‹ La guerre de libération, 1914-1918 (volume 2)Chapitre 24 sur 69 · ALLIES DE L ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

ALLIES DE L ALLEMAGNE

rAiilriche. L'Italie est une grande nation de formation récente. Les sympathies de son peuple — les garibaldiens Font prouvé en 1870 et en 1914 — vont à la France, qui a joué le grand rôle dans l'établissement de son unité. Mais, par cela même que cette unité ne datait pas de loin, l'Italie était forcée de veiller à ses propres intérêts, mieux encore que les autres nations plus anciennement, plus solidement installées qu'elle. En 1866, elle s'est alliée à l'Allemagne, pour achever de se dégager de l'étreinte de l'Autriche. En 1870, elle resta neutre. Puis, après notre défaite, elle entra dans la Triple alliance; et pendant de longues années parut très ardente pour ses relations germaniques. Dans les Alpes, le contact des troupes françaises et italiennes laissa souvent à désirer; il se produisit plusieurs incidents militaires sur notre frontière, dont le tracé est du reste insuffisant et aurait besoin d'être perfectionné.

Cette situation fut modifiée par notre alliance avec la Russie, et surtout par notre entente avec l'Angleterre. Tant que nous étions seuls dans la Méditerranée, ritalie pouvait espérer lutter contre notre flotte avec l'appui des marines autrichienne et allemande; mais il n'en était plus de même si les Anglais se joignaient à nous. Une action commune de ces deux flottes devait créer un danger irrémédiable pour les côtes de l'italib et celles de sa récente conquête, la Libye.

D'un autre côté, l'Italie ne pouvait voir qu'avec inquiétude l'avance de l'Autriche et de l'Allemagne dans les Balkans, et surtout vers l'Adriatique où elle cherchait à conserver sa liberté d'action. Et puis il y avait l'ambition, si tenace, si justifiée, de son peuple, de reprendre à l'Autriche Trente et Trieste.

Rien n'était donc moins sûr, en 1914, que l'intervention de l'Italie pour l'Allemagne, surtout si la guerre n'était pas motivée par les considérations de défense prévues par la Triple alliance. On pouvait même escompter, presque à coup sûr, sa neutralité, dans le cas où TAngleterre se joindrait à la France.

7â LA GUERHE DE LIBERATION 1914-1918.

L'armée italienne avait beaucoup progressé, depuis 1870, sous l'influence des idées militaires allemandes.

Bien instruite, bien entraînée, elle pouvait mettre sur pied plus d'un million d'hommes, appuyés par de très fortes réserves.

En 1914, son artillerie était en transformation. Elle venait d'adopter un canon français de 75, système Déport.

A la suite de la conquête de la Libye, elle avait accru son contingent annuel de 30 000 recrues et tendait à porter son effectif de paix à 300000 hommes.

Pour la marine, elle veillait à surpasser sa rivale en Adriatique, l'Autriche.

En 1914, elle avait tout près d'une escadre moderne de 8 cuirassés, appuyés par des éclaireurs en nombre suffisant.

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