‹ La Guerre au jour le jourChapitre 88 sur 360 · LA VICTOIRE DE VERDUN LE TUNNEL DU KRONPRINZ AU MORT-HOMME · texte numérisé non relu

LA VICTOIRE DE VERDUN LE TUNNEL DU KRONPRINZ AU MORT-HOMME

Le 20 août, au premier Jour de notre offensive, nos soldats s'emparent du Mort-Homme. L'écrasante préparation de nos artilleurs avait ouvert la route aux fantassins,bouleversantles abris les mieux conditionnés. C'est ainsi que le fameux tunnel, chefd'œuvre des pionniers allemands, céda, en plusieurs endroits, sur la massedesesdéfenseurs, tandis qu'en ses autres parties, les occupants apprirent leur défaite en voyant entreries vainqueurs. Ce fut l'échec définitif de la méthode souterraine, tantprisée par nos ennemis, et qui leur coixta si cher.

(C lirhéi Beaufrère).

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On voit ici deux coins du tunnel, avec ses voies de ravitaillement En bas, dans la partie dite du " Kronprinz ", la salle où se fabriquait Vélectricité.

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Ll-CQLONEL ROUSSET

LES FAITS

26 AOUT (suite)

Devant Verdun. — Nos troupes réalisent sur la rive droite une nouvelle avance de près d'un kilomètre, en achevant la conquête du bois des Fosses et en enlevant le bois de Beaumont, situé un peu plus au nord; elles poussent jusqu'aux lisières sud du village de Beau mont où les Allemands opposent une résistanceacharnée.

Région de Saint-Quentin. — Vifs combats à l'est d'Hargicourt où les troupes britanniques enlèvent les fermes de Cologne et de Malakpff, points d'appui de la ligne Hindenburg qui couvre les approches du CâteleL

Dans les Flandres. — Les positions anglaises aux abords de la route d'Ypres à Menin sont violerrment contre-attaquées par l'ennemi qui montre dans ce secteur, une grande activité. La lutte y est incessante et marquée par de continuelles alternatives d'avance et de recul mais la ténacité britannique interdit à l'ennemi tout progrès sérieux.

En Russie. — Une grande conférence d'État s'est ouverte hier à Moscou où le gouvernement provisoire a convoqué des représentants de tous les partis politiques et de toutes les classes de la nation.

M. Kerensky, président du Conseil, et les autres ministres exposent tour à tour la situation du pays aux points de vue militaire, politique, financier et administratif ; ils proclament unanimement la gravité de l'heure et M. Kerensky en particulier déclare que la Russie traverse des jours de dangers mortels et qu'il est décidé à se'montrer implacable dans les mesures à prendre pour le salut de la Patrie.

La conférence réunit 2 500 délégués dont 488 membres de la Douma, 100 représentants des paysans, 229 des soviets de toute la Russie, 147 des municipalités, etc.

Malheureusement M. Kerensky ne déploie pas l'énergie nécessaire dansV exécution desmesuresqu'ilpréconise .

artillerie. Sans doute, il a besoin de se reprendre et de ramener ses esprits avant de se risquer dans des contre-attaques dont il connaît d'avance le résultat négatif. Nous en avons profité pour élargir nos positions sur la rive gauche et descendre vers Béthincourt en nettoyant le terrain.

A l'autre extrémité du front, le prince Ruprecht qui, lui, avait pris son temps, a violemment assailli les troupes britanniques dont les éléments avancés ont légèrement plié sous le choc. Événement sans conséquence et qui n'est qu'un simple épisode de la bataille engagée. Pendant ce temps, le cercle se resserre autour de Lens, où les troupes ennemies, bombardées à outrance et presque entièrement privées de ravitaillement, connaissent les tourments de l'enfer. Hier encore, les Anglais lui ont donné un petit tour de vis. Près de huit divisions allemandes sont enfermées dans cette géhenne, et probablement condamnées à n'en sortir qu'à l'état de débris.

Ainsi, sur notre front, les troupes des deux kronprinz, en dépit des moyens immondes qu'elles emploient, sont sou-

mises au plus dur régime, tandis qu'en Italie, leur « brillant second » vient de perdre, en six jours, à peu près 6o ooo hommes et 20 ooo prisonniers, plus le Monte Santo, si opiniâtrement disputé, et qui domine l'Isonzo, au N.-N.-E. de Gorizia. Nos alliés s'en sont emparés hier. Partout les officiers, obligés d'enlever leurs hommes qui se découragent, fournissent à la mort ou à la captivité un funèbre cc^fttingent.

Je signale enfin, parce que cela doit l'être, l'activité que l'aviation alliée déploie sur tous les fronts où l'on se bat, en détruisant à l'arrière les convois et les dépôts de munitions. C'est là désormais son rôle, et un rôle qui doit exercer sur l'issue de la guerre une influence énorme. Quand ils n'auront plus, pour s'alimenter, que des artères atrophiées, les fronts derrière lesquels l'ennemi se barricade deviendront intenables. Faisons donc des avions solides, rapides et en plus grand nombre possible. Ils sont un des plus puissants éléments de victoire que nous puissions nous donner, en attendant l'aide américaine, qui doit si richement renforcer notre armée de l'air.

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