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LES INTENTIONS DE FALKENHAYN

(20 Août.)

L'accalmie temporaire que je signalais hier et dont j'ai indiqué les causes, n'a point encore fait place, en Flandre, à une reprise importante de l'action. Celle-ci n'est donc pas encore complètement prête. Sachons l'attendre patiemment.

Au surplus, la stagnation est à peu près générale, bien que la lutte d'artillerie ne cesse pas devant Verdun, et qu'il y ait eu, de tous les côtés, des échanges assez fréquents de coups de main. Aucun d'eux ne tirant à conséquence, on me permettra de ne point répéter les communiqués.

La seule nouvelle intéressante que nous ayons à enregistrer ^est le bombardement de Monastir par les batteries germanobulgares. Faut-il voir là le prélude d'une offensive dirigée contre l'armée alliée de Macédoine et la mise à exécution de certains projets assez vraisemblables contre la Grèce venizeliste, que le kaiser ne serait certainement pas fâché de rendre à ses anciens possesseurs? On ne peut l'affirmer encore, bien que ce bombardement soudain, dirigé contre une ville que revendiquent les Bulgares, semble inspiré

par tout autre chose qu'un besoin immodéré de destruction.

Peut-être que Falkenhayn — ■ car on assure que c'est lui qui commande là-bas — fait comme Mahomet, et, la montagne n'allant pas à lui, je veux dire l'armée de Macédoine, va lui-même à la montagne.

Nous verrons bien. Mais le moment qu'il choisit n'est certainement pas le meilleur.

Je n'ai jamais douté un seul instant, pour ma part, que si les Russo-Roumains venaient à être réduits à l'impuissance, les forces de la coalition germanique, ou du moins une bonne partie d'entre elles, se retourneraient contre notre établissement de Salonique. Seulement, la résistance que l'on rencontre en Moldavie se prolonge beaucoup plus qu'on ne l'avait cru, et même paraît se consolider assez pour durer encore pas mal de temps. D'après les plus récentes nouvelles, en effet, les Austro- Allemands seraient arrêtés aussi bien du côté d'Ocna que devant le Sereth, et leurs progrès, si progrès il y a, auraient été presque partout enrayés. Si cette situation ne change pas, la volte-face opérée

(.Cl. Beaufrère.)

Le fortin de la ferme Champaubert, conquis par les Français.

U-COLONEL ROUSSET

vers le sud devient une imprudence, dont en cas de contre-offensive énergique du côté de la Tchema ou de Doiran, . on pourrait avoir à se repentir. Aussi convient-il d'attendre, avant de rien pré-

juger, que les événements aient pris une tournure plus accusée, Alors seulement nous verrons si l'ennemi a raison ou tort de se mettre une nouvelle affaire sur les bras, et si même, en réalité, il le fait.

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