LE GENERAL J OFFRE
Le général JolTre, qui a été le dictateur militaire d^;j la France pendant la période des grands périls di début de la guerre et dont les qualités ont eu un<
luence si considérable sur les destinées de la France du monde entier, est né en 1852 à Rivesaltes, dans • Pyrénées-Orientales, la contrée ensoleillée des vins auds et généreux.
De bonne heure, au lycée de Perpignan, il se di^igue par ses aptitudes pour les mathématiques. C'est i travailleur, un calculateur. Entré à TÉcole polytechi|ue très jeune et dans un très bon rang, il en sort, à guerre de 1870, pour servir comme sous-lieutenant 1 génie, dans l'armée de Paris. Après la guerre, dès l'il a terminé ses études, il est employé comme ticier du génie dans les nombreux travaux de fortifî- ' )n de l'époque; puis aux colonies, au Tonkin, à ;iose.... En 1892, au Soudan, il se révèle comme mmandant de troupes, dans son rôle de chef du corps péditionnaire qui occupe et fortifie Tombouctou. Puis, après la conqtiête de Madagascar, il reprend 3 fonctions d'ingénieur et fortifie le port de Diégolarez. De retour à Paris, il est directeur des services 1 génie au ministère de la Guerre. En 1905, il est mverneur de Lille. Enfin, il est appelé au commanîment du 2" corps à Amiens; et en 1910, il entre au 3nseil supérieur, pour s'y occuper tout spécialement î l'organisation des grands services de l'arrière. Jusque-là sa carrière ne paraît pas le pousser vers les us hauts commandements. Et cependant en 1911, îvinant ses qualités élevées de caractère et de puistnce de travail, le gouvernement lui confie les fonçons de chef d'état-major général de l'armée, qui 3naient d'être réorganisées, augmentées par l'excellent ^cret Messimy. 11 lui donne ainsi la haute main sur )us les services d'état-major et la préparation à la uerre, et le désigne pour prendre en cas de guerre le îmmandement de nos armées du Nord-Est.
Le général Joffre s'est donc trouvé avoir toutes les icilités pour se préparer sûrement, complètement à 3n grand rôle de commandant en chef. Et ces trois nnées de préparation, il a su les employer avec une
persévérance, une hauteur de vues, pleines de pro^ messes pour Tavenir.
Ce fut la première fois, depuis 1870, que l'un de nogs généralissimes éventuels a pu se préparer dans de*i conditions aussi satisfaisantes, aussi complètes. Il y £{ eu là pour notre pays une circonstance des plus heu-i reuses, et même — on ne saurait trop le répéter — ^ providentielle.
Le général Joffre n'a pas tardé à se montrer trèf^ intelligent, très fin, plein de calme, d'un esprit trèî) ferme, très énergique et surtout bien pondéré ; aiman 1 plus agir que parler, comme autrefois notre granc»; Turenne.... Grand, fort, solidement charpenté, il avai I l'abord d'une grande simplicité; et sous ses sourcil I broussailleux son regard était d'une bienveillance j paternelle. Nos « poilus » ne s'y sont pas trompés; ilH lui ont donné leur entière confiance, tout en l'appelan 1 « Papa Joffre ».
De tout temps, la chance a joué un grand rôle, noi j seulement dans les opérations de la guerre, mais danu î la désignation des hommes chargés de la diriger Lorsque la guerre éclate et met brusquement un« j nation en danger de vie ou de mort, il importe essen ^ tiellement que la direction de ses affaires puisse êtri l confiée à des hommes non seulement connus pou i leurs capacités, la hauteur de leur caractère, leur puis < sance de travail, mais encore en pleine possession 4' | ces moyens.
Ces conditions sont souvent difficiles à réaliser. Il; i a des hauts et des bas à cet égard dans la vie é^ peuples. En 1870, nous étions dans la mauvaise passe
Au contraire, dans la « guerre de libération », notr pays a pu toujours trouver l'homme qui convenait au situations les plus difficiles. Pour la période troublée périlleuse, du début des hostilités, le maréchal Joffre pour abattre énergiquement, magistralement, définit) vement le formidable édifice de la puissance railitair allemande, le maréchal Foch. Au point de vue poli
ique, n'est-ce pas une chance d'avoir pour président de 1 République un homme de grand talent, de grande lévation d'esprit, comme M. Poincaré, qui avait touours réussi ses entreprises, qui avait « son étoile »? Et, [uand il s'est agi de réagir contre le défaitisme, d'activer a guerre, l'opinion publique a pu désigner, sans hésiation, l'homme qui convenait à la situation, M. Clenenceau.
La Providence a été pour la France.