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poser une cloison étanche dans Taxe ; les machines doivent développer une force de 6000 chevaux; la vitesse prévue est de 14 nœuds, soit un nœud de plus que le Shannon. La distance franchissable à 10 nœuds atteindra 2000 milles au moins.
Le gouvernail, en raison de la nécessité de placer sa barre au-dessous du pont blindé^ est manœuvré en dessous de la flotr taison ; la mèche passe dans un presse-étoupe ; ce système ne paraît pas aussi facile à combiner que celui dans lequel le mouvement est transmis au gouvernail au moyen d'un arbre placé comme celui d'une hélice unique, terminé par une roue d'angle et commandant ainsi deux roues d'angle clavetées sur l'axe du gouvernail et lui transmettant le mouvement de l'arbre.
En résumé, si nous comparons le Shannon et le Nelson^ nous trouvons: vitesse peu supérieure, même protection à la flottaison, artillerie presque double, mise à l'abri contre les coups d'enfilade de l'arrière et protégée par un pont contre la chute des débris de la mâture. C'est un faible avantage pour une augmentation de 40 pour 100 dans le déplacement et, par suite, dans le prix de revient.
Almirantb Cochranb et Valpiriiso. — Comme pour la corvette allemande la Hansa^ on a conservé sur les corvettes chiliennes, avec la ceinture cuirassée de bout en bout, le réduit des frégates Kaiser et Deutschland; mais la batterie présente une disposition toute particulière qui ne se retrouve sur aucun navire cuirassé.
La batterie, en effet (/îy. 23), se compose, pour ainsi dire, de
deux réduits juxtaposés, celui de rarrière débordant sur l'autre, de telle sorte que, dans Tangle ainsi formé, on trouve le placement d*un nouveau sabord pour le tir en chasse presque direct (à 20* de Taxe). On peut ainsi, avec un réduit très-resserré, renfermant en outre la cheminée, placer six pièces de
Fif . S3. — ALMIRANTE'COCHnASB^ Vm longilBdlnale.
Ditpoiition de rartillerie.
FUa àê9 gailUrdt,
Pl« U HéuU.
23 centimètres et leur assurer les conditions de tir suivantes
En chassa directe. . . 2 canons de 23*". Poids de la bordée. . . 230^ (1)
Psar le travers 3 canons de 23«". *• ... 340^
En retraite 2 canons de 23». » ... 230^
(f ) L*amiement comprend en outre 2 canons Annstrong île 20 livres, Tun en eliasse, l'autre en retraite.
Mais cet avantage est acheté au prix d'un double inconvénient : le réduit est fortement en encorbellement sur la flottaison, et, malgré tous les soins que M. Reed a pris pour arrondir les moindres contours, c'est là une disposition qu'il paraît difficile d'admettre; il est vrai que, dans ce cas^ si la muraille elle-même est en saillie, les volées des canons à leur position de tir sont en dedans de ces murailles et ne sont guère exposées aux conséquences d'un frôlement bord à bord. Un autre inconvénient tient à ce que les pièces aux pointages extrêmes en chasse et en retraite, tiï*ant dans une sorte de conduit, sont exposées à démolir les superstructures légères (1).
Ces navires sont très-petits : leur longueur est de 64 mètres, le tirant d'eau arrière de 6 mètres ; le déplacement n'atteint pas 3500 tonneaux ; le cuirassement maximum est le même que sur les corvettes anglaises Shannon et Nelson^ mais le cuirassement réel est moindre. La ceinture cuirassée, de 2",72 de hauteur, est formée de trois plaques, celle du milieu de 229 millimètres, les deux autres de 152 millimètres seulement, et, aux extrémités, la décroissance graduelle des épaisseurs amène des plaques de 114 millimètres.
Le pont blindé qui correspond au can supérieur de la ceinture est, au contraire, mieux protégé que sur le Shannon; son épaisseur atteint 76 millimètres près du fort central ; elle est de 51 millimètres aux extrémités.
Quant au réduit, de 2»,29 de hauteur, il est formé de deux
(1) Le même inconvénient existe en réalité sur tous les navires ayant une rentrée des œuvres mortes en avant et en arrière du réduit ; mais il est ici forcément plus accusé.
vinires, rinférieure de 203 millimètres , la supérieure de 152 millimètres ; elles se continuent avec cette même épaisseur sur les flancs et sur la face avant; mais, à la face arrière, les plaques sont uniformément de 114 millimètres.
La coque est construite d'une manière analogue à celle des corvettes anglaises; le Valparaiso seul recevra un doublage en zinc.
Le navire est mû par deux hélices ; la machine, de 3000 chevaux, doit lui imprimer une vitesse de 13 nœuds ; c'est un chiflre un peu fort peut-être, surtout pour VAlmirante Cochrane avec la coque en fer. L'approvisionnement de 254 tonneaux de charbon correspond à une distance franchissable de 1900 milles à iO nœuds. Ces corvettes sont matées en trois-mftts-barque.
Yasco DR Gàma. — La corvette cuirassée que le gouvernement portugais vient de faire construire aux Thames Iron Works paraît, autant qu'il ressort des documents recueillis jusqu'à ce jour, représenter dans ses dimensions les plus faibles le type du cuirassé de station. Le déplacement n'est que de 2500 tonneaux (1) ; on a pu cependant lui assurer à la flottaison la protection de plaques de 254 millimètres et placer l'artillerie dans un réduit à l'abri derrière des plaques de 152 millimètres (chiffre probable). Cette artillerie comporte deux canons Krupp de 26 centimètres dans le réduit , un de 15 centimètres sous la dunette, non protégé, quatre petites pièces et une mitrailleuse Gattling. La machine, de 3,665 chevaux, a permis d'atteindre (5 juillet 1 876) une vitesse de 13o,25. La mâtui;^, en trois-mâts-barque, ne sera qu'un auxiliaire en cas de besoin.
