LA
Kâiseh et DKvrscBLÀitD, — Ces Trëgates, construites en Angleterre, chez M. Samuda, pour le gouvernement allemand, sur les
plans de M. Reed, ont été lancées, la première! au mois de mars 1874, la seconde au mois de septembre de la même année. Le Kaiser est complètement armé et a fait ses essais officiels au mois de juillet 1875.
Navires destinés tout particulièrement au combat par le choc, ayant une très-faible longueur par rapport à leur largeur, doués en outre de tous les appareils de nature à rendre aussi rapides que possible les évolutions, ils ont reçu, pour compléter leur puissance offensive, une artillerie nombreuse et d'un calibre puissant : huit canons Krupp de 26 centimètres (22 tonneaux) et un canon Krupp de 21 centimètres (18 tonneaux).
La disposition de rartillerie principale [fig. 8) est la même que sur V Hercules, le véritable type des navires à réduit de M. Reed, c*estrà-dire un réduit avec pans coupés à Tavant et à Tarrière, dans la muraille des œuvres mortes, de manière à assurer le tir en chasse directe (et même, sur ces navires, un peu en dedans de Taxe) et le tir en retraite jusqu'à 15 degrés de l'axe. Ce réduit est armé de huit canons Krupp de 26 centimètres; les quatre pièces d'un même bord font converger leurs feux à environ 80 mètres du navire. En vue de réduire la rentrée à pratiquer dans les murailles des extrémités, ce réduit est placé un peu en encorbellement sur le fond du navire, non pas au milieu, mais à l'extrémité avant.
Pour compléter le tir autour de l'horizon, on a placé à l'arrière de la batterie un canon Krupp de 21 centimètres, protégé par un réduit demi-circulaire s'élevant à la même hauteur que le réduit central ; cette pièce embrasse un champ de tir de 30 degrés.
Ainsi, rarUllerie dont dispose le navire comprend :
PMrlelircndiaiMiUnete.... t euoiu de S6°. Poids de bwdée, 34S^ ■ dntnTand'imbord. i ■ 26 ■ 690
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La ceinture cuirassée h ta flotteiison s'élève depuis une pro-
fondeur de l'jGS au-dessous de la floltaison Jusqu'à 1~,83 audessus à l'arrière et 0*,76 seulement à l'avant; en outre, le can inrérieur de la cuirasse se relève à l'extrême avant. L'épaisseur au milieu, de 354 millimètres & la flottaison, n'est que de 178 millimètres aux virures inférieures et supérieures ; aux extrémités, elle décroît jusqu'à 127 millimètres. Sur l'avant du,ré-
duit, en raison de la faible hauteur de la bande cuirassée, qui rend ce navire très-exposé à être chargé par des paquets de mer si les superstructures d*avant viennent à être démolies par les boulets, et en vue de remédier aux dangers qui en résulteraient, le pont est protégé par deux tôles d'acier présentant une épaisseur totale de 81 millimètres près du réduit, de 38 millimètres à la partie avant.
Le réduit est cuirassé à 2S4 millimètres jusqu'au seuillet de sabord; au-dessus, l'épaisseur de cuirasse est réduite à 203 et même à 178 millimètres.
Le fort central n'abrite que les chaudières et les soutes à poudre et à obus, placées transversalement entre les deux groupes de chaudières ; les machines sont, en dehors, protégées contre les coups plongeants seulement par le pont prolongeant la ceinture cuirassée et n'offrant de résistance que celle d'un plafond de 13 millimètres.
La carène est divisée en neuf compartiments étanches transversaux; l'emploi d'une seule hélice n'a pas permis le placement d'une cloison longitudinale.
La machine, construite par Penn, est horizontale, à fourreau; les chaudières sont à moyenne pression ; une petite chaudière auxiliaire sert pour la manœuvre des pompes, des ventilateurs de la chambre de chauffe, des élévateurs d'escarbilles, des cabestans, enfin de la machine à gouverner du système de Ma6 FarlaneGray.
Les essais qui ont eu lieu au mois de juillet sur le Kaiser ont donné de beaux résultats; avec un tirant d'eau moyen de 7'',32, on a atteint 14°,56 à toute puissance et 12°,78 avec la moitié
des feux. Il ne faut pas oublier que ces chiffres se rapportent à un essai sur le mille mesuré (i).
L'approvisionnement de charbon de 710 tonneaux correspond à une distance franchissable d'environ 3400 milles à 10 nœuds.
Les expériences d'évolution ont confirmé les espérances de M« Reed; la barre toute d'un bord, le navire, lancé à toute vitesse, a effectué son évolution complète en 3 minutes 32 secondes dans un cercle de 452 mètres de diamètre.
Le navire porte une mâture complète de frégate, dont la surface atteint 3623 mètres carrés (2), soit 29,2 fois la surface du maître-couple.
Le Kaiser et le Deutschiana sont donc des navires présentant une grande puissance offensive, tant au point de vue de l'artillerie qu*à celui du combat par l'éperon, et une puissance défensive comparable à celle de la plupart des cuirassés de l'époque du Yanguard^ du Marengo et de Y Hercules*
Frégates torques Noosrbtish, Mbsoodish, Mbmdoohibh. — Le gouvernement turc a fait construire récemment trois frégates, l'une dans l'arsenal de Gonstantinople, les deux autres en Angleterre, aux Thèmes Iron Works, appartenant toutes trois au môme type, mais différant entre elles par le nombre de pièces, répaisseur du cuirassement et, par suite, les dimensions principales. Le type adopté est celui des anciens cuirassés de premier rang, dans lesquels les tirs en chasse et en retraite ne sont
(t) Le IkutêchUni t atteint depuis 14» ,47 aiee un tinnt d'eau moyen de 7",20. (2) Ce chiflîe est probablemeat exagéré.
pas assurés par les pièces de batterie, mais uniquement, comme sur V Hercules et le Kônig-Wilhelm, par un ou plusieurs canons placés sur les gaillards et, cette fois, sans aucune protection. Quand on consacre un poids aussi considérable que celui d'un réduit de 44 mètres de longueur, défendu par des plaques de 229 millimètres, à la protection du tir par le travers, il peut sembler peu rationnel de n'abriter en aucune façon les pièces destinées, dans les combats par le choc, à préparer l'action du navire ; on peut également reprocher laffectation à ce tir , le plus important de tous, des pièces les moins puissantes de l'armement.
