PRÉFACE. VII
en aura pas d'autres, et, par la force même des choses, la vieille amitié de la France et de l'Amérique brillera d'un nouvel éclat, amitié qu'aucun nuage n'a troublé et qui ne peut que grandir à mesure que se rapprocheront les institutions des deux pays.
C'est pour ranimer ces souvenirs, c'est pour réveiller ce passé glorieux, c'est pour donner à l'union des deux peuples un symbole parlant que nous avons eu l'idée de dresser, à l'entrée de la baie de New-York, une statue colossale qui porterait à la postérité la plus lointaine le souvenir de l'éternelle amitié de la France et de l'Amérique. A ceux qui, peu familiers avec l'histoire du dernier siècle, ont pu s'étonner de notre entreprise, nous conseillons la lecture des Français en Amérique. On verra que nous n'avons pas cédé à un vain enthousiasme. Un peuple qui néglige de si grands souvenirs est un prodigue qui jette au vent la part la plus précieuse de l'héritage paternel ; la force des nations est en grande partie dans leur histoire, et quand cette histoire a des pages aussi héroïques que celle de notre expédition des États-Unis, c'est un crime de les laisser perdre : c'est une œuvre patriotique, c'est un devoir filial que d'en ôter la poussière et de leur rendre l'éclat des premiers