‹ La Guerre de Course Dans le Passé Dans le Présent et Dans l’AvenirChapitre 7 sur 27 · BAR RE · texte numérisé non relu

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les Anglais de Boulogne, se vit obligé de demander au célèbre armateur Ango, de Dieppe, de lui prêter une flotte armée et équipée. Henri Il, ayant maille à partir avec le roi d'Angleterre, Édouard VI, ne trouva d'autre ressource que de faire appel aux corsaires malouins ; le 31 mars 1537, il les requit « à ce qu’au plutôt ils s’équipent, se jettent à la mer, courent sus et fassent de pis qu'ils pourront aux Anglais, promettant qu'ils ne seront tenus rendre prinses qu'ils feront, ne d’en payer aucun dixme ne autre droict ». Et ainsi fut lâchée sur le commerce anglais la plus vorace et la plus endiablée des meutes ; il ne devait pas être facile de réprimer ses instincts.

La prudence exigeait d’ailleurs que l'on ne s’aliénât point les armateurs, personnages puissants. L’un d'eux, Jean Ango, auquel eut recours François I°", est une célébrité. Par sa richesse, il devint l'égal des rois. Le Portugal ayant capturé un de ses vaisseaux, il équipa une flotte, l'envoya ravager les côtes du Portugal et bloquer Lisbonne ; le gouvernement portugais dut traiter avec l’armateur dieppois et lui accorder une forte indemnité.

Quelques années auparavant, un autre armateur, plus célèbre encore peut-être, Jacques Cœur, fils d'un orfèvre de Bourges, s'était enrichi au point de pouvoir meltre au service de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem une escadre de galères armées à ses frais, de donner à Charles VIT 200.000 écus d’or et d'entretenir de ses propres deniers quatre armées qui achevèrent de chasser les Anglais du territoire français.

Dans de telles conditions on comprendra que les souverains n'aient pu exiger la stricte observation des règle-

ments qui auraient empêché les abus; cela leur était

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presque impossible et il eût même été dangereux de le tenter. |

Une discipline trop sévère et une application trop rigoureuse des lois eussent en effet calmé l'enthousiasme pour la course ; voyant leurs profits diminuer, leur indépendance disparaître, armateurs et corsaires eussent beaucoup moins volontiers répondu aux appels des souverains et ainsi se füt affaibli, eut disparu peut-être,le seul moyen qui souvent leur restait de se défendre sur mer !

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