‹ La guerre; causes immédiates et lointaines, l'intoxication d'un peuple, le traitéChapitre 28 sur 124 · DÉCLARATION DE GUERRE A LA RUSSIE · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE GUERRE A LA RUSSIE

tne rupture, semble avoir quelque peu atténué les termes de Tordre qu*il avait reçu, si nous en croyons du moins la déclaration du Chancelier au Reichstag : « Notre ambassadeur, a-t-il dit, reçut en même temps Il mission de déclarer au gouvernement russe qu*au as où il repousserait notre demande, nous nous onsidérerions comme en état de guerre avec lui. »

Ainsi, soumission sans condition, sans discours, a la mort.

Notre ambassadeur, continue M. de BethmannloUweg, a rempli sa mission. Quelle fut la réponse le la Russie? — Nous l'attendons encore.

Si la Russie n'avait pas répondu, qui donc s'en donnerait? — A de pareilles insolences, disait Kléber, €1 Egypte, avant la bataille d*Héliopolis, on ne épond que par des victoires.

Mais, encore une fois, le Chancelier allemand est nal servi par sa mémoire.

Le Tsar, ainsi que Fy obligeait le souci le plus élénentaire de sa dignité, laisse expirer le délai qui a 4té fixé à la Russie par le Chancelier, et le 1*' août^ à i heures, il télégraphie au Kaiser.

« Je comprends que tu sois obligé de mobiliser, nais j'aimerais recevoir de toi la même promesse que e t'ai donnée, que ces mesures ne signifient pas la ^erre et que nous continuerons à négocier pour le >ien de nos deux pays, de la paix générale qui est si ^hère à nos cœurs. Avec l'aide de Dieu, il doit être jossible à notre amitié éprouvée d'éviter l'effusion eu sang. J'attends avec pleine confiance une prompte réponse. » {Livre blanCj p. 13.)

Ainsi l'AUemagne a repoussé toutes les propositions de conciliation, elle a refusé à la Russie les plus légères concessions, elle lui a adressé une pre« mlère fois, le 29, une mise en demeure comminatoire» elle a écarté dédaigneusement et sans examen les

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formuleB d'entente les plus bénéroles suggérées par Sir Edouard Grey et acceptées par M. Sazonof, elle a en mains les promesses les plus formelles de FÂngleterre qui lui garantissent la modération de ses voisins> elle sait que les négociations entre Pétersbour; et Vienne se poursurrent sar un ton amical et prennent une tournure des plus enoourageanies, et elfc détruit tout ce travail de paix et d^humanité par li sommation la plus cassante et les exigences ks plut inacceptables. Elle accentue encore son injure ei réclamant de la Russie qu'elle arrête ses préparatifc non seulement contre TAllemagne, mais aussi contn rAutricbe.

Le Tsar, qui pousse presque au delà des Umitei que lui imposent ses devoirs de souverain et dd gardien de Thonneur de son peuple la volonté d'éviter la guerre, en dépit des preuves multipliées qu'il pos sède des desseins froidement hostiles de T Allemagnn adresse au Kaiser un suprême appel.

Que risque QcûUaume à accepter le délai qu'on hà demande? Pourquoi, s'il s'est cm obligé de mobiliser pour prévenir une attaque, ne pas attendre sons lei armes le résultat des négociations engagées?

Quelques heures avant la remise de Tuitimatum dt l'Allemagne, M. Sazonof a télégraphié à Sir Édouarc Grej une note qui me semble décisive, tk qui établi! sans contestation possible la loyauté et la modération du gottverne»«it russe.

« L'ambassadeur austro-Jtongrois déclare que son gouvernement est prêt à discoter la substa^e de l'ultimatum adressé par l'Autriche à la Serbie. M. Sazonof a répondu en exprimant «a satisfactioi; il a dit qu'il serait à souhaiter que les discussion^ eussent lieu à Londres avec la participation des grandes Puissances. M. Sazonof espère que le gou*vernemect britannique assumera la direction de oes

DÉCLARATION DE QUBRBB A LA RUSSIE m

diseoBsions. La totalité de l'Europe lai en sera recon- Bwissante. » {Livre 6lea, n*^ 133.)

