‹ La guerre; causes immédiates et lointaines, l'intoxication d'un peuple, le traitéChapitre 17 sur 124 · LES PROJETS DE CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

LES PROJETS DE CONFÉRENCE

taire d*Éiat à Sir E. Goschen, ma» c'est mon rè¥e« Malheureusemeai ce que vous me proposez équivam drait à une cour d'arbitrage, et un pareil tribunal ne samedi être a>nYoqué qu'àla demande de F Autriche et de la Russie. — Mais il n'est pas question de tribunal ni d'arbituage; on discutera, on avisera aux moyens de sortir d'une situation dangereuse. — Je ne demande pas mieux» mais le procédé que vous me proposez est inacceptable. (Livre bleuy n^ 43.)

M. Jules Cambon vient appuyer la demande de son collègue et se heurte au même refus obstiné : — Nous ne tenons pas à la. forme; nous poursuivons l'association de l'Angleterre et de la France avec l'Allemagne et ritalie pour travailler à une œuvre de paix; n'est-ce pas réaliser un désir que M. de Jagow a souvent exprimé lui-même que de rapprocher dans une ceuvre commune des membres des deux groupes d'alliance dont l'opposition est un danger pour la paix publique et que de les unir dans un esprit, solidaire d'entente européenne. — Nous ne pouvoifô^pas abandonner l'Autriche^ — Ëtes-vous donc engagé à la suivre partout les yeux bandés? La réponse serbe n'équivaut-elle pas à une soumission complète? — Je ne l'ai pas lue. — Vous voulez donc la guerre? — Dieu m'en préservel — Alors agissons en conséquence ; je vous en prie, € pesez les termes de la i^ote de la Serbie avec votre conscience, et n'ach sumez pas personnellement une part de responsabilité dans les catastrophes que vous laissez préparer ».

U est impossible, à lire ces nobles paroles, d'une sonorité si franche» d'un accentsi ému, de ne pas resseur tir quelque fierté en songeant qu'à ces heures tragiques les représentants de la France ont rempli tout leiur devoir, et la rec<HUiaissance de la postérité leur appartient au même titre qu'à nos généraux. Les uius et les autres, furent de.b<m6 serviteurs du pays,, de

généreux défenseurs de la concorde internationale, et ils peuvent attendre avec confiance le verdict de l'avenir.

En face de Sir E. Goscfaen et de M. Jules Cambon, M. de Jagow et M. de Bethmann-HoUweg font vraiment piteuse figure, et leurs arguties fuyantes ou leur brutalité scandaleuse nous donnent une assez fâcheuse idée de la diplomatie germanique. La cause était mauvaise; elle n'a pas été ornée par le talent de ses avocats.

Aux appels pressants de M. J. Cambon, M. de Jagow répond qu'il sera heureux de s'unir à l'Angleterre et à la France dans un effort commun, dès que l'on aura trouvé à cette intervention une forme qu'il puisse accepter, et aussitôt il esquisse un mouvement de retraite qui lui permettra de se dérober aux sollicitations de Sir Edouard Grey et d'éloigner de la discussion l'Angleterre qu'il craint de froisser et qu'il ne veut pas satisfaire.

Avant d'être officiellement saisi de la proposition de Sir Ed. Grey sur une action simultanée de l'Europe, M. Sazonof avait pensé qu'il réussirait peut-être à ramener l'Autriche par des négociations directes, et le comte Szapary lui avait laissé espérer que le Ballplatz ne se refuserait pas à un échange de vues amicales. L'idée était séduisante : elle simplifiait la procédure et permettait de gagner du temps, en évitant les délais qu'entraînaient les pourparlers entre Paris, Berlin, Londres et Rome. M. Sazonof savait quelles colères déchaînait autour de lui la menace autri^ chienne et il devait craindre que l'entrée des régiments austro-hongrois à Belgrade, — qui paraissait imminente, — ne soulevât en Russie une de ces vagues de fond auxquelles aucun gouvernement ne résiste. Peut-être cependant aurait-il dû se rappeler à ce moment que ces conversations en tête à tête

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