LE MENSONGE ALLEMAND
qu'elle soit. La « mégalomanie concapisceiiie )> dont ils sont atteints, suivant l'expression pittoresque de iL Bêaunier, annihile chez eux les facultés de raisonnement et d'examen^ M. J. Varlade, dont les sympathies pour TÂllemagne sont évidentes, écrivait en i9ii2 : la foule de Berlin ckmne Tidée de a gens résolus à jouir sans attendre^ à s'amuser constamment, viotemmeeit, à £aire de Teffet, de gens eD&n qu'une force irrésistible débride et pousse à toute vitesse vers les extrémités du fdaisir, de la vanité et veraFargent».
Ces B^linois, qui se ruent vers la fortune et les titres, ne sont que la moimaie de billon des moralistes (?) qui prêchent à leur peuple le culte de la force et la sainteté du vol, et, pas plus que les disci^ pies, les maîtres ne regardent a»x procédés. Eehter Hamburger Champagner, lit-on. dans toutes les gares d'outre-Rhin; véritable Champagne de Hambourg. — Jame^s je n'ai pu faire comprendre à un Allemand ce qu'il y a de ridicule dans cette annonce. Jamais un savant d'outre-Rhin ne sentira que certaines affirmations, par leur puérilité et leur invraisemblance, le compromettent et le diseréctitent. Ce n'est pas une métaphore de dire que leur foi les aveugle. Avec une assurance déconcertante, ils continuent à soutenir que les Belges ont attaqué l'Empire, que nos francs-tireurs crèvent les yeux à leurs blessés et que la cathédrale de Reims est intiMîtel Jdais cependant les photographies! — Que signifient des photographies ! N'est-il pas avéré que les Allemands ont été choisis par Dieu pour accroître la beauté de la vie, que ce sont leurs artistes qui ont élevé Icb cathédrales gothiques, qu'aucun peuple n'a un sentiment religieux aussi intense et aussi pur. Donc il n'est pas possible que nos soldats aient commis les forfaits et les agites de vandalisme qu'on leur attribue. — A dis-
cuter avec un fou, dit le proverbe, le sage perd sa raison.
Malheureusement, la folie est contagieuse et les thèses les plus absurdes, quand elles sont répétées pendant un temps assez long, — et avec une conviction suffisante, — produisent d'abord une certaine hésitation chez les adversaires timides, puis, chez les snobs, les distraits ou les indifférents, une manière d'adhésion.
Cramb, professeur d'histoire moderne à Londres, quelques mois avant sa mort, exposait à ses élèves les causes profondes qui ont abouti à la guerre actuelle. On a réuni ces leçons dans un livre, «c Angleterre et Allemagne », qui a eu du succès, puisqu'il n'a pas eu moins de sept éditions au mois de septembre dernier. Le trait le plus curieux de cet ouvrage, c'est sans contredit l'involontaire et respectueuse sympathie avec laquelle il analyse les doctrines scélérates des Allemands d'aujourd'hui et qui filtre à travers les sévérités de ses conclusions. Preuve singulière et redoutable de l'autorité usurpée même sur des esprits éclairés et prévenus par la persistance et l'audace des aphorismes les plus vides et les plus manifestement faux. Il n'y a pas de pierre si dure qu'on ne finisse par la percer, si l'on frappe avec assez de persévérance.
Les théories de Treitschke et de ses émules qui auraient pu n'être que le paradoxe sans lendemain de chauvins de la chaire, sont devenues malfaisantes et redoutables, parce que, depuis un demi-siècle, elles ont été sans cesse ressassées par un nombre toujours croissant de séides, qu'elles ont suscité des dizaines et des centaines de néophytes qui ont, comme autant d'échos sonores, renvoyé aux quatre coins de l'horizon les éclats de la trompette guerrière. Le refrain de la littérature germanique, le texte de tous les sermons^