‹ La guerre de libération, 1914-1918 (volume 2)Chapitre 35 sur 69 · EN LORRAINE · texte numérisé non relu

EN LORRAINE

Dès sa concentration terminée, la 1'"'' armée, sous les ordres du général Dubail, après avoir conquis les cols alsaciens jusqu'au Donon, s'était avancée vers Sarrebourg et donnait la main, en Lorraine, à la 2" armée — de Castelnau. — Celle-ci s'était portée énergiquemenl en avant, dans le pays annexé jusque vers Morhange, après avoir fait plier les avant-postes ennemis et occupa Dieuze, Château-Salin, Delme.

Mais alors, elle se heurtait à l'armée allemande du prince Ruprecht de Bavière, renforcée à la hâte el fortement retranchée dans des positions bien organisées s'étendant de Morhange à Sarrebourg; et bientôt nos adversaires prononcèrent une contre-attaqui

1. En Alsace, rAUemand est appelé « Schwob », depuis des siècles probablement depuis la première occupation des Souabes, ai V siècle. Le mot « Schwob » alsacien, correspond exactement a' « Boche » de nos poilus, il est le synonyme de barbare, brutal ivrogne, fourbe, déloyal.

3S plus énergiques, des mieux préparées par leur 'tillerie. L'une de nos divisions, postée au nord de ieuze, fut écrasée par le nombre, par le feu converent des Allemands, et céda à un ipouvement de paniue. L'ordre de retraite fut donné sur toute la ligne de os deux armées.

Il n'y a pas à chercher à excuser cette division, qui vait fait vaillamment son devoir les jours précédents, t qui Ta fait depuis, dans de nombreux combats, avec i plus grande énergie. La panique s'est montrée de )ut temps, dans les meilleures armées, dans la nôtre 3 soir de Solférino, dans l'armée allemande, en pleine ictoire, le jour de Saint-Privat. C'est un phénomène loral, qui est du domaine de la psychologie des foules, t qui est d'autant plus dangereux quil éclate brusuement, et permet difficilement aux officiers d'interenir et d'arrêter leurs hommes.

Sur le moment, la presse et le public ont eu raison ['être sévères; mais tout fait croire, qu'après la guerre, [uand on connaîtra les rapports officiels, la division era lavée de cette défaillance tout à fait passagère.

Après cette funeste journée du 20 août, la V armée ;e replia, en combattant vaillamment, au sud de Lunédlle, dans les Vosges françaises, où elle ne tarda pas i reprendre l'offensive et à contribuer avec l'aile droite le Castelnau à interdii-e aux Allemands toute avance lans la trouée de Charmes.

Le gros de la 2^ armée s'arrêta sur les superbes positions, bien organisées, du « Couronné de Nancy », où allé fut bientôt attaquée, violemment, par les Allemands. Le bombardement fut formidable, les assauts succédèrent aux assauts, surtout pendant que se livrait, plus à l'Ouest, la bataille de la Marne. Mais les efforts furieux de nos ennemis se brisèrent contre les excellentes dispositions du général de Castelnau, contre la vaillance, l'énergie, les contre-attaques de ses troupes héroïques, renforcées à temps par la garnison de Toul. L'empereur Guillaume était sur les lieux, prêt à faire

une entrée triomphale à Nancy; mais sa présence neî suffit pas à donner la victoire à ses troupes; il fit| demi-tour, avec sa brillante escorte, après avoir consH taté les pertes effroyables de ses corps d'armée.

Le général J offre félicita chaudement le général dei Castelnau et sa vaillante armée, qui avaient bien méril^ de la Patrie. ,

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