‹ la guerre d'escadreChapitre 12 sur 26 · NAVIRES CUIRASSÉS DE STATIONS · texte numérisé non relu

NAVIRES CUIRASSÉS DE STATIONS

VktoHmim. — Hmm. — General» Aântiralf Due d^ Edimbourg. — ShaniuM. — NeUon, NmikawèfiUm. — AlmêranU Coekrane, Yàlparako. — Yëteo de Gama,

Les cuirassés de seconde classe, destinés particulièrement aux stations lointaines, doivent, au besoin, servir d*auxiliaires dans les escadres composées de cuirassés de première classe : telle est du moins la définition officielle des cuirassés de station, devant, par suite, croiser, combattre au loin des batteries de côte, enfin prendre place dans une ligne de bataille ; mais, de cette définition même doit découler un type forcément imparfait, dans lequel on ne peut réunir ce qu'on appelle les desiderata du navire cuirassé. A quelque point de vue qu'on se place, on est amené à reconnaître la presque impossibilité de réaliser ce programme dans de bonnes conditions; en efiet, s'il s'agit de la guerre d'escadre, ces navires n'auront pas une artillerie suffi-

— gisante pour ouvrir le feu d'une manière efficace, alors que les pièces de leurs adversaires commenceront déjà à les atteindre utilement ; leur masse serait, il est vrai, bien suffisante pour infliger, dans un combat par le choc, un désastre irrémédiable aux plus puissants cuirassés ennemis, mais la vitesse leur manquera pour les atteindre ; — s'il s'agit de la guerre des côtes, ils ont trop de tirant d'eau, et leur cuirasse, naturellement d'épaisseur limitée, ne les protège pas contre les batteries de terre ; — s'il s'agit enfin de la guerre de course, leur vitesse est trop faible et leur cercle d'action trop restreint. C'est que, en efiet, s'il n'est guère possible de faire un navire à deux fins, il l'est moins encore de le construire de manière à répondre à trois sortes d'exigences s'excluant mutuellement : on n'arrivera qu'à un seul résultat, ne satisfaire à aucune d'entre elles.

On peut d'ailleurs trouver la preuve de ce fait dans les essais nombreux tentés en France depuis l'adoption du nouveau programme de la flotte sans parvenir à établir un plan qui puisse être pleinement adopté. Au début, on supposait que des navires de ce type ne coûteraient pas plus de 4 millions, qu'ils auraient, par suite, un déplacement de 4000 tonneaux environ ; dès qu'on a voulu faire un programme, il a fallu porter ce chiffre à 4700 tonneaux, et les derniers programmes sur lesquels on cherche une solution atteignent un déplacement de 5700 tonneaux ; on est cependant encore au-dessous des 7400 tonneaux des cuirassés anglais de cette classe, le Neison et le Northampion.

L'Amirauté, après avoir renoncé pendant longtemps à construire des navires de ce type, en a successivement fait mettre trois en chantier; c'est que, en effet (et c'est le seul motif à faire

valoir en faveur de Texistence de ces navires), ils peuvent être utiles au point de vue politique. A tort ou à raison, ils imposent par leur présence, et les plaques de cuirasse produisent un effet moral que Ton chercherait en vain à nier. Mais cette raison estelle sufBsante pour qu'on lui sacrifie les autres qualités du navire? peut-elle motiver une dépense de 6 à 7 millions pour chaque unité de cette Dette spéciale? Pour répondre à cette question, il est nécessaire de passer successivement en revue les divers navires de ce type construits dans les dernières années et de chercher, d'une part, si réellement ils ont une puissance défensive sufQsante pour que leurs plaques leur assurent cette inOuence morale que Ton recherche, de l'autre, à quel prix ce résultat a pu être atteint.

