LES RIPOSTES ENNEMIES MANQUENT LEUR BUT
(18 Août.)
Suivre pas à pas les fluctuations de en Belgique serciit se livrer à un travail la grande bataille actuellement engagée de Pénélope et s'exposer constamment à
Lt'COLONEL ROUSSET
anticiper ou à retarder sur les faits. Je ne crois donc pas devoir entreprendre cette tâche, que la succession rapide des communiqués rend d'ailleurs inutile. Il me suffira de donner, jour par jour, les résultats qui semblent acquis.
Parmi ceux-ci, il faut compter, de notre côté, le franchissement du Steenbeck, et une avance assez sensible sur sa rive droite contre laquelle les contre-attaques allemandes sont venues se briser ; du côté anglais, la prise de Langemarck et une poussée à huit cents mètres environ au delà du village. Ce sont les troisièmes lignes allemandes qui sont entamées ainsi, comme le reconnaît Ludendorff lui-même. Restent encore les positions dominantes de Passchendaele, qui ont pas mal retardé le mouvement de l'aile droite britannique. Sur ce qui existe en arrière, les avions, qui se montrent fort actifs, ont dû renseigner le commandement.
Les Allemands réagissent autant qu'ils le peuvent. On sait que, presque toujours ^condamnés à plier sous le premier choc, ils ont organisé d'une façon très méthodique et régulière la contre-offensive, en lieu et place de l'offensive elle-même, à laquelle, quoi qu'on en ait dit, Hindenburg ne paraît plus songer depuis longtemps, ou bien à laquelle il a dû renoncer, depuis les déboires que lui a donnés la retraite de la Somme. Cette contre-offen-
sive s'exerce soit par riposte immédiate, soit par action a posteriori, suivant les circonstances, les moyens utilisables et l'état moral des troupes de soutien. Ici, c'est le premier système qui est mis en vigueur, au moins jusqu'à présent. Il n'a procuré à l'ennemi que des pertes fort lourdes, et des regains parfaitement insignifiants.
Le second est pratiqué du côté de Loos, et ne donne pas plus d'avantages. Enfin, le kronprinz essaye de dégager un peu son confrère, en se jetant, avec son habituelle frénésie, sur nos positions du Chemin des Dames et de la Meuse. Il y avait longtemps que, sur la rive droite de la rivière, on se bornait à un échange plus ou moins serré de coups de canon. Hier, l'infanterie allemande a surgi tout à coup entre la corne nord du bois des Caurières et la village de Bezonvaux. Là, comme ailleurs, elle a dû regagner ses tranchées sans aucun bénéfice, mais avec pas mal d'hommes en moins.
Voilà, jusqu'à plus ample informé, ce qui concerne le front occidental. De l'autre, nous n'avons que peu de nouvelles.
Les Austro- Allemands prétendent qu'ils avancent dans la vallée du Trotus et sur le Sereth. Mais ils ne cachent point que la résistance opposée par leur adversaire est toujours grande. En somme, leurs bulletins, qui continuent à être aussi ternes, n'annoncent absolument rien de décisif.
(Cl. Qt)
Soldat français sur un radeau au bord de l'Yser.
Li-COLONEL ROUSSET