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ea ctaasie. U BORDEE, ptr le iraTon. LA BORDÉE, «a ntrailA. LA BORDEE «
Alexandra.. 4 906^ 6 1177k 2 362k
Téméraire. .3 816 5 1087 i 181
Dévttitation. 4 1380 3 906 2 432(2)
Cuitoxza... 4 736 4 736 2 368
Tegetkoff... 2 490 3 735 2 490
Kmser 2 345 4 690 1 114
MesoodM... 2 104 5 565 1 52
La Dévastation est non-seulement l'unique navire qui possède en batterie des canons de 32 centimètres, mais elle a sur tous les autres un ensemble de supériorité que nous allons essayer de faire ressortir.
(1) Les comparaisons que Ton peut établir ainsi par le poids de la bordée ne présentent d*intérét que parce que, dans les différentes pièces en service sur ces navires, les vitesses initiales sont peu différentes. Il est certain que, dans le cas contraire, fl conviendrait plutôt de considérer la somme des forces vives.
(2) 4 pièces et 1132 kilogr. à 15 degrés de Taxe.
Si, dans le tir par le travers, elle peut armer moins de canons que les navires anglais, si la bordée est moindre dans ce cas, elle est armée pour le combat en pointe beaucoup plus fortement, et le tir en retraite est lui-même assuré dans des conditions exceptionnelles; d'ailleurs^ dans le combat entre cuirassés, ce qui importe, c'est moins la multiplicité des coups que la puissance de chacun d'eux, et le canon de 32 centimètres ne trouve de similaire sur aucun autre navire d'escadre.
Mais un autre élément de succès ne doit pas être oublié : c'est Tamplitude des angles de pointage possible dans les différents tirs et la facilité pour les pièces de se transporter d'un pointage à l'autre. A ce point de vue, la Dévastation, avec ses affûts mécaniques mus par des appareils hydrauliques, ne le cédera à aucun de ses concurrents.
Gomme placement de pièces en batterie, on peut objecter à notre navire la disposition du réduit en encorbellement; certes^ c*est là une disposition qui peut donner lieu à bien des critiques : surcharge considérable de poids en porte à faux, dangers que l'on court si un navire ennemi vient se jeter dans l'angle formé par la muraille du réduit et celle des pavois, emportant avec son étrave verticale les volées de canons, les canons euxmêmes et avec eux une partie de la muraille. Mais on peut répondre à cela que, avec les dimensions considérables des nouvelles pièces, et le principe des réduits étant admis, il est indispensable de donner à ceux-ci une largeur telle, qu'elle entraîne soit un encorbellement, soit un élargissement de la flottaison, incompatible avec de bonnes qualités nautiques; d'autre part, les canons étant placés dans les pans coupés, on a
moins à craindre que les volées soient touchées dans un frôlement bord à bord; enfin, les formes du navire peuvent être et sont, en réalité, combinées de telle manière que le réduit a fort peu à craindre des chances d'un abordage par un de ses angles.
 cette question du réduit, en laissant toujours de côté pour le moment la question du cuirassement de Tartillerie, s'en rattache une autre qui soulève parmi les marins d'assez vives controverses : convient-il de placer les canons du plus gros calibre sur les gaillards ou dans les batteries fermées? Dans le premier cas, on a l'avantage d'angles de tir positifs et négatifs beaucoup plus considérables ; les sabords qu'on ouvre dans les batteries, étant destinés à des pièces de calibre inférieur, sont moins grands ; ils offrent, par suite, moins de facilité d'accès aux projectiles ennemis; les pièces en barbette se manœuvrent plus facilement; on considère enfin comme un avantage ce fait qu'elles font moins de bruit ; d'autre part, elles entraînent, pour les ponts des gaillards, des consolidations assez difficiles à réaliser ; elles ne sont plus protégées ; en outre , ces pièces, par leur nature même^ paraissant surtout destinées au percement des cuirasses, l'avantage d'angles positifs considérables n'est plus aussi sensible, car il ne faut guère songer à les utiliser à grande portée, avec l'incertitude qu'offre le tir dans ces conditions ; enfin, au point de vue du tir négatif, des pièces d'un calibre inférieur rempliront presque aussi bien le but auquel elles sont destinées. Dans ces conditions, il paraît préférable, tant qu'on restera décidé à protéger une partie de l'artillerie, d'affecter cette protection aux pièces les plus puissantes et de
les placer dans les réduits inférieurs, comme on Ta fait sur la Dévastation et les autres cuirassés similaires.
La hauteur d'axe des pièces (1) est sensiblement plus grande sur la Dévastation que sur les autres navires que nous lui comparons ; elle atteint 4*,73| tandis qu'elle n'est que de 3''|65 sur VAlexandra, 4", (5 sur le Kaiser et le Deutschland^ 4*^50 enfin sur les cuirassés pourvus uniquement de pièces en tourelles. Quant aux pièces en demi-tourelles, elles ont un commandement supérieur même à celles du Téméraire.