ViCTOMiBusSy Triomphâste, — La Victorieuse appartient au type de VAlma^ dont les dimensions et le déplacement ont été augmentés en vue de répondre aux exigences nouvelles ; c'est encore un navire en bois à réduit central, les pièces de ce réduit tirant uniquement par le travers, les tirs en chasse et en retraite étant assurés de la manière la plus complète par des canons tirant en barbette dans des demi-tourelles ; les mécanismes de pointage, les servants sont protégés contre les projectiles ennemis {fig. 18). Mais si le type est le même, la puissance offensive a été accrue dans une mesure considérable : les anciennes corvettes ne portaient que des pièces de 19 centimètres; sur la Victorieuse^ on a augmenté d'un degré le calibre des pièces du réduit, pour lesquelles on a adopté le calibre de 24 centimètres ; aussi le coefficient d'artillerie, qui n'était que de 0,043 sur

VAlma, a-t-il été porté sur ce nouveau navire à 0,075. La puissance défensive est restée la même; la cuirasse de ceinture a ISO millimètres.

Ce que Ton a également jugé nécessaire d'augmenter, c'est la vitesse, ces navires devant pouvoir, en cas de guerre, poursuivre les croiseurs ennemis; avec 13 nœuds, on atteint ce résultat pour presque tous les croiseurs, sauf les plus récents ; c'est ce chiffre que Ton a adopté, augmentant, par suite, de 1 nœud le desideratum indiqué pour les premières corvettes. La force développée par la machine doit être de 2400 chevaux ; il en résulte pour le coefficient d'utilisation une valeur de 4,14» qui n'a rien d'exagéré, car elle se rapproche beaucoup de la moyenne des chiffres constatés sur les premiers cuirassés de seconde classe.

Le navire ne porte qu'une seule hélice, du système Mangin, en vue des facultés de navigation à la voile, qui prend une importance considérable pour ces cuirassés, appelés à faire de longues campagnes ; aussi le rapport de la surface de voilure à celle du maître-couple a-t-il été augmenté et porté de 20 à 23 ; enûn, l'approvisionnement de charbon de 300 tonneaux assure à la Victorieuse une distance franchissable de 2740 milles à 10 nœuds; les premières corvettes ne pouvaient franchir que 1600 à 1700 milles.

Pour réunir ces avantages, on a profité des progrès réalisés dans l'industrie des machines, qui ont permis de réduire le poids nécessaire pour produire une puissance déterminée, ainsi que l'approvisionnement de charbon ; mais il fallait plus, et on a dû porter le déplacement de 3700 à 4400 tonneaux, soit une augmentation de 19 pour 100; grâce à ce sacrifice, on a pu

réaliser de notables progrès, obtenir des navires bien armés, très-solides, doués d*une belle vitesse, et répondre enfin dans une mesure plus large que sur la plupart des autres cuirassés de station au programme que Ton se fixe pour les navires de ce type.

FIff. 48. — VtCTORIEVSS.

Vm lOBgilDdiule.

Dispotition de rartillerie.

t PIm ^ h Wltoria.

Pin 4«s fulUr4t.

Bansâ. — Ce navire^ appartenant à la marine allemande, est d'un type peu difTérent du précédent ; c'est encore le principe même de laBelliquetise : ceinture cuirassée sur toute la flottaison, réduit protégé renfermant quatre pièces d'un calibre moyen (21 centimètres) ; enfin, sur les gaillards, deux canons de 24 cen-

timètres. La puissance offensive est donc assez réduite; il en est de même de la puissance défensive, car le maximum d'épaisseur des plaques est de 156 millimètres. Il est vrai que les dimensions de ce navire, son déplacement et, par suite, son prix, sont eux-mêmes peu considérables : le déplacement est d'environ 3600 tonneaux; si Ton compare ce navire avec le précédent, mis en chantier à peu près à la même époque, on voit que, pour un accroissement de 800 tonneaux à peine, on a pu, dans le cuirassé français, réaliser sur l'armement une augmentation considérable de calibre et protéger les parties essentielles des pièces armant les gaillards; quant à la vitesse, elle sera très-probablement peu différente sur les deux navires; mais, quoique nous ne connaissions pas l'approvisionnement de charbon, on peut prévoir, d'après le disponible sur Texposant de charge (1), qu'il sera très-peu élevé. On voit donc que, pour une augmentation de 22 pour 100 du déplacement, on a obtenu des avantages incontestables, ce qui prouve que, quel que soit l'intérêt qui s'attache à une réduction du déplacement, il existe pour chaque classe de navires un certain desideratum qui s'impose pour ainsi dire de lui-même et au-dessous duquel il n'y a guère intérêt à descendre, les conditions essentielles obligeant à atteindre ce maximum.

