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LE RECRUTEMENT DES OFFICIERS

Pour avoir une bonne armée, il ne suffit pas d'avoir des soldats. Il faut les encadrer solidement. Les sousofficiers expérimentés ne nous faisaient pas défaut, grâce à la loi sur les engagements. Peut-être aurait-on pu faire davantage et chercher à avoir des caporaux et des soldats de carrière, surtout pour la cavalerie?

Quant au recrutement des officiers, il s'est trouvé, heureusement, remarquablement assuré, malgré les discussions sans fin dont il avait été l'objet.

Essentiellement basé sur le grand principe, bien français, que tout soldat peut devenir officier et arriver aux plus hauts grades, sous la condition d'avoir ou d'acquérir un bagage de connaissances suffisant et dûment constaté, ce recrutement faisait chaque année l'objet de concours des plus sérieux, des plus équitables. Les candidats des corps de troupe, admis à la suite de ces concours, étaient dirigés sur les écoles de Saint-Maixent, de Saumur, de Fontainebleau, de Versailles; et après un an de séjour, de travail dans ces écoles, ils étaient entièrement prêts à faire d'excellents officiers instruits, complets, connaissant bien la troupe, au milieu de laquelle ils avaient vécu, plusieurs années, comme soldats et comme sous-officiers.

D'un autre côté, pour rehausser encore le niveau intellectuel de notre corps d'officiers, intervenaient les écoles de Saint-Cyr et Polytechnique. La mission de ces deux écoles est d'introduire dans l'armée une véri-« table élite intellectuelle, au milieu de laquelle le pays est sûr de trouver facilement, non seulement des officiers aptes à bien profiter du haut enseignement de l'Ecole supérieure de guerre, non seulemant des officiers

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d'état-major intelligents, instruits, laborieux; des pro- ,!j fesseurs capables de suivre et d'utiliser les progrès ^ réalisés dans tous les pays, dans toutes les sciences, ^; pour en faire profiter notre armée, pour améliorer sans îj cesse nos doctrines de la grande guerre; mais encore fi des officiers généraux connaissant aussi bien la troupe que le service d'état-major, et aptes par suite à exercer ; le haut commandement, dans les circonstances les plus" difficiles.... Et bien entendu, les officiers sortant des autres écoles concouraient aussi, pour atteindre les -: hauts grades. L'École supérieure de guerre, qu'on avait î complétée vers la fin par « le centre des hautes études / de guerre », était ouverte à toutes les capacités.

Il aurait été difficile de trouver une base de. recrute- ^ ment plus solide pour notre corps d'officiers. Le con- l cours par lequel on arrivait à nos écoles était impartial, i ouvert à tous, et en même temps très recherché, \ populaire. Les familles de toutes les classes étaient t fières de voir reçus leurs fils à Saint-Gyr, à Polytech- j nique. Chaque année, il se présentait pour ces écoles | quatre ou cinq fois plus de candidats, qu'il n'y avait de | places à donner. Et ces candidats étaient déjà une t sélection; dans les lycées ne se présentaient à Saint- | Cyr ou à Polytechnique que les élèves se sentant les I capacités voulues pour y arriver; et ce n'étaient pas les 1 derniers des classes. *

Aucune autre armée ne présentait de telles garanties i pour le recrutement de ses officiers, de ses chefs, i Nulle part, on ne trouvait une sélection aussi forte- ^ ment organisée et basée sur un niveau intellectuel i aussi élevé. j

C'était pour nous, pour la conduite de nos troupes, ! surtout au début de la guerre, un avantage inappré- ' ♦ciable, et qui en effet a eu de très heureuses consé- ' quences. Mais ce n'est pas sans peine qu'il avait pu être j maintenu. Les partis nouveaux, qui s'étaient donné • pour mission de réorganiser l'armée à leur façon, ; s'('taiont attelés à la réforme du in''''>iI''1'ip!i1 do nos ■

officiers, sans se douter apparemment qu'ils risquaient

«compromettre gravement la valeur de nos étatsjors, de notre commandement, et par suite la 'ense du pays.

Pendant plusieurs années, ils ont mené une campagne des plus vives « pour unifier les cours de Saint- Cyr et de Saint-Maixent ». Ne pouvant pas élever davantage les cours de Tune des écoles, ils ont voulu abaisser ceux de l'autre, réduire les connaissances exigées pour entrer à Saint-Cyr, ainsi que celles qu'on y acquérait.

Le niveau intellectuel de l'ensemble de-hotre corps d'officiers en aurait été abaissé; et cette diminution, se faisant sentir de sélection en sélection, aurait réduit, dans une forte proportion, les garanties de capacité que notre pays est en droit d'exiger pour nos étatsmajors, pour nos généraux.

Cette campagne n'a pas abouti. Elle a été enrayée, ^uand notre nation est intervenue, elle-même, avec indignation, contre d'autres agissements plus graves, qui ont failli compromettre la valeur morale, la cohésion de notre corps d'officiers et de l'armée tout Mfièr(\

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