‹ La guerre; causes immédiates et lointaines, l'intoxication d'un peuple, le traitéChapitre 9 sur 124 · VALLEMAGNE ET LA NOTE AUTRICHIENNE · texte numérisé non relu

VALLEMAGNE ET LA NOTE AUTRICHIENNE

d'étendre son emprise sur TÉgée et l'Asie-Mineure.

— Une victoire lui est nécessaire, non seulement pour relever son prestige, mais pour supprimer rindépendance des Slaves du Danube.

Son plan, dès la première he^ire, a été percé à jour par le ministère italien qui n'a pas été consulté sur la note autrichienne et qui, immédiatement, avec une courageuse loyauté, se dégage d'une solidarité déshonorante et s'unit à l'Angleterre pour détourner les effets d'une politique de casse-cou. Le 1" août, le marquis de San Giuliano, répondant au gouvernement allemand qui lui a notifié l'ultimatum remis à la France et à la Russie, prononcera le jugement qui sera le verdict définitif de l'histoire : — a La guerre entreprise par l'Autriche, étant donné surtout les. conséquences qui pourraient en sortir d'après les paroles de l'ambsjtssadeur d'Allemagne, ayant un caractère agressif ne cadrant pas avec le caractère pureçient défensif de la Triple-Alliance, l'Italie ne pourrait participer à la guerre. » (Livre jaune, n» 124.)

— Le marquis de San Giuliano était très loin d'être un ennemi de l'Allemagne et il s'était exposé à des attaques violentes pour avoir renouvelé avant l'heure la Triple-Alliance; il avait suivi de très près les négociations et il était en mesure d'être bien informé. Comment douter de sa parole quand il affirme que la guerre entreprise par l'Autriche et l'Allemagne a un caractère agressif?

Il y avait à Vienne, d'après une note transmise par H. Dumaine, au moins un clan qui « admettait l'idée du conflit à dimensions généralisées, en d'autres termes, de la conflagration » {Livre jaune, n*» 14), et pour le moment ce clan détenait la direction. Pareillement & Berlin, ajoute la note. — C'était l'opinion de tous les diplomates, et c'était aussi le point le plus noir. Il fallait avant tout éclaircir la situation : à

partir du 26, les négociations vont en effet se déplacer, et Berlin en devient le véritable centre.

Elles traversent une double période. D'abord, du 26 au 29 juillet, les Puissances pacifiques s'efforcent par tous les moyens d'incliner TÂllemagne à une action modératrice à Vienne; elles se heurtent à un refus dissimulé, mais invincible, et r Alle magne s e tlécide une première fois à mobiliser : la guerre immédiate est Q« viai^J>owr JP'j raisons qui ne sont pas clairement exprimées, mais qu'il n'est pas difficile de dégager, l'Allemagne s'arrête et parait un moment près de revenir en arrière. En même temps, l'Autriche semble s'effrayer et pencher vers un rapprochement avec Pétersbourg. Malheureusement l'Empereur Guillaume reprend brusquement l'offensive, soulève de nouveau la question des armements, et, en dépit des protestations les phis rassurantes du Tsar, il déclare la guerre à la Russie, puis à la France (30 juillet-3 août).

L'Allemagne a toujours affirmé qu'elle n'avait pas connu d'avance la note du 23 juillet. Elle prétend ainsi décliner toute responsabilité sur cepoint essentiel. Malheureusement ses dénégations sont infirmées par une série de faits dont la concordance est singulièrement suggestive. A Vienne l'ambassadeur d'Allemagne, M. de Tchirsky, dont les sentiments russophobes sont connus, n'a pas cessé de préconiser des résolutions violentes {Livre jaune, n* 2) et Sir M. de Bunsen tient d'une source privée « que l'ambassadeur allemand connaissait le texte de l'ultimatum autrichien avant qu'il fût expédié et qu'il Ta télégraphié à l'Empereur ». {Lwre 6/ea, n** 95.) — Le 23 juillet, le Chancelier allemand envoie à ses ambassadeurs une note qui, comme le remarque très justement M. Gauvain dans son article si solidement étudié et si pénétrant de la Revue de Paris (l** déc),

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