(1) Loogoenr loUle, 65-,80; laigeur, 12",20; tinwt d*eto moyen. 5-,46.
En résumé, nous voyons dans ces dernières années bien peu de cuirassés de seconde classe venir se placer dans les rangs des différentes flottes, et l'on ne peut guère s'en étonner quand on réfléchit aux conditions de service dans lesquelles ils peuvent se trouver.
Un cuirassé de seconde classe doit être, selon nous, considéré comme tel actuellement, non pas en raison de son déplacement, puisque nous voyons le Nelson atteindre 7400 tonneaux, chiffre supérieur à celui de beaucoup de navires rangés encore dans la première classe, mais en raison de son cuirassement et surtout de sa puissance offensive. Une puissance défensive comme celle du Shannon et du Northampton paraît trèssuffisante dans la plupart des cas ; mais nous ne saurions accepter de la même manière la réduction de l'artillerie. En effet, nous pensons qu'il faut tout d'abord exclure la pensée de considérer ces cuirassés comme aptes au service de croisière : le croiseur est appelé à détruire le commerce ennemi, à protéger celui de sa nation contre un navire analogue à lui-même, mais uniquement contre celui-là; on peut se contenter pour lui d'un armement composé d'un grand nombre de pièces de petit calibre ; mais quand on se décide à alourdir un navire d'une cuirasse à la flottaison, son rôle doit être tout différent : c'est un instrument de combat; il ne doit pas hésiter à se mesurer avec un ennemi, quel qu'il soit. Veut-on alors le considérer comme l'auxiliaire du navire de combat, du cuirassé d'escadre? mais ses pièces de 25 centimètres seront sans effet aux longues portées, où les pièces de 27 ou de 32 auront bientôt réduit en morceaux le fragile édifice de sa cuirasse; et d'ailleurs, comme
nous Tavons déjà fait remarquer, la vitesse des cuirassés de seconde classe sera, en général, inférieure d'un nœud au moins à celle reconnue nécessaire pour le cuirassé d*escadre, libre par suite de conserver la distance de combat la plus favorable pour lui. Il ne leur reste plus donc qu'un rôle à remplir, le service des stations vis-à-vis des petits cuirassés des puissances secondaires; mais 1& encore ils ne répondront peut-être pas au but qu'on se propose dans de meilleures conditions qu'un navire non cuirassé construit uniquement dans ce but. Si l'on compare, en effet, deux navires du même prix, par conséquent du même déplacement, Tun non cuirassé, l'autre portante sa flottaison une ceinture de 150 à 200 millimètres au maximum, le premier, avec le poids consacré à la cuirasse, pourra s'assurer une artillerie plus nombreuse et plus puissante, une vitesse supérieure d'au moins 2 nœuds, enfin un approvisionnement de charbon de nature à lui procurer une faculté de parcours beaucoup plus considérable, des vivres en conséquence; en un mot, ce sera un navire qui, pendant beaucoup plus longtemps que son adversaire, pourra tenir sa station; quels seront donc les avantages du cuirassé? Au point de vue du combat par le choc, la catastrophe du Vangaard nous a montré que les uns et les autres ne sont pas à l'abri d'un coup de bélier, que cuirassé d'escadre et aviso sont égaux devant le redoutable effet de l'éperon. En présence des torpilles remorquées, des torpilles sur arcs-boutants (nous ne parlons pas des torpilles auto-mobiles, dont l'emploi ne paraît guère jusqu'à présent possible sur ces navires), les expériences de VOberon prouvent qu'à 12 mètres du point d'explosion la coque la mieux protégée, pourvue d'un double fond, est perdue sans aucune
ressource. Reste le combat par rartillerie : jusqu'à 2000 mètres, les cuirasses de 200 millimètres assureront une protection certaine contre les projectiles de 20 à 2S centimètres; mais quand la distance de combat diminuera^ cette supériorité tendra à disparaître, et, dès qu'on viendra à combattre à deux ou trois encablures, la plus grande partie des projectiles de ces calibres traverseront la cuirasse avec la même facilité que la frêle muraille d'un croiseur. Si nous considérons d'ailleurs, non pas la cuirasse dans son ensemble, mais uniquement celle qui doit protéger les réduits, nous pouvons remarquer qu'entre navires totalement ou partiellement cuirassés on ne songera probablement pas à se servir de projectiles faisant explosion par le choc; on n'emploiera que des boulets pleins ou des obus de rupture qui pourront peut-être traverser des deux bords le navire non cuirassé, tandis que les obus de rupture éclateront infailliblement après le choc contre une cuirasse, en remplissant les entreponts de leurs débris, défonçant les ponts et portant leurs ravages dans les machines, les chaudières et les soutes à poudre.
Pour revenir à la question d'effet moral que nous considérions au commencement de ce chapitre, les grands croiseurs russes, la Hansa n'ont certainement pas une cuirasse suffisante pour produire cet effet. Quant aux autres navires, nous pensons avoir démontré que cette protection n'est acquise qu'au prix dé sacrifices beaucoup trop considérables, et nous considérons les cuirassés de station comme devant être les premiers à disparaître dans la série un peu longue peut-être de navires qui ne peuvent rendre des services en rapport avec les dépenses qu'ils entraînent.