‹ La guerre; causes immédiates et lointaines, l'intoxication d'un peuple, le traitéChapitre 87 sur 124 · LE CENTRE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

LE CENTRE CATHOLIQUE

du Démon; ccmime Ësaû, elle a Tcnda son dmt d^atnèsse potir un plat de lentilles. Tont occapée ft renverser les ministres récalcitrants ou à leur arracher quelque privilège rémunérateur, elle oublie sa vocation divine ; si ses meneurs témoignent d'une habileté merveilleuse pour maintenir dans une alliance paradoxale les éléments hétérogènes dont se compose le parti, ils font bon marché des principes. Ils se piquent d'esprit pratique, ce qui signifie qu'ils n'ont plus d'idéal. Quand leurs combinaisons l'exigent, ils acceptent avec componction les lois d'oppression contre les Polonais et, à condition d'y mettre le prix, les Chanceliers sont sûrs de leurs concours pour fe vote de tous les crédits militaires. Infidèle à sa mission céleste de réconciliation et de paix, dominée par des préoccupations étroites et des intérêts vulgaires, rÉg^ise a pour sa large part contribué à abaisser et à matériaÛser la vie politique en Allemagne. C'est beaucoup grâce à elle que le Parlement est devenu une sorte de bourse où chaque parti, à la poursuite d'un gain immédiat, s'avilit, pour l'encaisser, aux concessions les plus basses et aux coalitions les plus injustifiables.

Où le catholicisme, ainsi vulgarisé et abâtardi, puiserait-il la force morale de s'opposer aux courants populaires les plus troubles? Pourquoi prendrait-il parti pour la France impie et sacrilège, pour la Russie schîsmatique, ou l'Angleterre puritaine? Il est vrai que l'Empereur qui, à ses heures de loisir, pratique la prédication, est lui aussi un hérétique, mais ses convictions sont si larges et ses prières si vagues qu'on finira bien par s'entendre avec lui. Sans doute on sexhuchote à l'oreille les termes de la lettre qu'il a écrite à la princesse Louise, à propos de sa conversion : je hais cette religion que tu viens d^embrasser. — Tout le monde sait que lô souverain

a le geste prompt et la parole leste. Dieu ordonne le pardon des injures, et faut-il s'inquiéter d'une boutade? Ce qui est l'essentiel, c'est que Guillaume est plein de déférence pour le pape, qu'il fréquente volontiers chez les évoques, qu'il déteste la libre pensée et l'indépendance de l'esprit.

Après tout, si l'on annexait à l'Allemagne les sept millions de catholiques belges et quelques dizaines de millions de catholiques autrichiens, le centre aurait la majorité au Reichstag. Pourquoi l'Allemagne ne redeviendrait-elle pas un jour ce qu^elle fut sous les O thons? « Alors, suivant les expressions de Guillaume, notre peuple allemand sera le bloc de granit sur lequel le Bon Dieu pourra terminer l'édification de son œuvre de civilisation du monde. » Pour achever d'édifier la civilisation du monde, on sera peut-être obligé de commencer par brûler Louvain et par détruire la cathédrale de Reims. Qu'y faire? Les volontés de l'Éternel sont insondables et, puisqu'il permet ces misères, c'est qu'il a ses raisons que notre chétive raison humaine ne saurait critiquer.

Les Universitaires, dont beaucoup regimbent encore contre la domination du Centre, communient avec lui dans une soumission agenouillée devant le pouvoir. — Rendons à César ce qui appartient à César. — Mais qu'est-ce qui appartient à César? — Tout, les corps et les âmes, les volontés et les esprits.

« Sans le militarisme allemand, la civilisation allemande n'existerait pas. » La phrase a scandalisé et elle est niaise, si on la prend dans son sens littéral. Elle est au contraire profondément juste, si on l'applique à la culture allemande contemporaine. L'impérialisme est devenu comme l'essence de la

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