Formes. — Les formes extérieures de tous ces navires diffèrent peu entre elles au point de vue du moins du tracé des extrémités. On a abandonné presque partout les avants en fer de hache de V Hercules et de la plupart des cuirassés anglais pour adopter nettement l'éperon de nos navires. On a reconnu que cette disposition ne les empêchait pas d'évoluer convenablement ; les expériences du Marengo^ de V Océan ont clairement démontré que l'on pouvait» même malgré cet agrandissement du plan de dérive, obtenir de belles qualités gyratoires^ et, tandis que Favant en fer de hache se heurte contre la cuirasse en démolissant partiellement la coque, mais sans grand effet immédiat , Téperon vient chercher les parties non protégées de l'adversaire, et ceci sans qu'il résulte d'avarie sérieuse pour le navire abordeur.
La vitesse prévue est presque partout de i4 nœuds. La dis-
( t ) n finit remarquer à ce sujet que d*assei fréquentes erreurs doivent se produire dans les hauteurs de batterie, qui sont indiquées généralement sans que l*on fosse eonnaltre si les chiffres s'appliquent à la hauteur d aie des pièces ou à la hauteur des senilleU de sabords.
tance franchissable, fixée à 2000 milles à 10 nœuds sur la plupart des cuirassés d*escadre, dépassera notablement ce chiffre sur les cuirassés français.
Quant aux ressources que Ton peut trouver dans la voilure, il ne faut pas songer à alourdir ces navires d'une mâture exagérée, qui, par son fardage, pourrait créer des embarras, quelquefois même des dangers pendant le combat, et comme il est impossible, par suite, de leur assurer des qualités de voiliers, il faut se contenter de ce qui est strictement nécessaire pour tenir 1 a mer : une surface de voilure égale à quinze ou seize fois celle du maître-couple paraît suffisante pour cela. Pour les navires que nous venons de considérer, on s*est, en général, tenu audessus de ce chiffre; mais, en agissant ainsi, on se crée des difQcultes, on fait un emploi des poids disponibles qui peut donner lieu à de graves objections.
Il importe d'ailleurs que la mâture de ces navires soit d'une solidité exceptionnelle, qu'on puisse porter les voiles par tous les temps, et qu'au combat le gréement puisse être supprimé totalement, les mâts tenant par eux-mêmes; c'est ce qu'il est assez facile de réaliser par le moyen des mâts en acier.
La puissance défensive de tous ces navires reste encore dans des limites restreintes, si on la compare aux exagérations de protection que nous aurons plus tard à passer en revue, A la flottaison, nous trouvons comme épaisseur maximum 380 millimètres de fer sur la Dévastation; mais ce chiffre s'abaisse bientôt à 305 millimètres sur VAlexandra et les frégates turques, à 279 millimètres sur le Téméraire^ à 254 millimètres enfin sur les frégates allemandes Kaiser et Deutschland.
Sur les réduits, les épaisseurs sont moins différentes et varient entre 203 millimètres sur les cuirassés anglais et 240 millimètres sur les cuirassés français. A ce sujet, il est nécessaire de remarquer qu'il paraît peu pratique de donner des cuirasses d'épaisseur différente aux cloisons qui limitent les réduits aux faces avant et arrière ; sans doute, dans un combat d'escadre, la face avant est la première à soutenir l'effet des projectiles ennemis; mais, une fois le combat engagé, les navires se rencontreront bientôt, et, dès que ce mouvement sera exécuté^ sur ceux qui auront échappé au choc, ce seront les faces arrière des réduits qui auront à défendre l'artillerie et ses servants.
C'est une pensée qui parait avoir été perdue un peu de vue sur certains navires et qui peut être placée en regard de celle qui fait une part très-faible à la puissance offensive en retraite ; nous voyons, en effet, que dans certains cas deux pièces et même une seule, et des plus faibles, sont afiectées à ce rôle. Â ce point de vue encore, la Dévastation est dans d'excellentes conditions.
Prenons enfin un dernier terme de comparaison, le déplacement : pour atteindre toutes les qualités que nous venons d enumérer, Xd^ Dévastation exige 9630 tonneaux, chiffre presque identique à celui de VAlexandra, mais supérieur de SOO tonneaux à celui des frégates turques, de 1000 tonneaux à celui du Téméraire^ de 1500 tonneaux enfin au chiffre indiqué pour le Kaiser. Il y a là une différence assez sensible, qui se traduit par une augmentation du prix de revient et par un accroissement des difQcultés de manœuvre; mais ce n'est pas trop chèrement payer, pensons-nous, en admettant, bien entendu, le principe du cuirassement complet, les immenses avantages que
nous avons indiqués et qui font de la Dévastation le premier des navires cuirassés à réduit, c'est-à-dire des cuirassés d'escadre et de grande navigation.