CHAPITRE PREMIER SUR LE FRONT RUSSE
Pendant que, sur le théâtre d'opérations de France, étaient déroulés les grands événements de Charleroi, e la Marne, des Flandres, et qu'après Téchec retenssant de leur plan d'écrasement de nos armées, les llemands s'étaient résignés à installer, sur le front de rance, pour de longs mois, la dure, pénible, intermiable guerre de tranchées, une grande activité avait 3gné sur le front russe, due tantôt à l'initiative de otre vaillante alliée, tantôt, quand les circonstances 'ur permettaient d'amener de gros renforts, à celle des ustro-Allemands.
i Au début, l'intention de nos ennemis était d'immoiliser les forces russes, de contrarier leur mobilisation, ii'ils estimaient devoir être très lente, et, dans ce but, s avaient mis sur pied : pour défendre la Prusse oriende, une armée allemande de quatre corps d'armée ; ; 3ur envahir la Pologne russe, trois armées autri- I tiennes et un détachement d'armée allemande ; pour
défendre la Galicie orientale, une quatrième armé| autrichienne.
De son côté, la Russie avait hâté la mobilisation éi la concentration de deux de ses armées, en face de 1© Prusse orientale, et de deux autres, en face de 1é< Galicie. Un troisième groupe d'armées, à mobilisation plus lente, se concentrait en Pologne, à l'est de la Vis<( tule, entre Varsovie et Brest-Litovsk. :
Le grand-duc Nicolas-Nicolaevitch avait le commani dément suprême des armées russes. Pour venir ei! aide à ses alliés de France, qui avaient sur les bras ii peu près la totalité des redoutables masses allemandes% il n'hésita pas à engager, dès les premiers jours de 1 j guerre, tous ses groupes d'armées.
Dans le Nord, ses deux armées envahirent la Pruss i orientale. L'une d'elles, l'armée Rennenkampf, fran î chissait la frontière allemande, dès le 17 août, attaquai i énergiquement les Allemands à Gumbinnen, les battait i continuant sa marche, s'avançait jusqu'à quelque ] kilomètres de Kœnigsberg et déchaînait la paniqu i dans les populations prussiennes de l'Est et même d i Berlin.
En même temps, l'autre armée russe — Samsonc i — atteignait Soldau au delà de la frontière sud de J \ Prusse orientale. |
Bientôt, grâce à leur excellent réseau de chemins c fer, les Allemands renforcèrent leurs troupes de : Prusse orientale et mirent à leur tête le vieux génér von Hindenburg, qui, bien secondé par son chef d'éta major Ludendorfï, sut profiter habilement de sa situ tion dans la région difficile des lacs de Mazurie, ent les deux armées russes, pour tomber successivemei sur ses deux adversaires. Il les battit l'un après l'autr notamment à Tannenberg*, les rejeta au delà de
1. En Allemagne, on s'est empressé de faire de Hindenburg Téf d'Annibal et de montrer que la bataille de Tannenberg, da laquelle Hindenburg réussit à attirer les Russes de Samsonow da
. jiitière et les poursuivit vers le Niémen — àl a grande joie des Berlinois, qui depuis regardèrent Hindenburg 30mme leur sauveur. — Mais alors, nos vaillants alliés revinrent à la rescousse, infligèrent une défaite sanglante à Hindenburg, à Augusiowo, et le forcèrent à 56 replier derrière les lacs de Mazurie, dans les premiers jours d'octobre 1914.
En même temps, les armées russes du Sud — Rousski 4 Broussilof — envahissaient la Galicie orientale et nattaient les Autrichiens à Lemberg, le 8 septembre. Bientôt, Przemysl fut investi, et nos alliés, continuant leur progression, ne tardèrent pas à occuper toute la Galicie, le long des Carpathes, jusqu'aux abords de Gracovie.
Ces progrès avaient été puissamment aidés par le groupe des armées russes du centre, qui furent poussées rigoureusement en avant, dès que leur masse, concentrée derrière la Vistule, fut suffisante. Elles attaquèrent les armées autrichiennes qui avaient atteint la ligne Lublin-Kholm, les battirent au commencement le septembre et les refoulèrent vers la Galicie.