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NOUVEAUX SUCCES AU NORD DE VERDUN

(22 Août.)

Je n'ai pas grand'chose à ajouter au xécit des faits gloriemx dont les communiqués français et italiens nous apportent le détail. Ils sont assez éloquents par euxmêmes pour se passer de commentaires.

Mais je ne saurais trop insister sur la simultanéité des attaques alliées qui n'est assurément pas le résultat d'une coïncidence fortuite. Il me plaît de voir là une heureuse manifestation de cette coordination des efforts que nous avons tant souhaitée, et -dont nous attendons à bon droit, si elle doit se continuer comme il y a lieu de l'espérer, des effets si précieux et si décisifs. Jamais elle n'a été plus utile, je dirai même plus nécessaire qu'au moment où la coalition germanique, obligée de renoncer à toutes ses entreprises agressives, est •obligée de songer à une défense . qu'elle doit avoir grand'peine à soutenir égaleanent sur tous les fronts.

La première journée de la bataille de

Verdun, préparée par le commandement avec un soin jaloux et menée par nos magnifiques soldats avec leur entrain irréductible, a donné des profits dont la valeur morale dépasse peut-être encore l'étendue matérielle, et que toutes les ten- .tatives de réaction allemande n'ont pu nous enlever. Il ne s'en faut plus que de fort peu que nous ayons rétabli nos positions telles qu'elles étaient avant la date fatale du 21 février 1916, quand certaines négligences regrettables faillirent mettre la ville de Verdun elle-même en péril.

Et alors, que restera-t-il de la plus formidable entreprise de cette guerre? Le souvenir étincelant de la bravoure française qui, une fois de plus, aura réduit à l'impuissance les hordes d'Attila.

Ah ! soldats de Verdun, dont la constance accomplit ce miracle, de quel nom vous appellera-t-on dans l'Histoire? Quels monuments remémoreront un jour vos efforts

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U-COLONEL ROUSSET

LA GUERRE AU JOUR LE lOUR

LES FAITS

2 1 AOUT (suite)

La victoire de Verdun. — L'armée Guillatanat, développant son succès, s'empare de la côte de l'Oie et du village de Regnéville sur la rive gauche de la Meuse, du village de Samogneux et de tout un système de tranchées qui le relie à la cote 344 sur la rive droite.

L'ennemi, qui n'a pas réagi sérieusement hier , lance dans la soirée de puissantes contre-attaques, mais sans pouvoir reprendre un pouce du terrain perdu.

Devant Lens. — Les troupes britanniques attaquent la ligne de tranchées qui borde la ville à l'ouest et au nord-ouest et s'emparent des positions allemandes sur un front de 1 800 mètres, après une lutte qui se prolonge toute la journée et au cours de laquelle les deux adversaires déploient un égal acharnement.

Sur mer. — Des forces légères anglaises, en croisière au large de la côte du futland, détruisent un zeppelin dont l'équipage périt tout entier.

Es\ Italie. — Combats acharnés sur le Carso.

La Grèce et la France. — M. Romanos, ministre de Grèce à Paris, remet au président de la République une lettre autographe du roi Alexandre qui consacre officiellement l'abdication du roi Constantin et de son fils aîné. Dans ce document, daté du 6 juillet 1917, le nouveau roi annonce son avènement au trône et se déclare résolu à resserrer de plus en plus les liens si heureusement établis entre la France et la Grèce « amies et alliées ».

Front d'Italie. — La bataille fait rage. «Le 21 août, dit le commissaire autrichien, a été une des plus rudes journées de combat qu'on puisse inscrire dans l'histoire de l'armée de l'Isonzo; à l'est de Canale, nous avons dû céder à l'ennemi l'éperon et le village de Vels... De furieux combats ont eu lieu sur le Carso où les Italiens ont lancé contre nos lignes divisions sur divisions, appuyées par un tir d'artillerie d'une violence inouïe.

généreux et féconds? Vos hauts faits, gravés sur l'airain, défieront la morsure des siècles, et, plus tardj ils obscurciront de leur éclat impérissable tout ce que la mémoire des hommes connaît de plus illustre et de plus glorieux !

Que cependant notre propre triomphe ne nous fasse pas oublier celui de nos amis italiens qui, eux aussi, livrent une bataille aux dimensions énormes sur le front du Carso. Devant leurs vigoureux assauts, les Autrichiens fléchissent, comme les Allemands devant nous, et leurs bataillons victorieux ont franchi l'Isonzo,

enlevant à l'ennemi plus de y 500 hommes et une centaine d'ofiSciers.

Quelle sera maintenant la direction que prendra cette offensive aux débuts pleins de promesses? Est-ce Trieste qui est visée, ou bien Laybach? Nous ne le savons pas encore, et seul le dévelopement de la lutte nous l'apprendra. Mais je crois que, quoi qu'il arrive, nous pouvons faire confiance à un commandement à la fois prudent, patient et actif, qui, ayant su préserver de l'invasion la plaine vénitienne, a creusé déjà de si larges brèches dans le front de son ennemi chaque jour plus atteint.

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