‹ La guerre de l'indépendanceChapitre 25 sur 40 · L EXECUTION · texte numérisé non relu

L EXECUTION

Conseil tenu à New-York le 26 mai. — M. de Barras décidé à rejoindre le comte de Grasse. — Les Français quittent New-Port (10 juin 1781). — Le duc de Lauzun devant le fort de Knyphausen. — Washington au camp français de Northcastle (5 juillet). — Les deux armées se réunissent et fraternisent à Philipsburg (6 juillet). — Fausses démonstrations devant New-York. — La grande reconnaissance du il juillet 1781. — Washington et Rochambeau endormis au pied d'une haie. — M . de Barras embarque l'artillerie de siège à New-Port et les 500 hommes de M. de Choisy. — On lève le camp de Philipsburg (19 août). — Entrée des Français à Philadelphie (3 et 4 septembre). — On apprend que l'amiral de Grasse a doublé le cap Henry avec 28 vaisseaux de ligne. — Joie de Washington. — Tentative des amiraux Hood et Graves à l'entrée de la baie de Chesapeak (o septembre). — Le comte de Grasse veut obliger Lafayette à marcher sur Yorktown avant l'arrivée de Washington et de Rochambeau. — Refus de Lafayette. — Arrivée des généraux et des deux corps d'armée devant Yorktown (14, 23 et 26 septembre 1781.) — To be : Etre.

Après l'entrevue de Westerfield, M. de Rochambeau proposa àM. de Barras de vider, en conseil, une question délicate. Pendant que l'armée française suivrait une base d'opérations avec l'armée américaine, M. de Barras pouvait se retirer à Boston. Ses instructions le lui permettaient. Mais Boston était à cent lieues marines de New- Port, et l'escadre devait embarquer toute l'artillerie de siège. Dans ces circonstances, la fusion des deux flottes n'était guère possible. Quand on veut réunir les gens, on ne commence jamais par les séparer.

Le conseil se tint le 26 mai. M. de Lauzun opinait pour la retraite des vaisseaux à Boston. M. de Chastellux offrait de maintenir le statu quo. La grande préoccu-

pation était de savoir si M. de Grasse, alors aux Antilles, aborderait sur une côte d'Amérique. M. de Barras déclara noblement: «Personne ne s'intéresse plus que moi à l'arrivée du comte de Grasse dans ces mers. Il était mon cadet. Il vient d'être fait lieutenant-général. Dès que je le saurai à portée d'ici,, je mettrai à la voile pour servir sous ses ordres. Je ferai encore cette campagne, mais je n'en ferai pas une seconde. »

On décida que l'escadre resterait provisoirement à New-Port. Washington lut informé.

Le 10 juin 1781, les régiments de Bourbonnais et de Pioyal-Deux-Ponts s'embarquèrent à New-Port. Destination: Providence. Distance à franchir: 30 milles. A 10 heures du soir, on abordait. On coucha les soldats dans des maisons inoccupées. Le lendemain arrivèrent les brigades de Soissonnais et de Saintonge. On campa.

M. de Barras n'avait plus, à New-Port, que quatre cents hommes du Sagittaire, treute artilleurs, et environ mille hommes des milices du pays. M. de Choisy commandait ce détachement.

Au camp de Providence, on compléta une organisation imparfaite. On fournit à l'artillerie les chevaux qui lui manquaient, et l'on veilla à ce que le service de santé et le train des équipages répondissent à tous les besoins.

Bévue des troupes par M. de Vioménil ; et en avant ! Le régiment de Bourbonnais, précédé de M. deBochambeau et de M. de Chastellux, s'ébranla le 18 juin. Puis l'on vit successivement s'éloigner de Providence, le

19 juin, Royal-Deux-Ponts, commandé parle baron de Vioménil; le 20, Soissonnais, obéissant au comte de Vioménil ; et, le 21, Saintonge, avec M. de Custine. On conserva, entre les groupes, une journée de marche; et, par des chemins défoncés, on fit cinq étapes de quinze milles chacune , en s'arrêtant à Waterman's Tavern, Plainfield, Windham, Bolton et Hartford.

Le journal de Cromot du Bourg1 porte: «A Windham, l'armée campa dans un vallon entouré de bois où le feu prit bientôt, on ne sait par quelle cause; on employa de suite trois cents hommes à l'éteindre, mais ils ne purent y parvenir. Le feu ne dévorait du reste que les broussailles et n'attaquait pas les gros arbres. Cet accident, qui serait effrayant et causerait un véritable désastre dans d'autres pays, est vu avec indifférence par les Américains, dont le pays est rempli de forêts. Ils en sont même quelquefois bien aises, car cela leur évite la peine de couper les arbres pour défricher le sol. Le 20, il déserta neuf hommes du régiment de Soissonnais, et un de Royal-Deux-Ponts. L'hôte de M. de Rochambeau, à Bolton, était un ministre qui avait au moins six pieds trois pouces. Il se nommait Colton, et il offrit à la femme d'un grenadier de Deux-Ponts, à son passage, d'adopter son enfant, de lui assurer sa fortune et de lui donner pour elle une trentaine de louis ; mais elle refusa constamment toutes ses offres. »

Les 25, 26, 27 et 28 juin, Bourbonnais, Royal-Deux- Ponts, Soissonnais et Saintonge, de Hartford, parvinrent

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