‹ La guerre de libération, 1914-1918 (volume 2)Chapitre 21 sur 69 · LE PERSONNEL · texte numérisé non relu

LE PERSONNEL

Les efforts réalisés en Allemagne pour la prépara tion du matériel de guerre avaient été, on le voitj^ remarquablement dirigés. Ceux qui concernent Ifj

LA PRÉPARATION DE l'aLLEMAGNE. 65

personnel des troupes ne le furent pas moins; et 'impulsion, qui leur fut donnée, indiquait nettement 'intention d'être prêt, non seulement pour se défendre, nais encore pour prendre Toffensive, brusquer Tattaque it chercher à déconcerter l'adversaire, dès le début de a guerre, à le terroriser.

Cette intention n'était pas dissimulée. Les grands îcrivains militaires allemands, Bernhardi en tête, ne •raignaient pas ^ de publier qu'il n'y avait pour 'Allemagne qu'un plan de guerre à suivre : écraser mmédiatement la France, en violant au besoin la leutralité de la Belgique et de la Hollande; se jeter msuite sur la Russie, plus lente à se mobiliser, et îontraindre ainsi l'Angleterre à la paix.

Pour pouvoir réaliser un plan pareil, il fallait avant eut une supériorité numérique d'effectifs écrasante, lès les premiers jours de la guerre. Des efforts persérérants, allant en augmentant d'année en année, furent aits dans ce sens. La dernière loi, celle de 1913, qui lous a enfin ouvert les yeux et à laquelle notre nation i riposté, si vaillamment, par la loi de trois^ ans, comportait, pour l'effectif de paix, un accroissement aumérique de 4 000 officiers, 15000 sous-officiers, U7 000 hommes, 27 000 chevaux. Et ces mesures, si dangereuses pour notre sécurité, ont été réalisées immédiatement après le vote de la loi.

En môme temps qu'elle augmentait ainsi l'aptitude

à « l'attaque brusquée » de ses 25 corps actifs^ l'armée

"^lomande s'occupait aussi d'accélérer l'entrée en ligne

- corps de réserve. Dans les années qui ont précédé

a guerre, de nombreuses convocations ont été faites

tour les hommes de la réserve — « L|indwehr » — ; et

us pouvions nous attendre à voir marcher, sans

der, derrière les corps actifs, de nombreux corps de

Landwehr » et même de « Landsturm », de troupes

i< rritoriales.

Pendant les grandes manœuvres, surtout dans les dernières années avant 1914, il apparaissait clairement

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que Fempereur poursuivait le but pratique de perfec^i tionner l'instruction des corps d'armée dans le sens^l de la bataille livrée de front par plusieurs armées;v Les partis en présence dans les manœuvres étaientî censés encadrés chacun dans une armée. Ils n'avaienll qu'à se heurter oft'ensivement dans une zone stricte^* ment limitée sur les ailes et à se préoccuper d'employei^ï au mieux leurs troupes pour arrêter, repousser, vaincrôi leur adversaire.

D'un autre côté, il était à remarquer que, dans le$!^ grandes manœuvres et un peu partout, on exerçaiil fréquemment les troupes à remuer de la terre, à fair^i des tranchées. La chose fut constatée notamment danâc les grandes manœuvres impériales de 1913, en Silésie,^ celles auxquelles a assisté le roi de Grèce et où il à^{ reçu son bâton de maréchf^l prussien. j

Au commencement de 1914, la préparation à la guerre, à la guerre offensive, était complète. La force de Farméô'^ allemande battait son plein. Comment ne pas voir dansij cette circonstance, si effrayante pour les voisins de? l'Allemagne, soit une tentation de profiter sans tardefi de cette avance qui paraissait irrésistible, soit l'inten-H tion, arrêtée depuis de longues années, de l'empereuiK Guillaume, de pousser, d'activer, de perfectionner sané»^ relâche ses préparatifs militaires, de rendre la puis'H sance de ses armées formidable et de s'en servir auda-î cieusement, brutalement, au moment même où elle^serait à point et où elle lui donnerait sûrement l'avan* ! tage sur ceux qu'il voulait écraser? ;

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