‹ La guerre; causes immédiates et lointaines, l'intoxication d'un peuple, le traitéChapitre 51 sur 124 · CONVENTIONS DE · texte numérisé non relu

CONVENTIONS DE

coutumier, et il ordonna à M. de Pourtalès d'avertir M. IzToIsky que, si la guerre éclatait, la Russie se trouverait en face, non seulement de T Autriche-Hongrie, mais de TÂllemagne. Immédiatement la Russie céda (24 mars 1909), accepta Tannexion. La Serbie, abandonnée par Pétersbourg, n^avait qu*à se résigner. Si Sir Ed. Grey lui adoucit de son mieux l'amertume de la retraite, une capitulation relativement honorable n'en demeure pas moins une capitulation ; la Serbie, par la convention du 31 mars 1909, — celle même que la note du 31 juillet lui reprochera d'avoir violée, — reconnaissait le fait accompli, renonçait à ses protestations, et s'engageait à reprendre ses rapports normaux de bon voisinage avec TAutriche.

L'Allemagne avait sa revanche d'Algésiras. La diplomatie de Saint-Pétersbourg s'était mal engagée sur un terrain semé de chausse-trapes, qui étaient ses promesses antérieures. Dès le début, toute la campagne avait été influencée par la volonté arrêtée de la Russie de ne pas pousser jusqu'à une rupture; de là des flottements, que chacun, sans l'avouer, reprochait à son partenaire. La Triple-Entente n'avait pas offert à l'adversaire le même rempart de béton qu'à Algésiras.

La crise eut du moins un résultat favorable. Elle fournit à la France, à l'Angleterre et à la Russie, l'occasion de donner à l'Allemagne la preuve irrécusable qu'aucune d'elles ne nourrissait la moindre intention agressive. Le 9 février 1909, M. Stéphen Pichon signait avec M. de Bûlow un accord par lequel, en échange du désintéressement politique de l'Allemagne au Maroc, les deux gouvernements s'engageaient à favoriser l'association de leurs nationaux dans les affaires dont ils pourraient obtenir l'entreprise. Nicolas II avait une entrevue avec Guillaume à Bjorko (17 juin 1909), et l'année suivante, quand

17e LA GUERRE

M. Izvolsky eut été remplacé au miaisière pat M. Sazonof (sept. 1910), à TentreTue de Potsdam (4 noY.), l'entente parut complète entre Berlin et Pétersbourg. Enfin Edouard VII protestait contre la pensée qu'on lui avait attribuée d'entourer l'Allemagne d'un cercle d'États demi-hostiles : — Sa politique ne s'inspirait que du désir honnête et nutr lement ofiFensif de supprimer les points de frotte^ ment entre l'Angleterre et les autres pays.

« On peut dire, écriTait la Neue freie Presse, le 30 décenâ^re 1910, que la situation générale s'éclaircit ; les deux camps subsistent en Europe, mais on n'éprouve plus, en les considérant, le même sentiment d'angoisse qu'autrefois. » — Pieux désir en réalité plut6t que ferme assurance. — La paix était probable, comme elle l'avait toujours été, à condition que l'Al^ lemagne renonçât à poursuivre sans ménagement ses desseins d'envahissement et de suprématie. Pour que la Russie se déclarât satisfaite, il suffisait, mais il fallait, que le statu quo fût maintenu dans les Balkans, et, pour que l'Angleterre ne se jugeât pas en péril, il suffisait, mais il fallait, que l'Allemagne n^ menaçât pas la France, dont la sécurité était une des conditions de l'équilibre général.

Le coup d'Agadir, avec un fracas de tonnerre, réveilla le monde somnolent et prouva aux plus indulgents que l'Allemagne était décidément incorrigible (juillet 1911). Gomme toujours, elle avait choisi l'instant psychologique. Le ministère Monis achevait dans l'indifférence et l'abandon universels une existence qui avait été sans éclat et dont la fin avait été attristée, par l'accident qui avait coûté la vie au Ministre de la Guerre, l'agent de change Berteaux. Le 26 juin, la présidence du Conseil était prise par M. CaUlaux, empêtré dans ses plans de réforme financière, fort impopulaire en dehors du Parlement, et, à la Chambre

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