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PROCÉDÉS DILATOIRES DE VALLEMAGNE

positions n'indiqueraient des intentions bien pacifiques.

M. de Jagow n'accueille pas mieux une demande de la Russie qui le presse de conseiller la modération à Vienne. — Conviendrait-il à TAutriche de céder à la dernière minute et ne serait-ce pas encourager Taplomb (samoouvierennost) de la Serbie? En vain M. Bronevski lui objecte qu'une concession de l'Autriche ne saurait nullement compromettre son prestige, et lui rappelle la gravité des conséquences probables d'une politique intransigeante. — Le secrétaire d'État se renferme dans un refus absolu. {Livre orange^ n*» 14.)

Pour ménager les susceptibilités ombrageuses du Ballplatz, Sir Ed. Grey renonce à toute intervention entre la Serbie et l'Autriche. Mais, pour apaiser le conflit austro-russe qui s'est greffe sur la première querelle, il demande que les Puissances non directement mêlées à la question interviennent simultanément à Vienne et à Pétersbourg en faveur de la médiation.

Quelle forme prendrait cette action amicale des Puissances? — La plus pratique et la plus simple, — parce qu'elle est la plus rapide, — serait une conférence à Londres des ambassadeurs italien, allemand et français sous la présidence de Sir Ed. Grey, « pour trouver une solution qui empêcherait les complications». (26 juillet. Livre bleu, n? 36.) Les termes, très généraux et très vagues, ont été évidemment choisis par le Ministre dans l'intention de ne froisser personne et de faciliter toutes les adhésions. Il s'agit, dit dans le même esprit de conciliation M. Bienvenu- Martin, « de chercher un moyen de résoudre les difficultés actuelles, étant entendu que, pendant cette conversation, la Russie, l'Autriche et la Serbie s'abstiendraient de toute opération militaire active ». {Livre

jaunCy n® 6i.) La France et Tltalie acceptent avec empressement la proposition de l'Angleterre; la Russie s'y rallie sans hésitation. {Livre orange^ n- 31 et 32.)

Et r Allemagne? — Avant même que Sir Ed. Grey ait transformé sa combinaison en une proposition officielle, M. de Schoen insiste auprès du directeur des affaires politiques en France a sur Timpossibilité absolue de toute médiation ou conférence ». (Livre orangcy n® 34.) — Témoignage à retenir, parce que les effusions onctueuses sous lesquelles M. de Jagow dissimule sa résolution inébranlable de repousser tous les moyens de paix qu'on lui suggère, risqueraient, dans une lecture rapide, de nous égarer sur ses intentions véritables. Si, en effet, avec une pudeur effarouchée, il déclare tout de suite que l'Autriche repousse «le spectre d'une conférence », qu'elle est infiniment susceptible, pour peu qu'on prononce les termes d'intervention, de médiation, de conférence (Livre jauney n®* 57 et 70), comme cependant il tient spécialement à ne pas froisser TAngleterre, il multiplie ses assurances générales de cordiale sympathie pour les propositions de Londres. Il est vraiment regrettable qu'il soit si difficile de trouver les termes qui n'offenseraient pas de^ oreilles aussi délicates que celles du c€»nte Berchtc d 1 Sir E. Grey passe outre à ces objections anticipées et, le 27, Sir E. Goschen saisit officiellement M. de Jagow de la proposition de son gouvernement : — Les quatre Puissances interviendraient dans le conflit, et les ambassadeurs de France, d'Allemagne et d'Italie à Londres seraient chargés de chercher avec Sir Ed. Grey les conditions d'un accord équitable; il serait entendu que, pendant les débats de cette petite conférence, la Russie, l'Autriche et la S«ri>ie s'abstiendraient de toute hostilité.

— Coopérer au maintien de la paix, répond le sécre-

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