement douté, qui ont fait des efforts inouïs, mais stériles, pour les contrecarrer.

Passant maintenant au front oriental, nous constaterons que la lutte, de l'aveu des bulletins ennemis eux-mêmes, y revêt

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Carte de la Moldavie, théâtre des combats sur le front roumain.

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Front roumain. — Nos alliés sont toujours vivement pressés par les forces ennemies qui descendent la vallée du Trotus et par celles qui remontent le Sereth. Ces dernières, après un combat acharné, s'emparent de Panziu, importante bifurcation de voies ferrées, à une vingtaine de kilomètres au nord de Focsani.

En Angleterre. — Dans la soirée une escadrille d'une vingtaine d^ avions allemands bombarde la côte orientale et fait d^ assez nombreuses victimes à Southend, sur la rive nord de l'estuaire de la Tamise.

Guillaume II et l'Amérique. — M. Gérard, ancien ambassadeur des Etats-Unis à Berlin, publie le récit d'une entrevue qu'il eut avec le Kaiser en octobre 1915. 'i L'empereur qui paraissait rongé par les soucis et très nerveux se montra fort amer vis-àvis des États-Unis et dit à plusieurs reprises: l'Amérique fera bien de prendre garde, car je ne tolérerai plus qu'elle fasse des siennes après la guerre. »

Front occidental. — Combats dans la région d'Aillés, marqués par des progrès de nos troupes à l'est de la position.

La ville de Reims reçoit dans la journée 850 obus dont un grand nombre incendiaires.

La conférence de Stockholm. — M. Bonar Law fait la déclaration suivante à la Chambre des communes : « I^s conseillers de la Couronne ont avisé le Gouvernement qu'il serait illégal de permettre à une personne quelconque, résidant dans les Dominions de Sa Majesté, d'entrer en conférence avec des sujets ennemis sans une permission de la Couronne. Le Gouvernement a décidé de refuser la permission d'assister à la Conférence de Stockholm.

La même décision est prise par les gouvernements de Etats-Unis, de la France et de l'Italie avec lesquels le gouvernement anglais est en communication à ce sujet. »

un caractère d'acharnement dont on peut •augurer que la crise subie par l'armée russe est en voie de guérison. Les Austro- Allemands n'avancent qu'avec beaucoup de peine en Bukovine. Sur les Carpathes moldaves, c'est à peine si. au prix de combats furieux, ils ont pu faire légèrement reculer les Roumains dans la vallée de rOituz. Enfin, Mackensen, bien qu'il ait franchi la Susita, est en butte à des contre-attaques si vigoureuses qu'U ne peut progresser qu'à pas de tortue. Il suf-

fit d'ailleurs de lire les communiqués de Ludendorff pour voir quellesd ifficultés les coalisés rencontrent maintenant devant eux.

Espérons que, loin de s'aplanir, cellesci iront désormais en s'accroissant, car l'ardeur de l'armée roumaine est intacte, et on nous dit que Kornilof.maintenant investi des pleins pouvoirs qu'il réclamait, a déjà commencé à faire sentir aux indisciplinés et aux lâches le poids de son autorité.

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