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CHAPITRE III LA BATAILLE DE CHARLEROI

LES PRELIMINAIRES

'Ddant que les opérations précédentes s'accomplis- Mit à notre extrême droite en Alsace-Lorraine, avec 1" et S'' armées, le général Joffre avait achevé de iidre les dispositions nécessaires pour être prêt à l événement, vers le Nord, avec nos trois autres ées et Tarmée anglaise.

droite de son dispositif, se tenaient au nord de

-idun, sur la rive est de la Meuse, nos deux armées

" — général Ruffey, et 4^ — général de Langle de

lary — , échelonnées de Spincourt à Mézières; la 3^ sur

? Chiers, la 4^ derrière la Semoy. En avant de ces

a'^es, notre vaillante place de Longwy était cernée et

ibardée par les Allemands dès le 11 août; elle résista

{u'au 27 août.

\ notre gauche, Tarmée Lanrezac — 5*^ armée — lent renforcée, avait été poussée à l'ouest de la ise, entre le sud de Namur et le nord-est de Maniée, formant un échelon lointain au nord des troupes :^^auche de la 4^ armée, et obligée par suite de garder Meuse sur un long parcours, pour protéger son flanc

et ses derrières contre les incursions de Fennemi. A li gauche de Tarmée Lanrezac, Tarmée anglaise — marn chai French — terminait le 21 août la concentration c j ses deux corps d'armée; elle occupait le front Binch<j Mons, Condé.

Plus loin, des groupes de territoriaux surveillaier i la frontière et couvraient la gauche de l'armée anglaise i dans la région de Lille \ hélas! déclassée.

Devant ces armées alliées, les énormes masses é\ manœuvre des Allemands, cinq fortes armées, appuyées par de puissantes réserves, avaient envahi le Luxeni bourg et la Belgique, et s'avançaient lentemeni comme si elles avaient voulu fournir à notre haij commandement l'occasion de s'enfoncer en Belgique afin de pouvoir l'y envelopper. Elles donnaient la mai^ par Metz à leurs armées de Lorraine et d'Alsace; et; n'en pas douter, elles cherchaient la bataille, guettaieif l'occasion de nous attaquer, en pivotant sur leur aili gauche de Metz, en manœuvrant pour nous déborder par l'Ouest, et en finir du premier coup avec nos arméèj du Nord.

Que pouvait-on faire en face de cette situation rendue effroyable par l'avance et l'énormité des masse' ennemies? Sans doute, avec nos idées actuelles, nott^ aurions pu nous tenir sur la défensive, le long de ï' frontière, en nous couvrant de tranchées, de fils de î^ en organisant de fortes réserves en arrière des poiœ les plus menacés, et attendre pour contre-attaqiA énergiquement. Mais au début de la guerre, personii en France n'aurait approuvé cette manière de combattAi ni dans le public, ni dans l'armée, ni probableme dans le gouvernement. Tout le monde était pour l'offe si\*e, l'offensive à outrance. La défensive eût été com dérée comme un retour à l'inertie de Bazaine.

1. La ville de Lille n'était plus cousidérée comme une place foi Elle avait été déclassée en avril 1914; et l'on en avait déjà enl« une grande partie des canons, des approvisionnements, de la g^ nisoo. ";

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Et puis, en France, en Angleterre, aurait-on admis le nous ne marchions pas, le plus tôt possible^, au cours des Belges si héroïques, si atrocement malaités par nos exécrables ennemis?

LA BATAILLE

Le général Joffre se décida à attaquer, — peut-être ms grande conviction. — Il donna ses ordres le ) août dans la soirée pour -une offensive générale sur )ut le front du Nord et indiqua à chaque armée sa one d'action.

Les conditions, dans lesquelles cette bataille fut ngagée, nous étaient peu favorables. Pour les appréier à leur juste valeur, il sera bon d'attendre la publiaiion des rapports officiels. Quoi qu'il en soit, la •arole était aux actes, à la vaillance de nos troupes; et lies répondirent à cet appel avec un héroïsme poussé usqu'à la témérité.

Malheureusement, tout en faisant des prodiges de aleur, nos armées de droite, 3° et 4% se heurtèrent )ientôt à des organisations défensives puissantes de 'ennemi et firent connaissance avec les réseaux de fils le fer. Elles ne purent réussir à entamer leurs adversaires.

La 3*^ armée — Ruffey — au nord de Verdun sur le Cîhiers, avait été réduite, le matin même du début de l'action, à sept divisions. Elle ne s'en porta pas moins énergiquement à l'attaque et fit plier les troupes ennemies de divers côtés, surtout devant ses 4^ et 6^ corps. L'artillerie de ces deux admirables corps fut aussi remarquablement employée et en bien des endroits, notamment du côté de Virton et de Bazailles, elle fit tomber sous ses projectiles de 75 des monceaux de cadavres. La 3° armée se replia par ordre, au bout de 3 jours, ayant vaillamment tenu tête, malgré leur supé-

riorité numérique, aux armées du « Kronprinz > . prince héritier d'Allemagne.

La 4^ armée — de Langle — dans les Ardennes, porta résolument en avant. Arrêtée par les tranché ennemies, puis violemment contre-attaquée par ] troupes du duc de Wurtemberg, elle se battit av acharnement et finit par se replier en très bon ordi en conservant son moral intact, vers ses positions départ.

