DÉCLARATION ÙB GUERRE A LA FRANCE
sans songer que celte eontmunioation fera un effet déplorable dans le monde du commerce? Comment reate-t-il indifférent à la plainte qui lui est adressée à propos des marchandises débarquées de nve force de vapeurs anglais et séquestrées (â août)?
Commenta puisqu'il veut faire supposer que^ sous cer^nes conditions, il ne serait pas éloigné de ne pas attaquer la France, ne d<«ne-4ril pas d'instructions au baron de Scboen et rompt-il en fait les relations ayec le gouvernement de Pajris?
Comment enfin ne se rend-il pas compte que les pauwes inventions par lesquelles il prétend rejeter sur la France la responsabilité de la déclaration de guerre sont si naïvement mensongères qu'elles produiront nécessairement uft rémltat diamétralement opposé à celui qu'il recherche?
Le Chancelier, dans son discours du 4 août, s'est donné le ridicule de reprendre officiellement ces racontars apocryphes. — « Les aviateurs ont lancé des bombes, des patrouîUes de cavalerie et des compagnies d'infanterie se sont avancées sur notre frontière. — Des troupes ont attaqué les nAtres au col de la Schluchi. »
Où sont tombées les bombes de ees aviateurs? Sur <Ittel point de la frontière se sont égarées ces patrouilles? Quelle est la date de cette attaque delà Schlucht et quelles en ont été les conditions? ~ M. de BethmannrHoUweg^ e^ «n politique trop eaqpérimenté pour ignsrer avec quelle facilité se répandeoi les légendes à un moment où l'exaltation des colères rend les meilleurs esprits incapables de critique. Pourquoi n'a*t41 pas publié les rapports sur lesquels il a établi son opinion? Pourquoi surtout n'art-il pas demandé des explications au Cabinet français, de mékne que nîa pas négligé de le faire M. Viviani sur desiacidei^ analogues?
J'ai parcouru les journaux allemands du début du mois d*août pour essayer d*y trouver les circonstances de ces prétendues agressions delà France et, si je n'ai pas pu naturellement les voir tous, il est bien certain qu'un incident de quelque importance aurait été aussitôt signalé par toute la presse. Dans la Kôlnische Zeiiung du 3, une dépêche de Dërrach (Bade) annonce l'arrestation d'un ancien officier français qui voulait introduire des pigeons voyageurs. — Pourquoi faire? — Une dépêche nous parle d'une nouvelle violation de la frontière à la Schlucht : on a tiré sur des postes allemands qui n'ont eu aucune perte. — Chose bizarre, la dépêche vient de Berlin et elle nous dit que cette violation de frontière a été étabhe sans contestation. C'est la formule ordinaire pour les faits dont on n'est pas sûr. D'où viennent oes renseignements? Quels sont les témoins?
Dans le même numéro : Des renseignements certains permettent de supposer (deuten darauf hin) que des tentatives de destruction contre les chemins de fer et leurs travaux d'art ont été essayées même dans l'intérieur du pays.
Dans la déclaration de guerre du 3 août. M, de Schoen n'a indiqué comme raison que les exploits des aviateurs militaires français : l'un a essayé de détruire des constructions près de Wesel, d'autres ont été aperçus dans la région de TEifel, un autre a jeté des bombes sur le chemin de fer près (?) de Karlsruhe et de Nuremberg. — Qui a signalé ces aviateurs? Quels dégâts ont causé leurs bombes? — Par quelle extravagance nos généraux dispersent-ils ainsi nos aviateurs dans des missions sans portée et sans profit? M. Durkheim a attiré l'attention sur un détail bien caractéristique : le 2 août, jour où des bombes auraient été lancées, le Frânkischer Kurrier^ qui paratt à Nuremberg, ne sait rien d'un incident qui a