Croiseurs msses : General- Admirai^ Duc d'Edimbourg — Seule de toutes les marines, la marine russe a cherché à réaliser

(1) En calculant approximativement le devis des poids, on peut admettre que la coque cuirassée pèsera environ 2,200 tonneaux, Tappareil moteur 560 tonneaux, Tarmoment 600 tonneaux ; il resterait donc pour le charbon 240 tonneaux seulement

— sole problème du croiseur cuirassé ; désireuse d'allier la grande vitesse avec la condition, considérée comme essentielle, de pouvoir résister d'une manière absolue aux projectiles de la plupart des autres croiseurs et d'une manière encore suffisante aux projectiles des navires armés plus fortement, tels que les cuirassés de seconde classe, elle a construit des navires dans lesquels la flottaison est protégée, comme sur les navires d'escadre de Fépoque de la Provence^ du Bellerophon, par des plaques de 15 centimètres. On a jugé, en outre, nécessaire de protéger Tartillerie, non pas complètement, car cela eût exigé des poids considérables, mais dans les parties essentielles des pièces ; pour cela, Tartillerie étant tout entière placée sur les gaillards, on a réuni dans la partie centrale les six canons, en donnant à cette batterie une saillie de 0"*,80 environ sur le navire, de manière à faciliter les tirs en chasse et en retraite, et Ton a disposé le long du réduit ainsi constitué une ceinture de 15 centimètres d'épaisseur et 76 centimètres de hauteur.

L'artillerie se compose de quatre canons de 20 centimètres aux angles de la batterie, tirant en chasse ou en retraite et par le travers, et de deux canons de 15 centimètres (1) placés au milieu et tirant par le travers {fig. 19).

En raison du rôle spécial de croiseurs auquel sont afTcctés ces navires, la carène en fera reçu un doublage en bois (2) {fig, 20); il en résulte d'ailleurs une amélioration du coefficient d'utilisation, grâce à laquelle on pourra probablement dépasser la

M ) Il parait que ces canons seront probablement remplacés par des pièces de 20 cenlunélret; Tartillerie ne comprendrait plus, par suite, que des pièces de ce calibre. {i} C'est là d*ailleurs uoe disposition généralement adoptée par la marine russe.

vitesse de 15 à 16 nœuds que Ton indique généralement pour ces navires.

L'approvisionnement de charbon de 1000 tonneaux environ correspond a une distance franchissable de S900 milles à 10 nœuds. L'avant droit ne porte pas d'éperon, mais il est probable

Fig. 49. -^ GENERAl-ADMIRAL. Vm loDgitndisile.

DUpoiition de l'artillerie.

qu'il sera armé de torpilles ; en un mot, la puissance offensive est réduite au strict minimum. (1). Ces navires sont donc bien des croiseurs auxquels on a voulu assurer une grande supério-

(1) Le coefficient de l'artillerie n'est que de 0,033 ; sur les autres cuirassés de seconde classe, il s'élève à 0,070.

— ioi —

rite défensive sur les navires similaires, avec lesquels ils pourront se mesurer.

La mâture est complète; l'hélice se remonte dans un puits.

Pif. 10. — GBHSRàl^ÀDMIItAl.

