‹ La guerre de libération, 1914-1918 (volume 2)Chapitre 22 sur 69 · VI · texte numérisé non relu

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LE u GRAND ÉTAT-MAJOR » |

La persévérance, la méthode, la suite dans les idées, | l'entente de la grande guerre moderne, avec lesquelles | ont été poussés ces énormes préparatifs, doivent être \ attribuées un peu à l'empereur Guillaume, et surtout k j

:;elte admirable institution, qui a déjà joué un si grand :-ôle dans l'histoire de l'Allemagne, le « grand étatnajor » prussien.

Le « grand état-major », vieux d'un siècle, date des innées qui ont suivi léna. Il est basé sur l'Académie ie guerre de Berlin, où l'on reçoit chaque année, après m concours, 1^0 à 140 officiers. Après trois années l'études à l'Académie et trois années de stage au ( grand état-major », on en garde une vingtaine par m pour différentes situations d'état-major :

Les uns sont employés dans les états-majors de divisons ou de corps d'armée. Les autres servent au ( grand état-major », comme « attachés » pour la géographie, la topographie, la statistique, les renseignenents.... Enfin ceux de tout premier choix sont versés lans le « haupt-état », le cadre principal du « grand ;tat-major », et ne s'y occupent plus que de la prépaation à la guerre de l'armée et de leur propre prépaation : les uns étant destinés à former à la guerre l'étatïiajor du souverain généralissime, les autres les étatsnajors des armées.

Le chef de ce « grand état-major », si bien recruté, i bien organisé pour un travail suivi, persévérant, ructueux, n'a lui-même d'autre supérieur que l'empeeur, avec lequel il est en relations directes, constantes, ^e ministre de la Guerre n'est que l'administrateur de 'armée; il n'intervient en quoi que ce soit dans le ervice et les opérations du « grand état-major ».

C'est au chef du « grand état-major » seul qu'incombe, DUS la surveillance de l'empereur, la préparation, en emps de paix, de l'emploi des forces de la nation, et es plans de guerre tenus constamment à jour, ^endant la guerre, il est le major général des armées t aide le souverain généralissime à assurer — et •réâque toujours, comme l'a fait Moltke en 1870, il ssure lui-même — la haute direction des opérations.

Cette manière de comprendre le commandement upréme des armées se retrouve, en-dessous, dans tous

les commandements et états-majors des armées. L4l tradition, devenue loi en Prusse et en Allemagne, veuti que partout le chef d'état-major soit l'aide obligatoire du commandement, non seulement pour la transmis^ sion, la surveillance de l'exécution des ordres, maial même pour la conception, la préparation, la directions des opérations. \,

Il y a là un avantage précieux pour un pays, où dei souverains, des princes sont souvent appelés, à l'im-i proviste, pour exercer les plus hauts commandement»^

Dans les années qui ont précédé la grande guerre, le( poste de chef du « grand état-major » a été rempli pai« le général von Moltke, le neveu de l'illustre maréchal] de 1870. Ce ne fut pas sans hésitations qu'il accepta c« rôle écrasant. Il objecta qu'il ne se sentait pas certaini d'avoir lés capacités nécessaires. « Soyez sans inquié^ tude, lui aurait répondu l'empereur, c'est moi quij serai le major général. » C'était lui dire : « Vous n'aveai pas confiance dans vos talents, moi j'ai foi dans leï^ miens. Je vous dirigerai .»

La réputation du « grand état-major » allemand étaiij universelle, au moment où la terrible guerre de 1914 d éclaté. Partout on Je regardait comme inimitable^ impeccable. Il servait de modèle aux armées du mondfi entier. Et il est certain que sa haute valeur, sa hauUi compétence, sa situation privilégiée inspirant un<i confiance illimitée à toute TAllemagne, constituaien I une très grande force pour nos ennemis. i

Toutefois, il ne fallait pas oublier que sa renommée i datait surtout des guerres de 1866 et de 1870; que dan; \ ces guerres les commandements autrichien et françai: 1 avaient été d'une inertie, d'une nullité absolues; qu< j depuis cette époque, nous avions fait de grands i d'énormes progrès, au sujet du haut commandement ^ comme des états-majors; et que le « grand état-major \ allemand pourrait bien trouver à qui parler.

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