VALLEMÂGNB ET LE MONDE
roorden^ and niemand denkt daran auch femerhin dentn Selistsimndiffkeii in Frage zu stellen. »
Si M. Wundt ne comprend pas ce qne cette phrase a à la fois de ridicule et d'odieux, c'est évidemment que BOUS n^arvons pas le cerveau construit de même, et toute discussion est vaine «ntre nous comme entre deux habitants de planètes différentes.
Est^il vrai que M. de Jagow a fait transmettre par le prince Lichnovsky à Sir Ed. Grey^ le 4 août 1914, une note où il disait : « TAllemagne est obligée de ne pas tenir comptade la neutralité belge? (Livre bien, n* 157.) — Est-il vrai que, dans la même note, pour démontrer qu'il n'avait pas Fiiitention de supprimer définitivement la Belgique, M. de Jagowr ajoutait : « La sincérité de cc^ déclaration est prouvée par notre engagement solennel à l'égard de la Hollande de respecter strictement sa neutralité. Il est évident que nous ne pourrions annexer profitablement le territoire belge, sans nous s^andir en même temps aux dépens de la Hollande? »
Il suffit de quelques petites phrases pareilles, ^ quand elles sont malheureixsement soulignées par des incendies et éts massacres^ — pour expliquer le soulèvement unanime des consciences, et que les peuples qui ont quelque souci de leur indépendance se révoltent contre cette manière de comprendre la fieutaralité, qu'ils s'épouvantent des raisonnements par lesquels M» de Jagow prétend les rassurer, — qu'ils se détournent avec effroi du bloc enfariné où essaient de les attirer HM'. Demburg, Ostwald et C^*, je ne crois pas que personne s'en étonne, en dehors de M. Wundt et de quelques-uns de ses amis.
Le patriotisme germanique, qui a toujours été haineux et étroit, s'est encore racorni pendant les vingt dernières années. — « On nous commanda le patriotisme, écrivait Heine dès 1833, et nous devînmes
patriotes, car nous faisons tout ce que nos princes nous ordonnent. Ne confondez pas pourtant ce patriotisme avec ce qui porte le même nom en France. Le patriotisme échauffe le cœur du Français et, par cette chaleur, son cœur s'élargit, s'ouvre; il n'aime plus seulement ses proches, mais la France entière, et son amour embrasse tous les pays de la civilisation. Le patriotisme de TAllemand au contraire rétrécit son cœur qui se contracte, comme le cuir par le froid ; il hait tout ce qui est étranger; il n'est plus citoyen du monde, il n'est plus européen, il ne veut plus être qu'un étroit Allemand. »
Cet exclusivisme maladif se complique chez nos voisins d'une sorte d'aversion métaphysique pour les groupes numériquement peu nombreux et de la conviction mystique que le monde actuel vit dans une sorte d'anarchie; pour l'y arracher, il est indispensable de le soumettre à une direction unique, à condition bien entendu que ce soit la direction de l'Allemagne. M. Naumann veut ainsi supprimer la Belgique pour cette unique raison qu'elle forme un petit État et que ce morcellement du monde est contraire « au mouvement général de centralisation de la maîtrise de l'humanité ». Il est dommage seulement qu'il ne fixe pas le chiffre de millions d'hommes au-dessous duquel un groupe ethnique perd le droit d'exister. Et quelle absurdité manifeste de supposer que la suppression de la Belgique, des Pays-Bas, de la Suisse, du Danemark, de la Serbie, etc.. — car où s'arrêterait la liste? — enrichirait la vie de l'Univers!
La civilisation, disait Rieger et ont répété les Universités françaises, est l'œuvre non pas d'un peuple unique, mais de tous les peuples, et elles n'ont fait ainsi qu'exprimer la tradition individualiste française qui croit à l'égalité des races et à la division du travail.
dbyGoogk