Les ponts en U)le, sans bordé en bois, sont seulement recouverts de plaques de caoutchouc découpées ou de naltes en QHn. Des entreponts bien éclairés, bien aérés, offrent de vastes

logements à Téquipage réglementaire de 312 hommes; mais on a eu sans doute en vue le supplément d'équipage à embarquer en cas de croisière, pour pouvoir armer les prises.

En résumé, ces navires représentent le premier pas fait dans la voie du décuirassement de l'artillerie, par la suppression du réduit et le placement de toutes les pièces sur les gaillards. Nous ne reviendrons pas ici sur cette question ; mais on peut se demander si , tout en conservant la ceinture cuirassée à la flottaison, il n'y aurait pas eu un avantage réel à transformer en artillerie le poids consacré à la ceinture cuirassée des gaillards, ceinture dont l'importance est contestable, si l'on songe aux projectiles qui, éclatant dans l'entrepont, peuvent détruire pardessous les mécanismes des pièces et démolir leurs points d'appui; cette artillerie, plus puissante comme nombre et comme calibre, dispersée sur toute la longueur du pont au lieu d'être concentrée sur un point où elle appelle les projectiles de l'ennemi, eût été plus battante et peut-être mieux protégée par sa dispersion que par l'abri d'une ceinture qui né l'abrite nullement contre les projectiles tirés par des pièces ayant un certain commandement.

Sbannon. — Si la Russie fut la première puissance maritime entrant dans la voie du décuirassement de l'artillerie, en vue de réunir sur un même navire une partie des qualités d'un croiseur appelé à opérer pendant de longs mois, loin de son centre de ravitaillement, et une certaine protection des parties vitales, flottaison, machines, gouvernail, elle ne réalisa ce programme qu'en réduisant cette protection au strict minimum , et ce fut

TAmirauté anglaise qui, par les plans de M. Barnaby, réussit la première à produire un navire qui, dans des dimensions relativement restreintes (longueur, 79"',2S; déplacement, S20U tonneaux environ), réponde à ces desiderata nombreux.

Le Shannon^ qui ouvrit la voie aux navires de ce type, a été

Fif. tl. ~ SHANNON.

Vu lopfitadiBale.

DUpoiitioo de rvtiUerie.

Plu 4ê la t««gM «1 d« la dnaalla.

Plm éê la UUêtU 4m gaillarif .

rattaché par son auteur plutôt à la classe des croiseurs qu'à celle des cuirassés; M. Barnaby, dans une séance de la Société des Naval Architects (26 mars 1874), compare, en effet, le Shah et le Shannon^ et montre qu'en sacrifiant 3 nœuds sur la vitesse, on a pu faire un navire moins grand, moins coûteux que le croiseur,

et protégé cependant à la flottaison par une cuirasse égale à celles que, il y a quelques années à peine, on considérait comme suffisantes pour les navires d'escadre.

Quoique le principe d'armement de ce navire {fig. 21) soit le décuirassement de Tartillerie, on a considéré cependant comme nécessaire de la mettre à l'abri des coups d'enfilade, et les deux pièces tirant en chasse sont placées dans une sorte de redoute ouverte à la gorge et cuirassée avec des plaques de 229 millimètres. Tous les canons sont sur les gaillards; toutefois; les ponts de la teugue et de la dunette sont prolongés de manière à couvrir, le premier les deux pièces de chasse jusqu'à l'arrière de la redoute cuirassée, le second la pièce de retraite. L'armement se compose de deux canons de 25 centimètres (18 tonneaux) en chasse, pouvant tirer également en belle et protégés; de six canons de 23 centimètres (12 tonneaux) par le travers, trois de chaque bord; enfin d'un canon de 23 centimètres (12 tonneaux) en retraite, pouvant être porté au moyen de circulaires à deux sabords situés de part et d'autre de l'axe, ce qui permet de l'utiliser soit en retraite directe, soit par le travers des deux bords ; ces sept dernières pièces ne reçoivent aucune. protection. La force effective dont on dispose dans les différentes conditions de tir est donc la suivante :

