‹ La guerre; causes immédiates et lointaines, l'intoxication d'un peuple, le traitéChapitre 94 sur 124 · IMPÉRIALISME SOCIALISTE · texte numérisé non relu

IMPÉRIALISME SOCIALISTE

pourra, ici parce que les peuples qui les possèdent n*eii tirent pas le meilleur parti possible, ailleurs parce que Ton assurerait aux indigènes un sort plus heureux, surtout parce que les choses se sont toujours passées ainsi et qfue le besoin crée le droit. Tant pis pour ceux qui se fl»ef^ent sur notre route. « La haine contre TAngleterre qui, comme une flamme brûlante, nous souffle au visa^ de tous les écrits des ImpériaMstes, n'est nuilement un égarement de TeÉprii, mais Texpression d^une rérolte cbs classes po^édantes, et, au poiùt de vue économique, cette revente est très fondée. »

« Loin de moi, dài M. Andier, de reprocher à Bebel son patriotisme ; qu'il dise : les cheveux blancs encore, je prendrais le fusil, si TAilemagne était victime d'une agression étrangère; — je ne saurais que Ten louer. *— Coname&t concilier pourtant avec les intentions paicifiqves qu'il affecte sa déclaration au Congrès d'IéoB : le mot d'ordre n'est pas de désarmer, mais d'augmenter les armements! »

Vous n'avez pas le droit, a-tH»i répliqué en France à M. Andler, d'imputer au parti tout entier des décla^ râlions isolées qui n'engagent que leurs auteurs. — Ifalheureuseo^nt, en dehors des paroles, il 7 a les a<^es. Au moment d« vole de la loi militaire de 1913, queFon doit conndérer comme la préface et la con^ dMîon de la guerre actueUe, sans les socialistes, dont les 110 députés ont voté les mesures financi^es proposées par le Gouvernement, le projet aurait été repoussé. Ils ont mérité sànsà les éloges du député paagermaniste de Gîessen qui les a félicités d'être devenus patriotes i « c'est grâce à leur collaboration qoe la loi a été votée si rapidement, » et dans le Congrès d'Iéna, au mois die septembre 1913, la conduite des députéi^ a été ratifiée, malgré les résistances d'une minorité impuissante.

Comment ne pas se rallier alors aux conclusions de M. Andler? — « Il faut perdre une fois pour toutes rillusion que le parti socialiste allemand est un parti antimilitariste; les classes ouvrières sont solidaires de la politique coloniale, solidaires d'une politique d'armement, défensive en principe, ofifensive s'il le faut. »

Que, dans l'ensemble du groupe, quelques idéalistes maintiennent le vieux drapeau de la fraternité humaine, je l'espère et je le crois; je ne prends pas du tout au sérieux, pour ma part, les explications malveillantes et alambiquées de certains journaux qui nous représentent Liebkneckt comme le complice ténébreux et machiavélique du parti militariste et ne voient en lui qu'une sorte d'appeau destiné à prendre au piège les socialistes étrangers. Je suis convaincu que son attitude avertira beaucoup de ses amis. Nous saluerons avec joie l'heure, peut^tre prochaine, où la Démocratie allemande arrachera le bandeau dont elle s'était laissé recouvrir les yeux. Avec quel remords alors et quelle tristesse elle se rappellera les injures du compagnon Leuther contre la France, « à qui il faut enlever sa chimère de supériorité, pour calmer ses envies belliqueuses, » afin qu'elle ne barre plus la route à l'Allemagne, parce que, dans l'Europe continentale « il n'y a qu'un seul État moderne, au plein sens du mot, et cet État, c'est l'Allemagne ».

A la veille de la guerre, ce qu'il y avait de plus grave peut-être dans cette apostasie de la Sozial- Demokratie, c'est qu'elle était imposée aux députés par ceux de leurs électeurs qui naissaient à la vie politique. « La jeune génération nous échappe, disait tristement un des membres influents du Congrès d'Iéna, parce qu'elle ne veut pas entendre parler d'antimilitarisme. »

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