‹ La guerre de libération, 1914-1918 (volume 2)Chapitre 13 sur 69 · LES CORPS DE TROUPES · texte numérisé non relu

LES CORPS DE TROUPES

Au point de vue capital de Torganisation des troupes, on est heureux de constater que,' grâce à des efforts persévérants, fructueux, nos corps de troupes ne se sont pas trouvés trop inférieurs aux Allemands, en ce qui concerne le nombre, et qu'ils les ont égalé largement, au point de vue de l'instruction, de l'entraînement, de l'installation matérielle.

Le nombre des régiments de toutes armes a été = doublé, depuis 1870, pour Tarmée active; triplé, qua- ] druplé, si Ton y joint la réserve et Tarmée territoriale. J Les exercices, les manœuvres ont été dirigés exclusi--] vement en vue de la guerre et ont donné les meilleurs i résultats.

Grâce à une impulsion ferme, intelligente, notre ' grande arme de l'infanterie, — la reine des bata'lles , — a pu se présenter à la guerre, dans des conditions^ parfaites d'instruction et d'entraînement. Tous les;] étrangers qui assistaient à nos grandes manœuvres ; étaient dans l'admiration devant notre troupier d'in-|;j fanterie, « le meilleur soldat du monde », gai, alerte, |:! vigoureux, plein d'élan; comme devant nos officiers,; si bien stylés pour donner l'exemple à leurs hommes^ et les entraîner dans le combat, si bien persuadés que j « l'offensive seule peut donner le succès à la guerre ». !^

Ces éloges étaient fondés. On sentait qu'il y avait Ik^ des qualités de race, dus au vieux sang gaulois, et'*i aussi de saines, d'excellentes traditions d'instruction| et de commandement. Les observateurs expérimentési pouvaient prévoir que nos fantassins ne se distingue-! raient pas seulement dans le combat par l'intelligence |^ et l'habileté avec lesquelles ils sauraient utiliser lejl terrain, par l'habileté dans le tir, l'endurance dans la marche, mais encore par leur esprit offensif, par leur ardeur à aborder l'ennemi à « la française », à la baïonnette, et par leurdévouement sans limites pour la patrie.

Nos régiments de cavalerie avaient fait des eflorts surhumains, pour être prêts, malgré les inconvénients énormes résultant spécialement pour eux de la loi de deux ans. S'ils péchaient un peu, au point de vue du nombre des cavaliers expérimentés, ils n'en étaient pas moins bien préparés à éclairer l'armée, à pousser des reconnaissances au loin, hardiment, à charger à fond la cavalerie ennemie, à intervenir par surprise, dans la bataille, contre l'infanterie et Tartillerie de l'adversaire.

Notre arme de Tartillerie n'avait pas oublié qu'elle avait une revanche à prendre ; qu'après avoir été, de tout temps, la première artillerie du monde, elle s'était laissée dépasser en 1870. Aussi avait-elle travaillé, avec 'une ardeur sans pareille, pour reprendre son rang, non seulement au point de vue du tir, mais encore à celui de l'habileté manœuvrière et de la souplesse nécessaires pour suivre et appuyer rapidement, énèïgiquement, l'infanterie dans ses attaques. C'est elle qui a mis en honneur, dès qu'elle a eu son merveilleux 75, le tir défilé, masqué, si utile pour dominer l'artillerie adverse. Tous ceux qui l'avaient vue à l'œuvre dans les manœuvres, ou dans les tirs, étaient convaincus qu'elle était bien redevenue la première. /

Dans les discussions, qui ont eu lieu à l'occasion de l'augmentation du nombre des régiments de l'arme, les officiers d'artillerie ont été unanimes pour réclamer le maintien de leurs batteries à 4 pièces, au lieu de 6. Ils prétendaient y trouver de grands avantages pour le commandement, le réglage du tir, l'efficacité dans la bataille. Ils ont eu gain de cause, et se sont présentés à la guerre dans les conditions qu'ils avaient demandées eux-mêmes et qui ont contribué à assurer leur supériorité pour l'artillerie de campagne. L'artillerie lourde n'existait qu'à l'état embryonnairCc

Le corps du génie a eu fort à faire depuis 1870. Il s'était chargé du grand service des pontonniers, des chemins de fer, de la télégraphie, etc. Sa préparation (Hait excellente pour ces^rosses et utiles besognes.

Quelques années avant la guerre, a été créée la quatrième arme, l'arme de l'air. Ce sont nos officiers, nos aviateurs, qui ont donné à cet égard l'exemple, l'impulsion à toutes les armées. Rien n'est comparable à l'habileté, la science, l'audace, l'héroïsme avec lesquels ils se sont lancés dans cette nouvelle carrière. Leur élan, leur dévouement ont donné, à l'avance, une haute idée de la valeur de tout notre corps d'officiers,

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au point de vue du sang-froid, de Fintrépidité, d( Tesprit de sacrifice.

Les perfectionnements relatifs à nos troupes d( réserve et territoriales ont été poursuivis lentement,? sagement. Il est incontestable qu'il y a eu <le grands^i progrès réalisés pour bien assurer la condition essen-'i tielle.de la solidité de ces formations, le recrutement^ des cadres — officiers et sous-officiers. — Néanmoins,! il reste encore bien à faire à cet égard; comme pour les|l moyens matériels d'assurer le maintien de l'instructiomi et de Tentraînement de ces troupes. Pour atteindre ceii résultat, il faudra de nombreux camps d'instruction; H nous en avons, mais pas assez pour nos troupes de;^ réserve, et aussi pour celles de l'armée active. t-j

Parallèlement aux perfectionnements relatifs aux»; corps de troupes de toutes armes, d'importantes amé-i; liorations, de nombreux remaniements ont été faits'' dans les grands services de l'armée. L'intendance a été*, doublée du grand service du contrôle, entièrement indépendant, et placé à la disposition du ministre de laH Guerre, pour la vérification de la gestion de tous les-^ services, pour la préparation du budget.... Le service î de santé a été rendu autonome: sa solide organisations a été heureusement complétée par la belle et puissante^ j création de la « Croix-Rouge »,si utile, si admirable^ de dévouement, d'abnégation. J

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