Le Kaiser ne peut pas ne pas connattre ce lét6gramme. Il a re^w i'appel si pressant du Tsar. U ne trouve d'autre réponse que de renouveler avee hauteur 1«5 exigences de aen Chaaeeiisr : « J'ai indiqué hier à ton g^vetnement le seul moyen d'éviter la guerre*. « Une réponse immédiate, claire et formeUet, de U» gouvernement est le seul mojren de prévenir des malheurs infinis. » {Lwre béancy p. 13.)

Vraiment, st les<Hrcondtanced étaient moins tragiques, OH serait tenté de sourire quand M. de Betk» mann^HoUweg B'éarie ensuite peifaéliqaement au Reichstag : « Je répète les paroles de l'Empereur : c'est la conscience pure que l'Allemagne va au combat. »

Commmy ime fois ^e l'on est enga^ dans le men* songe, €m nep^Qse jamsfis à tout, M. de Bethmann- Hollweg a laissé dans la déclaration même de guerre que IL de Pourtalès remit le 1*' août à M. Sazoncf la trace matérielle et palpable de sa crainte fébrile que la rupture ne fût ajournée. La Russie, lisons-nous dans le lÂore orange qui nous aveitit qu'il donne le texte exaot^ aymt refiisé de faire droit à {n'ayant pas CPU demoir répuxndre à) cette demande et ayant manifesté par ce vefoLs{e^îtaHiîude) que son action était dirigée contre l'Allemagne; j'ai l'honneur de faire savoir A V. E. que l'Empereur, relevant le défi, se considère en ^t de guerre avec la Russie (samedi, if août, 19 h. 10, Livre orange, n* 76).

M. de Bethmsmi-Holhreg redoutait tellement que IL Saionof n'essayât malgré tout de continuer les négociations qu'il avait d'aftunce donné des ordres pour qu'aucune explication ne fût possible et que la guerre fût inévitable, que la Russie refusât de répon* dre ou qu'elle donnât une réponse quelconque.

L'Empereur relevait le défil... comme le comte Berchtold, le 25 juillet, avait relevé le défi que lui avait lancé M. Pachitch.

La sommation de M. de Pourtalès a été présentée à M. Sazonof dans la nuit du vendredi au samedi; il demandait une réponse pour le samedi midi. — Le vendredi, à 1 h. 15, le Kaiser, d'une fenêtre de son palais, annonçait à la foule la déclaration de guerre : « C'est un jour sombre pour TAllemagne. On nous oblige à tirer Fépée. »

On nous oblige à tirer Fépée 1 — Six heures avant la communication de M. de Pourtalès à M. Sazonof, dix-huit heures avant qu'on connaisse la décision du ministre russe 1

En même temps qu'à M. de Pourtalès, M. de Bethmann-HoUweg télégraphiait à M. de Schoen :

« La Russie a ordonné la mobilisation de son armée et de sa flotte malgré notre médiation en cours. Nous avons en conséquence déclaré l'état de menace de guerre qui doit être suivi par la mobilisation, à moins que la Russie, dans les 12 heures, n'arrête toutes ses mesures contre nous et r Autriche. La mobilisation implique inévitablement la guerre. Demandez au gouvernement français s'il est disposé à rester neutre dans une guerre russo-allemande. Vous devez exiger une réponse dans les 18 heures. Télégraphiez aussitôt l'heure de votre demande. La hâte la plus extrême est nécessaire. » (31 juillet. Livre blanc^ n* 25.) t- Pour ne laisser aucun doute sur ses intentions, M. de Schoen demande que a Ton veuille bien prendre des dispositions pour sa propre personne^ ».

!. Le Lvore jaune ne publie pas la not^ officielle de rÂllemagne, et il semble que M. YiYiani ne Ta pas communiquée ta exUnso à nos ambassadeon. Uayait évidemment encore l'espoir d'éyiter

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