DÉCLARATION DE GUERRE A LA FRANCE
c'était la Russie qui avait pris Tinitiative des hostilités, en faisant franchir la frontière par ses troupes;
— Où? — Quand? — Il ne l'indiquait pas, mais ces Slaves ne sont-ils pas capables de tout ' I (2 août, Livre bleu^ n* 144.) La veille, le 1" août, le prince Lichnovsky avait laissé entendre que, pour obtenir la neutralité de TAngleterre, FAllemagne garantirait « rintégrité de la France et de ses colonies ». {Livre bleu, no 123.) En dépit du refus de Sir Ed. Grey de se lier par de pareils marchés, TEmpereur s'autorise d'une communication téléphonique, mal comprise ou mal interprétée par le prince Lichnovsky, pour assurer l'Angleterre que, si elle se porte caution de la neutralité de la France, il tournera ses forces d'un autre côté*.
L'Empereur n'a pas la moindre idée de ce que de pareilles offres ont de blessant pour l'Angleterre. Il lui demande d'employer sa flotte et $on armée contre un pays à qui la lient, à défaut de traités précis, d'étroites obligations morales, et de le contraindre ainsi à s'incliner devant les volontés de l'Allemagne, en rompant l'engagement qu'il a contracté vis-à-vis delà Russie. — D'ailleurs, ces pourparlers ne modifient en rien le plan de l'État-Major allemand et le Chancelier ne promet de différer son attaque que jusqu'au 3 août, c'est-à-dire jusqu'au jour qui a déjà été prévu par l'Allemagne pour la déclaration de guerre et où les préparatifs militaires doivent être terminés.
— 11 s'agit pour le Cabinet de Rerlin de gagner du temps. S'il réussit par des promesses vagues à empêcher le gouvernement britannique de se prononcer immédiatement, pour peu que l'armée allemande
!. Remftrqnons qae M. de Bethmann-HoUweg, dans son diseoan du 4 août, ne fait aacune aUasiou aux inyasions russes. 2. Docaments publiés par la Nûrddeutiehe Allg, Zeitang, 20 aoùl«
remporte rapidement quelques succès éclatants, les adversaires de rintervention conqu^ront assez d!inp> fluence pour contenir Sir Bd. Grey.
Chez nouS; tout est gfrandiose^ disait un Allemand déprussianisé; — il en resta quelques-uns, en dehors même de Liebkneeht; — nos fieelle& s<uit des câbles; — ety de fait, ua& dose robuste de naïve perfidie était indispensable pour supposer que TAngleterre^ se prêterait à de si cfaéiives combinaisons et. qu'elle n'iqpercevrait pas la puérilité des argumente que le gouvernement germanique invoquait contre la Russie et contre la France. Les Allemands se complaisaient m bien dans leurs illusions que,, le 2 août et le 3 au matin, le prince Lichnovslgr suppliait, encore Sir Edouard Grey de lui dire que, même s'ils péné* traient en B^gique, TAngleterre resterait neutre. (Livre jaune, n* i4lu).
La conduite des .^lemands, pendant ces premiers jtours d'août, présente im mélange de machia¥ér Usme enfantin ei d'outvecuidante sottise vraiment ahurissant, et Ton n'arrivée comprendre plus ou moins Bien leurs procédés qu'ai se rappelant qu'ils sont véritablement assez affolés par leur ténébreux vertige d'ambition pour perdre toute faculté de raisonnement et commettre les actes les plus contraires à la fois au sens commun et à leurs intentions les jhis. solidement ancrées.
Comment, puisque jusqu^ii la dernière minute ils ont l'espoir et le désir de nB pas pousser à bout l'Angleterre, commutent-ils la sottise de retenir par la force des vapeurs de la Gréa/ Central Compaïuf et d'auÉree navires de commerce angolais (i*' août).? CommentM. de Jagowaccueille-tril avec une mauvaise grâce si blessante les réclamations de Sir E. Goschen, et par quelle stupide aberration lui parle-t-îl des mines queTon est en train desemer dans la mer du Nord,