En chasse ^'canons de 25<". Poids de bordée. . . 360^

ParletraTers... 1 canon de 25c". )

» 4 canons de 23<". )

En retraite 1 canon de 23«n. » ... 110^

Gomme on le voit, là comme sur les grands cuirassés anglais, le tir en retraite est complètement sacrifié; certes, on doit sup-

poser que les navires présenteront souvent l'avant à Tennemi ; pour des navires de station lointaine surtout^ on peut admettre qu'ils auront souvent à donner la chasse ; mais ils peuvent avoir aussi & prendre chasse devant un ennemi supérieur, et n*e8t-ce pas alors que les pièces de gros calibre peuvent être le plusefBcaces? D'ailleurs, si ces navires sont appelés à paraître comme auxiliaires dans un combat d'escadre, ne serait-il pas nécessaire que leur artillerie fût disposée de telle façon que, dans la mêlée, une fois le choc tenté et manqué, entre ce moment et celui où ils commencent à évoluer pour revenir à la charge, ils aient à leur disposition autre chose qu'une seule pièce de 23 centimètres?

La flottaison est protégée par une ceinture de 2",75 de hauteur, s'étendant depuis l'arrière jusqu'à 18*,30 de l'avant; cette ceinture, formée de deux virures de 229 millimètres et d'une virure inférieure de 203 millimètres, conserve la même épaisseur au milieu et aux extrémités. La partie avant est complètement abandonnée aux coups de l'ennemi; mais, pour diminuer les effets de l'introduction de l'eau, ce compartiment est rempli de charbon; il descend ainsi jusqu'à la profondeur du can inférieur de la ceinture, c'est-à-dire à 1*,50 au-dessous de la flottaison ; là, pour séparer ce compartiment des parties inférieures de la carène, un pont blindé de 38 millimètres d'épaisseur met la carène elle-même à l'abri des dangers de l'introduction de l'eau dans le compartiment avant.

La ceinture cuirassée est limitée à l'avant par une cloison transversale cuirassée à 228 millimètres. ËnGn, pour augmenter dans les tirs d*enfllade les chances, assez précaires d'ailleurs, de

protection qu'offre à l'appareil moteur le pont blindé, la cloison avant se prolonge en travers du faux pont, de manière à se raccorder avec la face avant cuirassée de la redoute ; cette cloison cuirassée n'a que 203 millimètres. Le motif qui a conduit à supprimer la ceinture cuirassée à l'avant est une économie de poids : il faut comparer, en effet, d'une part, une ceinture cuirassée prolongée des deux bords avec la réçluction d'épaisseur que permettent les formes fuyantes de l'avant, et un pont cuirassé à la partie supérieure de cette ceinture, et, d'autre part, une cloison transversale ayant nécessairement l'épaisseur maximum de la ceinture, puisqu'elle est exposée aux coups d'enfilade, et un pont blindé correspondant au can inférieur et pouvant être réduit d'épaisseur en raison de son enfoncement au-dessous de la flottaison. A égalité de résistance, l'avantage du poids est du côté de la dernière combinaison; mais elle offre l'inconvénient d'abandonner aux coups de l'ennemi toute une partie considérable de l'avant du navire.

La machine, le gouvernail, les soutes sont donc à l'abri des feux horizontaux derrière une cuirasse sufBsante contre les projectiles de petit calibre, mais ne résistant pas aux projectiles les plus puissants (ce que ne permettraient pas d'ailleurs des cuirasses un peu plus fortes). C'est un navire très-suffisamment protégé pour la plupart des cas ; mais on peut se demander s'il était vraiment utile de protéger l'artillerie contre les coups d'enfilade ; en consacrant à la protection des ponts le poids de la redoute et de la cloison avant, on aurait pu augmenter leur épaisseur d'une manière notable, et, en disposant l'artillerie des gaillards partie à pivot au centre, partie à des sabords de

côté ou dans des demi-tourelles en saillie, s*assurer des chances assez grandes pour éviter les dangers des coups d*en(ilade.

