‹ La guerre d'AmériqueChapitre 18 sur 29 · DISPOSITIONS DE. LA FRANCE AU DEBUT DES ÉVÉNEMENTS · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS DE. LA FRANCE AU DEBUT DES ÉVÉNEMENTS

Extrait de la situation de l'Empire en \SQ[, présenté au Sénat et au Corps législatif le 30 janvier 1862.

Les graves complications intérieures qui se sont produites aux États-Unis, n'ont pas altéré la cordialité de nos relations avec ce pays. Il était impossible, toutefois, que le conflit que nous avons vu naître avec peine n'entravât pas, en prenant d'aussi grandes proportions, nos transactions ordinaires avec les États-Unis et n'affectât même pas, dans une certaine mesure, la sécurité de notre commerce. Le gouvernement de l'Empereui' a donc eu à

se préoccuper, dès les premiers moments, de ces conséquences inévitables de la crise américaine. Il ne pouvait pas hésiter sur l'attitude que lui commandaient les circonstances. Ayant, d'une part, le devoir de veiller à ce que les intérêts placés sous sa protection souffrissent le moins possible de la lutte engagée, désireux, d'autre part, de témoigner de son respect pour les droits intérieurs et Tindépendance d'une autre nation, il n'avait, pour atteindre ce double but, qu'une ligne de conduite à adopter : l'observation d'une stricte neutralité. En conséquence, tout en faisant des vœux pour le maintien de Tunion américaine dans les conditions qui avaient jusqu'à ce jour semblé assurer sa prospérité, tout en étant même disposé, s'il en était sollicité, à contribuer, par ses bons offices, à mettre fin à une lutte déplorable, il s'est empressé, d'un côté, de rappeler à ses nationaux quelles étaient les obligations que leur imposait la neutralité dont il réclamait pour eux le bénéfice, et de formuler, de l'autre, les principes qu'il s'attendait à voir respecter par les belligérants. Nous avons obtenu, sous ce dernier rapport, des déclarations satisfaisantes, et s'il ne pouvait dépendre du gouvernement de l'Empereur de conjurer tous les embarras qu'entraîne toujours un état de guerre sur un point quelconque du globe, les principes dont les belligérants ont admis l'application auront, du moins, pour effet de prévenir le préjudice et les dommages qui, autrement, eussent encore aggravé les soufirances forcément amenées par l'état présent des choses.

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