LE TSAR ET LE KAISER
poussés & Tassassinat de leur roi et de leur reine. Sans aucun doute, tu conviendras avec moi que tous deux, comme tous les autres souverains, nous avons intérêt à ce que tous ceux qui portent la responsabilité de cet horrible crime soient punis. » — Allusion délicate aux attentats terroristes, affirmation que la Serbie entière est responsable de l'assassinat de François-Ferdinand, ce qui implique que la Russie, qui défend la Serbie^ est complice du meurtre, rappel blessant de la conspiration de 1903. Guillaume a une façon bien personnelle de se concilier les bonnes grftces du souverain russe.
C'est le môme ton dans le deuxième tél^^mme de TEmpereur. « L'amitié pour toi et pour ton pays que me légua mon grand-père à son Ut de mort, a toujours été sacrée pour moi et je Tai soutenu fidèlement quand il s'est trouvé dans des difficultés sérieuses^ en particulier dans sa dernière guerre. » — Il est fâcheux que Racine soit celui de nos classiques que goûtent le moins les Allemands; ils y trouveraient à l'occasion des conseils salutaires: Un bienfait reproché tint toujours lieu d'offense. Le meilleur moyen de préserver un grand peuple de résolutions imprudentes n'est peut-être pas de lui rappeler ses récents déboires. Gardons-nous pourtant d'attribuer des intentions volontairement blessantes à ces fautes de tact; admettons que Guillaume II n'ait pas cherché ces effets et que cette façon de procéder lui soit naturelle.
Que disent les télégrammes?
!•» télégramme, 28 juillet. — Je déploie sur l'Autriche-Hongrie toute mon influence pour la pousser à s'entendre ouvertement et pacifiquement avec la Russie. J'espère que tu m'aideras.
Réponse du Tsar, 29 juillet, 13 h. — - L'indignation soulevée en Russie par les procédés de TÀutriche
est énorme et je la partage. Fais ton possible pont* empêcher ton riliée d^aller trop loin.
Télégramme du Kaiser, 29 juillet, 18 h. 30. *- L^Au* triche a raisan, ses d^^Gaandes sont justes et modérées^ Une entente direct entre toi et rAutriche est pénible et jeTappiiieraf. Naturellement toutes mesures nrili^ taires pomrraient être considérées conmie une menace et rendreimpossible la médiation ^ue j*at assumée; ^^^
Une première^ réftexîoff se présente : En quoi p^it bien' ci^sister la médiation si, dès la première heoret, le médiateur prend absolument position en faveur d'une des parties? — La Russie, dit Nicolas, se sent offensée par la pression de PAulriche sur la Serbie. Les esdgences de TAutriche sont parfaitement légt times, et il m*est impossible de les modérer, réplique Ouittafume. — Dès lors; à quoi se réduira rinterveBh tion que le Kaiser ne refuse pas, suivant les termes aimables de H. de Bethmann-Holtweg « aux prières installes » du Tsar. Le Chancelier a eu vîsiMement ici rintention de blessa le Tsar, en nous le présesh tant dans une iBUttitude de crainliire humilité : i) ne e*aperçoît pas qu^il est bien difficile de comprendre pourquoi la Russie, qu^it nous dénonce comme si belliqueuse, supf^ie ainn Guillaume de prêeheip là modération à Vienne.
De quelle façon d^aiileurs s^est exercée cette* action concil^trice du Kaiser.' — Il a dû télégraphiera M. de Tclârsigr <mi ^u comte Berchtold ou à ^Empereur François-Joseph : à ne pas nous communiquer c&b dépêches, il témoigne d'vne modestie à lafqfueH^ sa conduite ne nous a pas habitués et qui, axas Fespèce, est vraiment excessive»
On plaiscmtatt les hommes de 48 parce que lein snobisme naïf imitait assez inutilemeirt les Conventionnels. M. de Bethmann->Hollvreg est le plagiaire de Bismarck : il a voulu raUiar le peuple autour de