La carène en fer proprement dite, construite dans le brochet frame système s'arrête au can inférieur de la cuirasse correspondant au faux pont inférieur; au-dessus s'élève la zone de la ceinture cuirassée, formant une sorte de caisse superposée à la carène et réunie à celle-ci par la charpente seule du faux pont inférieur; enfin, les œuvres mortes ne sont également réunies à la zone cuirassée que par la charpente du faux pont supérieur; ce système ne présente pas l'aspect de solidité de liaisons que I*on pourrait attendre d'un navire destiné aux lopgues campagnes. La carène est doublée en zinc^ suivant le procédé suivi pour les grands cuirassés.

Le Shannon n'a qu'une hélice; la machine, d'une force de 3500 chevaux, doit lui imprimer une vitesse de 14 nœuds; il porte une mâture complète.

Nelson^ Northampton. — Le Shannon ne fut pas considéré comme satisfaisant complètement aw( exigences de la guerre, et l'on se décida, au prix d'une augmentation de 2260 tonneaux, tout en conservant le principe du décuirassement de l'artillerie latérale, à protéger le tir en retraite, à augmenter la puissance offensive, enfin à étendre à l'arrière le système de protection suivi pour l'avant du Shannon ; en un mot, sur une carène ordinaire terminée par un pont cuirassé situé à 1",68 au-dessous de la flottaison, on place dans la partie milieu une caisse cuirassée de toutes parts par des plaques de 223 millimètres d'épaisseur, on prolonge Tavant et l'arrière comme des constructions ordi-

naires en fer; puis sur cette caisse cuirassée est établi de bout en bout un faux pont supérieur non protégé (sauf de l'avant et de rarrière contre les coups d'enfilade), et enfin, au-dessus, s'élève, dans une batterie complètement couverte cette fois, Tartillerie.

Cette artillerie [fig. 22) se compose de quatre canons de 25 centimètres (18 tonneaux), tirant deux en chasse et deux en retraite, les uns et les autres tirant également par le travers, et de huit canons de 23 centimètres (12 tonneaux), tirant par le travers, quatre de chaque bord; enfin, six mitrailleuses Gattling complètent l'armement sur les gaillards. En résumant la puissance balistique de cet armement, nous trouvons :

Pour le tir en chasse 2 canons de 25». Poids de bordée . . 360^

* par le trayers. . . 2 canons de ^^

• 9 ... 4 canons de 23««.

en retraite 2 canons de 25««. » ... 360^

Pour un navire que son déplacement et son prix placent à côté des cuirassés d'escadre, si la part faite à l'artillerie dans la distribution des poids de l'armement est assez considérable, l'importance des calibres n'est pas à la même hauteur; le calibre de 2S centimètres n'est plus suffisant dans les combats d'escadre; d'autre part, pour les stations lointaines^ pour le service de croiseurs, un déplacement de 7440 tonneaux paraît bien considérable.

La cuirasse est à peu près la même que sur le Shannon : la ceinture se compose de trois virures ayant comme épaisseur 229 millimètres à la flottaison, 1S2 au can inférieur; les redoutes

cuirassées qui ferment le réduit à l'avant et àTamère sont protégées par des plaques de 229 millimètres; enfin, les traverses qui, se prolongeant dans le faux pont, protègent la machine et les chaudières contre les coups d'enfilade, ont la même épaisseur. Quant aux ponts blindés qui forment le prolongement du can

Vit. n. — KSLSOK.

Pal à- ^Ilu^ Plu da la baueric ds> gaillafili.

inférieur de la ceinture, mais en s'abaissant considérablement sur l'avant, de manière à se relier à l'éperon lui-môme et à le consolider dans les chocs, leur épaisseur est de 40 millimètres environ.

Le navire est mû par deux hélices, ce qui a permis de dis-

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