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L'ENNEMI TENTE EN VAIN DE DÉGAGER LES ABORDS NORD-OUEST DE LENS

(19 Août.)

Les alliés semblent vouloir procéder en Belgique par bonds successifs à intervalles variables, chaque bond étant précédé d'une préparation spéciale, complète et telle que toutes les chances sont mises du côté de l'assaillant. C'est une méthode peut-être un peu lente, mais prudente et sage, qui a au surplus l'avantage de présenter aux contre-attaques allemandes des positions consolidées, résistantes, contre lesquelles l'effort ennemi est d'avance condamné à se briser. Il ne faut donc pas s'étonner si l'offensive entamée, et qui doit se poursuivre, présente quelques défauts de continuité.

Hier, les Anglais n'ont pas bougé, sinon à l'est de Loos, où ils ont encore réalisé une légère avance, et les Français se sont contentés de rectifier leur ligne au sud de la route de Bixschoote à Langemarck, en enlevant, au delà du Steenbeck, un ouvrage allemand qui les gênait. Mais pause dans la manœuvre ne veut pas dire inaction.

D'ailleurs l'aviation s'est montrée, chez les uns comme chez les autres, extrêmement décidée, et non seulement elle s'est opposée aux investigations de l'ennemi, mais elle a été ravager au loin ses derrières. Rarement escadrilles plus nombreuses

et plus entreprenantes avaient sillonné les airs.

Refoulés en Artois et en Flandre, déçus dans leurs essais d'enfoncement sur le Chemin des Dames et devant Verdun, les Allemands ont usé d'une arme qui leur est devenue familière, mais qui n'a plus qu'une très faible valeur : le mensonge. Ils ont prétendu avoir repris Langemarck aux Anglais, invention assez misérable qui les oblige aujourd'hui à une palinodie, comme il arriva jadis pour le fort de Vaux.

De même en Moldavie, où leurs progrès sont toujours entravés par une résistance vigoureuse, ils avaient annoncé la prise d'une tête de pont sur le Sereth, tandis qu'il s'agissait, en réalité, d'un village isitué à trois kilomètres de cette rivière et séparé d'elle par des marais difficilement praticables. On cherche évidemment, par ces fausses nouvelles, à impressionner favorablement les populations germaniques, qui ne voient encore au fameux recul d'Hindenburg, si pompeusement glorifié par le kaiser lui-même, que des résultats négatifs. Seulement, ce n'est pas ici comme au jeu de poker, où parfois le bluff opère, dit-on, des miracles. Et il

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L'avance sur Lens. Carte du secteur de Loos.

Ll-COLONEL ROUSSET

La reddition d'un fortin al

Les défenses ennemies du secteur d'Ypres étaient formidables. Partout des fortin bétonnés que les canons des mitrailleuses perçaient de part en part. Les troupe franco-britanniques eurent à conquérir, l'un après Vautre, ces points de résistance. 0> voit ici comment nos alliés eurent raison de l'un des plus importants. Après avoi

nand près de Langemarck

ancé en vain bombes et grenades contre la porte de fer, l'officier anglais la heurta n s'écriant : « Sortez tous, voas êtes perdns! » Les défenseurs ^ que le tir de barrage éparait depuis quatre jours de tout ravitaillement, sentirent Vinutilité de leur résisance. Quarante.deux soldats allemands et huit mitrailleuses furent ainsi capturés.

IJ-COLONEL ROUSSET

pourrait fort bien arriver que pour avoir trop longtemps distribuer cette viande creuse, LudendorfE et son maître finissent

par perdre, dans le pays même qu'ils s'efforcent de leurrer, une bonne partie de leur crédit.

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