‹ La guerre; causes immédiates et lointaines, l'intoxication d'un peuple, le traitéChapitre 37 sur 124 · L'ALLIANCE FRANCO-RUSSE · texte numérisé non relu

L'ALLIANCE FRANCO-RUSSE

dente. Du moins cette hégémonie ne s*exerça plusi dès lors sans contrôle, les fantaisies de FEmpereur ne fnrent plus acceptées sans réserve, et, à diverses reprises, ses inventions malfaisantes ou saugrenues durent être suivies de pénibles repentirs.

Loin de moi la pensée de contester le mérite des diplomates qui ont préparé Talliance franco-russe. Vf ais on ne diminue pas les services de M. de Freycinet <t de M. Ribot en constatant que leurs négociaions leur avaient été comme dictées par Topinion publique, et, depuis Forigine, Falliance a été mainienue par la volonté presque unanime de la nation. i certains moments on a jugé que le gouvernement Jbançais n'en tirait peut-être pas le meilleur parti pssible; jamais le principe même n'en a été sérieusement contesté. Les chefs du parti socialiste, qui ne S€ sont dégagés que très tard et péniblement de Tillusim germanique» ont essayé, par moments, d'ébranler cAte union; ils n'y ont apporté ni vigueur, ni suite, et il était visible que, sur ce point, ils n'étaient pas siivis par leurs électeurs. Les partis ne sont pas la nation, la foule a des intuitions qui pénètrent et confoident les groupes politiques opposés; a le cœur a se$ raisons que la raison ne connaît pas ».

[Jue demandait le peuple français à l'alliance russe? — Une seule chose : la sécurité du lendemain . — Qu'un groupe d'inconsolés l'ait saluée comme Taurore de la reranche, c'était fatal et c'est incontestable. Mais ils ne représentaient qu'une infime minorité. Nulle part il n'est aussi facile qu'en France d'avoir une idée exacte deTopinion moyenne : les élections au sufiTrage uniyersel sont libres et sincères. Or jamais le parti belliqueux n'a réussi à conquérir un chiffre appré« ciable de députés. Toutes les fois que les nationalistes ont essayé de parier de revanche, ils ont été immédiatement arrêtés par la volonté formelle du

pays. Remar€[uoiis d'ailleurs que le BoulangisHiB est antérieur à ce rapproebement de la Russie et de la Franee, et dans le Boulangisme hû^iiiéme, bien quHl affi^ctât des allures de cbauYimâme, combien étaienf rares ceux qui songeaient vraiment à la guerre^ i côté de ceux qui avaient simpletnent ourdi une intrigue catholique et réacti<mnaire. Depuis ymf^ cinq ans, chaque élection a marqué un nouveau pr> grès du parti radical, et le dernier reproche qie mériterait ce parti radical, est bien celui d'être bellqueux et militariste..

Quelques gages cependant qu'il ait donnés de scB intentions pacifi€[ues, il n'a pas réussi à désarmer ta défiance de Berlin* Cela s'explique en partie paice que les peuples en général se connaissent: très noal les uns les autres, en partie aussi panse que la cmr Bcience des Allemands n'était pa& sans reproches à notre égard; ib se sentaient de tels torts vis-à-vis de nous qu'ils jugeaient impossible que nous kur pardonnassions.

Us n'ont jamais compris la nature des sentiments que nous inspire le souvenir de la guerre de i^(k Bismarck, qui était uu esprit vigoureux, mais étroit, d'ailleurs peu capable d'imaginatkm, ne s'est jamais rendu compte île la différence de la France de Louis XIV ou de Napoléou et de la France d'aujourd'hui, et, à son exemple, tous les politiques d'outre- Vosges se sont persuadé que nous aspirions à venger nos défaites et que nous ne pardonnions pas à aos vainqueurs la dinûnution de notre prestige militaire. Rien de plus complètement inexact. La vanité des peuples est extrême, mais, à cause de cela même, elle est prodigieusement habile à se créer des consolations. Les Prussiens, biea longtemps avant Sedan, ne ressentaient plus au cœur l'aiguillon de léna, tant iHs admiraient la vigoureuse retraite de Kûeher en i806

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