LE TSAR ET LE KAISER U
TEmpereur «en laissant •entendre que, comme Guil* laume P' a^ait été offensé par Bénédetti, son petit-fils avait été l'innocente victime d'une machination du Tfiar, qui aurait essayé de le Jouer en préparant sour^ noîsementsa mobilirâlion pendant qu'il suppliait son OHidide et loyal ami d'intercéder à Vienne. Du liaut iu Walhalla, sa démettre dernière, Tillustre fondateur de r.Uniié alkmande épro«Te sans doute quelque ironique pitié pour les épigones qui appliquent si malaiiroitement ses méthodes. Autant les dépèches de Guillaume scmtro^es, altîèresat blessantes, autant celles de Nicolas sont simples, modestes, sincères, et Ton 7 sent yiyemeni palpiter la douleur d'un souv^ain qui, malgré lui, ya se Toir condamné à déchaîner sur le -monde d'indicibles soufifrancaft.
Quant aux insinuations du Chancelier contre la noiare perfidie et les louches machinations du Tsar, il est déjà difficile de comprendre que leur inanité n'ait pas été aperçue par le Reichstag, même dans une lecture hâtive, et elles nerésntantpi» au plus rapide examen.
La Russie n'a jamais disaîmulé à l'AUemagne les préparatifs qu'elle était dirigée de Caire, et Je n^ifuroclftement du Livre orctnge et des dépédhes de l'attaché militaire de Berlin prouve avec évideance que Tétonnement qu'affectait le Kaiser à propos de ces prépa- Datifs était simulé et ridicule.
Le âO juiyyM, Guillaume adresse à Nicolas une dépêche dont le ton menaçant semble calculé pour le pousser à des résolutions eactiteies : « Si la Russie, comme c'^t Je cas d'après ce que j'apprends par toi et par ton gouvernement, mobilise contre TÂutiriche, lerôle de médiateur dont tu m'aaefaargé amicalement, etque j'jii.aocepté sur ta demande ^eocpresse, sera bien d^ficile, «non môme impossible. Le lourd fardeau de 1a démsion repose maintenant smt tes épaules; elles
ont à porter la responsabilité de la paix et de la guerre. » (Livre blanc, n* 23.) ^— Est-ce ainsi qu'un souverain parle à un Empereur qu'il désire sincèrement mettre en garde contre des résolutions préma* turées? — Et Nicolas a-t-il vraiment le devoir, a-t-il même le droit de rester impassible pendant que les Autrichiens exécutent la Serbie? Quelles sont les nouvelles si alarmantes qui sont arrivées de Pétersbourg depuis le premier télégramme du 28? M. de Pourtalès et l'attaché militaire ont-ils envoyé des renseignements terrifiants? Pourquoi dans le Livre blanc ne nous les communique-t-on pas?
Le Tsar répond au Kaiser immédiatement, et son télégramme est d'une si belle franchise de ton, d'une telle probité d'allures qu'il aurait ébranlé des résolutions moins ancrées. « Je te remercie de tout cœur pour ta rapide réponse. Je t'envoie ce soir Tatichev avec mes instructions. Les mesures militaires qui s'exécutent étaient déjà décidées depuis cinq jours, uniquement pour nous défendre contre les préparatifs de l'Autriche. J'espère de tout cœur qu'elles ne t'arrêteront en rien dans ton rôle de médiateur auquel j'attache un grand prix. Nous avons besoin que tu pèses sérieusement sur l'Autriche pour qu'elle consente à une entente avec nous. » (30 juillet, Livre blanc, n« 23«.)
A cet appel presque douloureux, le Kaiser ne répond pas, et, le 31, l'Allemagne proclame l'état de menace de guerre. A minuit, M. de Pourtalès somme la Russie de commencer sa démobilisation à la fois contre l'Allemagne et l'Autriche avant douze heures et d'en donner à l'Allemagne l'assurance formelle. Faute de quoi, l'Allemagne sera forcée de mobiliser. — Est-ce la guerre? demande M. Sazonof à M. de Pourtalès. — Non, mais nous en sommes extrêmement près. {Livre orange, n? 70.) M. de Pourtalès, qui ne désirait pas