A notre gauche, la 5^ armée — Lanrezac — avait marcher à l'ennemi, sur le front Namur, Gharleroi ( plus à rOuest, contre la grosse armée von Bûlow, to i en se gardant, sur son flanc droit et ses derrière i contre Farmée von Hausen qui cherchait à passer \ Meuse vers Dinant et même Givet. Nos troupes fure i admirables d'entrain, d'élan, surtout entre Namur \ Gharleroi, où se signalèrent le 1^*" corps qui, sous Ij ordres du général Franchet d'Espérey, manœuv; \ comme sur le terrain d'exercice, et les troupes c i général Mangin. Et néanmoins, gravement menacé si i son flanc droit et ses derrières, vivement attaqué ( \ front, débordé sur sa gauche par les Allemands qi j avaient pris l'initiative, le général Lanrezac fut obligi de se replier le 23 août.

A sa gauche, l'armée anglaise eut, le 22, de brillan i engagements de cavalerie. Le lendemain 23, elle f i sentir durement aux forces ennemies la valeur de s( ! chefs et de sa redoutable infanterie. Puis menacé] d'être enveloppée par la puissante armée von Kluck €i les masses de cavalerie allemande, voyant notre armé i Lanrezac se retirer, elle battit en retraite le 24; et i force d'énergie, malgré les attaques furieuses d\ l'adversaire, elle réusit à atteindre la ligne Jeulaici Maubeuge *. |

1. A notre extrême gauche, les groupes territoriaux commandé^ par le général d'Amade, n'intervinrent pas dans la bataille; mais ûi lurent utiles à l'armée anglaise, au début de sa retraite. i

Quant à la place de Lille, il est probable que c'est sur la demand I

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Dans la soirée du 23, le général Joffre avait estimé Me prolonger la lutte dans ces conditions, c'était faire 3 jeu de Tennemi et braver la désorganisation, Fanéanissement de nos armées. Il donna Tordre de rompre le ombat et de se replier sur les emplacements de couerture. Exécutée à temps, avec une grande énergie lalgré la gravité du moment, cette opération si difficile, i périlleuse, se fit avec un ordre parfait et eut les onséquences les plus heureuses, quoique nous abanonnions aux Allemands une partie de notre territoire.

Nous étions battus, sans avoir été engagés à fond tar le haut commandement. La première rencontre vec l'ennemi a tourné à notre désavantage. Les causes e cet échec ont été incontestablement la supériorité .u nombre, la supériorité écrasante de préparation de lOS adversaires et leur violation cynique de la neutraité de la Belgique.

Comme critique de détail, on a signalé un excès .'entrain de nos troupes, un manque de liaison entre nos ifférentes armes. Notre infanterie avait été de l'avant, ans attendre les canons, emportée par son élan, son aordant, son désir d'aborder l'ennemi et de lui Qontrer ce que valent les baïonnettes françaises.

C'était incontestablement une exagération qui nous

valu des pertes sanglantes. On a bien fait de réagir entre l'exagération. Mais qui oserait blâmer la qualité lle-mème, le merveilleux élan, dont la France a le

roit de s'enorguellir, et qui a fait à travers les âges la upériorité, la gloire de notre infanterie? Qui oserait eprocher à nos héroïques Saint-Cyriens d'avoir voulu

aller au feu en gants blancs, et plumes au vent )>?

Conservons précieusement au fond du cœur de nos oldats leur admirable esprit offensif, leur mordant, 3ur (c cran », leur joie de pouvoir enfin se jeter sur 'ennemi; sauf à laisser aux officiers supérieurs et aux

es autorités civiles locales, que le gouvernement a maintenu son éclassement et donné l'ordre de ne pas la mettre en état de défense.

généraux le soin de ne permettre le déclenchement dd ces superbes qualités qu'après avoir donné à rartillerin le temps d'ouvrir le chemin à cette glorieuse ardeur»

D'où est venue cette lacune dans Tinstruction d«i nos troupes? Peut-être de ce que dans nos grande^ manœuvres du temps de paix les considérations d«j tactique et de stratégie, la préoccupation défaire uni belle manœuvre, ont fait parfois oublier ramélioratio)« de l'instruction de la troupe, au point de vue de Texé cution dans le combat, de la concordance des effort I des différentes armes, des mesures à prendre pom limiter les pertes, tout en agissant vaillamment, éneit giquement. « L'art de la guerre, a dit Napoléon, est us art simple et tout d'exécution... » C'est l'exécution pai la troupe qu'il faut surtout soigner dans les manœuvre \ de paix.

Quoi qu'il en soit, il a suffi de quelques mots d\ généralissime pour remettre les choses en état.

Tout en se gardant d'un excès d'ardeur, nos troupe \ ont su conserver leurs qualités d'entrain, de glorieu i élan dans l'attaque. Et nous allons les voir réalise i des prodiges non seulement d'héroïsme, mais d'hab ^ leté manœuvrière et d'entente de la guerre, dans h i grosses opérations et les grandes batailles où va h ! engager le général Joifre, maintenant que seul ave ' lui-môme, libéré par le danger de toute préoccupatio i étrangère à la guerre, devenu le dictateur militaire, i va, la tête froide, prendre les graves décisions qui oi j sauvé la Patrie. * ;

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