Le Noosretieh, construit à Gonstantinople, peut être considéré comme le dernier représentant mis en chantier des navires de premier rang d'un déplacement modéré ; il est même inférieur, comme protection, aux derniers navires cuirassés de l'ancienne flotte, tels que le Marengo en France, VInvincible en Angleterre. Ce navire porte, dans un long réduit complètement fermé, dix canons de 23 centimètres (12 1/2 tonn.); des sabords d'angle permettent aux pièces de l'avant et de l'arrière de tirer en faisant avec la quille un angle de IS degrés environ. Quant aux tirs en chasse et en retraite, ils sont assurés uniquement chacun par une pièce de 18 centimètres (6 1/2 tonn.), placée sans protection sur le gaillard. On a préféré ce sacrifice soit à une rentrée très-considérable des œuvres mortes, soit à un élargissement du réduit obligeant à le placer en encorbellement.
La cuirasse, à la flottaison, a 229 millimètres au maximum ; elle décroit jusqu'à 1S2 millimètres aux extrémités; quant au
réduit, Tépaisseur maximum est de 127 millimètres; aux plaques supérieures, elle diminue à 76 millimètres. Le pont n*est pas blindé; il reçoit seulement une tôle plafond de 13 millimètres.
Ce navire, avec 89", 10 de longueur, atteint 6,635 tonneaux de déplacement ; nous ne connaissons exactement ni la force indiquée prévue ni la vitesse que Ton espère réaliser, mais il est probable que cette vitesse doit être de 13 nœuds environ.
Lies deux autres frégates, en construction aux Thames Iron Works, sont une reproduction très-agrandie du Noosretieh : le déplacement a été porté à 9120 tonneaux, ce qui a permis d*augmenter dans une notable proportion la puissance du navire aux différents points de vue : ainsi le réduit a été allongé d*un entre-sabord, de manière à porter de dix à douze le nombre des pièces en batterie (fig. 9) ;'sur les gaillards, on a ajouté, en chasse^ un second canon (1). Quanta la puissance défensive, elle a été accrue considérablement en épaisseur, grâce, d*une part à Taccroissement de déplacement, de Tautre à la diminution de hauteur de la ceinture de flottaison ; ainsi, si Tépaisseur maximum a été portée de 229 à 305 millimètres, Tépaisseur minimum aux extrémités de 152 à 178 millimètres^ celle des skin-plating, enfin, de 32 à 38 millimètres, on a fait le sacrifice d*une hauteur de 0",80, c'est-à-dire que, en abaissant le can inférieur de 0b,16, de manière à mieux protéger la coque, on a abaissé le can supérieur de 0",96, laissant par suite au coefficient de sécurité une part extrêmement faible. Le pont
(1) Ce raosagiMOieDl m pintt pu bi«n eerUin. Il bol igouter sur chacun da ces eeviret. à rertOlerie de grot celibre, 6 caneu de 95 mi linièlres (20 livres).
lui-môme n'est blindé qu'avec des plaques de 38 millimètres en deux épaisseurs.
La vitesse doit être de i4%3, avec une puissance indiquée de 7910 chevaux; cette vitesse correspond à un coefficient d'utilisation égal à 3,86; elle n'a» par suite, rien d'exagéré, au contraire.
Fig. 0. — Frégate tarqoe MEMDOOHIBB.
Vne losgUndiiiale.
Plan de la batterie.
Plan des gaillarda.
Quant à la distance franchissable, elle peut atteindre 2100 milles à 10 nœuds (1).
(1) Dans toutes les appréciations de distance franchissable, nous avons calcolé comme si Tapprovisionnement de charbon était entièrement affecté à la puissance motrice; il est loin d*en être ainsi en réalité, et nous avons vu, dans une étude précédente, que ces chiffres devaient être réduits au moins dans le rapport de 4 à 5.
Ces cuirassés ont une voilure complète (^^. 10); ce sont, en un mot, des navires de haute mer, de véritables navires d'escadre, dans lesquels la puissance défensive apparente parait avoir été te principe dominant, navires armés comme les premiers cuirassés, très-fortement pour le tir du travers, mais, comme nous
l'avons déj& remarqué, d'une manière insuffisante pour le combat eu pointa.
Pour comparer entre eux ces divers navires, qui forment actuellement les nouveaux éléments des escadres de haute mer, il est aécesssdre de passer successivement en revue leurs qualités offensives et défensives.
Artillerie. — En premier lieu, IVtillerie, car û, dans les luttes de Tavenir^ son rôle peut devenir secondaire par rapport à celui de l'éperon, elle n'en a pas moins la mission de préparer le combat à une grande distance du tir, de forcer, par quelque coup heureux, un ennemi plus rapide à accepter la lutte et surtout, quand le choc vient à être évité, pendant que les navires passent à contre-bord, de chercher le point faible de l'adversaire épargné par l'éperon et de l'atteindre plus sûrement que ne pourront le faire les torpilles sur espars ou remorquées.
La puissance en artillerie de ces différents navires est indiquée parie tableau suivant (1) :