UNIVERSELLE
Gennaias, Slaves et Latins. — La Barbarie raase. — Les couceptions politiques de l'Allemagne et de la France. La déclaration des droits de l'homme et la question d'Alsace. ~ L'allianoe franeo-msse. — Gnillanme II et la politique mondiale. — Edouard VU et les radicaux-socialistes. L'entente francoanglaise. — Tanger et Âlgésiras. — • L'annexion de la Bosnie et Casablanca. — La thèse de l'hégémonie germanique : le général de Bemhardi. La prépondérance de l'Allemagne en t012 et le réyell slave.
Un archiduc autrichien^ dont les Français ignorent même le nom, est assassiné à Sarajevo par quelques fanatiques. Le résultat, c'est que, six semaines plus tard, les Allemands envahissent laBelgique pour pénétrer en France. L'aventure est paradoxale. — C'est que, depuis des années, s'étaient peu à peu échauffées les passions, et que, chaque jour, s'accumulaient les éléments de colère, de crainte et de haine. Lentement, par ses ambitions, son arrogance, ses menaces, l'Allemagne avait ameuté l'Europe. Les inimitiés grandissaient autour d'elle; elle en éprouvaitàla fois beaucoup d'orgueil et quelque effroi. Elle voulait se débarrasser des résistances qui gênaient encore son action et était obsédée de nouveau par la tradition
du Saint Empire romain, avec cette différence que la maîtrise de TEurope ne lui suffisait plus. Deux blocs s'opposaient : d*une part la race germanique, désignée pour la prépondérance par un décret nominatif de la Providence, sacrée par le génie et la vertu de ses enfants, ordonnait aux autres peuples de ployer docilement le cou sous son joug; de Tautre, les Latins et les Slaves réclamaient le droit d'adorer d'autres Dieux que ceux du Walhalla.
L'Angleterre, protégée par la mer, fière de son antique richesse et des magnifiques colonies qu'elle a essaimées sur le globe, était demeurée longtemps indifférente, et elle avait même un penchant secret pour l'Allemagne. Un moment vint où, dans un éclair, lui apparurent le péril de l'Europe et le danger des ambitions qu'avait favorisées sa quiétude.
De ce jour, pour maintenir l'équilibre européen indispensable à sa propre sécurité, elle se rapproche de la FraAce et de la Russie. Un obstacle imprévu barre la route de l'Allemagne. Elle est dès lors condamnée à choisir : ou bien renoncer à courber le monde sous sa loi, ou désencombrer son chemin.
« Ce ne sont pas des conflits éphémères d'intérêts, a dit Guillaume II au Reichstag, ou des combinaisons diplomatiques instables qui ont fait nattre la situation actuelle. Elle découle d'un état de choses où se manifeste depuis de longues années une malveillance dirigée contre la puissance et la prospérité de la nation allemande, n L'Empereur a dénaturé les choses. Avec une résignation plus ou moins sincère, tout le monde avait pris son parti de la puissance de TAllemagne et personne n'enviait sa prospérité, mais il est vrai qu'on voulait qu'elle mit un terme à ses empiétements, qu'elle bornât ses convoitises et que ses vertus cessassent d'être importunes. La devise de sa politique, la Triple- Entente l'avait empruntée à