‹ La guerre de libération, 1914-1918 (volume 2)Chapitre 58 sur 69 · LE SERVICE DES TRANCHÉES · texte numérisé non relu

LE SERVICE DES TRANCHÉES

^ Une bonne organisation de tranchées comprend plusieurs lignes successives : En avant de la première est installée la tranchée de combat, souvent double, tout près de celle de l'ennemi, parfois à vingt, trente mètres. C'est là que sont placés les bons fusils, les grenadiers, les postes d'écoute.

Derrière cett,e « avant-ligne » de combat, se succèdent Jes tranchées de défense de première ligne, solidement jtallées, les unes derrière les autres, pour résister

^Ktalié

coûte que coûte, et reliées entre elles par des boyauîi de communication.

Plus ou moins loin en arrière se développent les tran i chées de deuxième ligne, étayées par de solides pointn d'appui, villages, fermes, carrières, etc. fortemen j organisés pour la défensive.... Enfin, viennent leM emplacements pour les réserves destinées auxattaquei^ ou aux contre-attaques, l'installation des batterien d'artillerie de tout calibre, et, plus en arrière encore ^ des « positions de repli », soigneusement fortifiées....

Devant les lignes, des réseaux de fils de fer barbelés i solidement fixés au sol. A l'intérieur des tranchées, deH créneaux pour le tir, des postes d'observation, deH dépôts de munitions, des emplacements où les hommes^ puissent se reposer autant que le permettent d'autres»! ennemis, plus rapprochés que les Allemands, les rats... \ et, de loin en loin, de forts abris souterrains, contre Iti bombardement, où s'installent les hommes, à Texcep-i tion de quelques observateurs, pendant les longuesi périodes de canonnade, qui précèdent souvent lesî attaques de l'ennemi.

La tranchée n'est pas seulement destinée à la défense,] à la conservation du terrain; elle est essentiellement*! agressive, et l'on doit s'y ingénier pour rendre dange-J reuses, intenables les tranchées de l'adversaire. De là^.i l'emploi de bons tireurs, de mitrailleurs bien placés^ pour atteindre l'ennemi dans ses lignes ou dans ses ; communications, de grenadiers, d'hommes chargés des^ engins, de canonniers servant les petits canons de o8*j ou les gros mortiers de 240... pour poursuivre, haras- 1 ser, tuer l'ennemi jusqu'au fond de ses abris, souvent à?j l'aide de torpilles à ailettes. ;

Cela ne suffit pas. Il importe encore d'attaquer, de| pénétrer fréquemment dans les tranchées adverses,! pour y faire travailler la baïonnette, « la Rosalie », de nos soldats, pour ramener des prisonniers. Souvent aussi on fait de fausses attaques, pour attirer l'ennemi et le cribler de grenades et d'autres projectiles. \

V'riodiquement, les troupes de tranchées sont "vées et vont à Tarrière, dans des cantonnements, e refaire, « se rafraîchir », se remettre à la manœuvre, . la marche, se maintenir en haleine pour pouvoir éprendre la guerre de mouvements, s'entraîner pour es grandes attaques de tranchées.

Ces grandes attaques nécessitent une préparation oute spéciale, dont les méthodes se sont perfectionlées de mois en mois, — nous en reparlerons à propos les grandes attaques de l'Artois et de la Champagne.

Ce sont là, avec les ravitaillements, avec les perectionnements constants de l'installation, les éléments îssentiels de la vie journalière de nos hommes dans les ranchées ; et nos troupiers, « nos poilus » si gais, si ntelligents, si « débrouillards », si ardents à la lutte, l'ont pas tardé à y exceller

Vers la fin de la guerre, les Allemands ont remplacé es lignes successives de défense par des zones de léfense. La première zone est celle des trous d'obus, des entonnoirs, qui ont remplacé les tranchées d'avant-ligne. Test la zone de couverture, de combat journalier. Puis ient la zone de grand combat et, un peu plus loin, me ou plusieurs zones de combat arrière.

Chaque zone comprend, échelonnés en profondeur, les tranchées, des points d'appui, des boyaux, des nids le mitrailleuses, des positions d'infanterie, d'artillerie, ;n « camouflant » les organes de défense pour les sousraire aux vues et aux tirs de l'artillerie ennemie, et, )ar-dessus tout, de bonnes communications, pour que es ditîérentes zones puissent s'entr'aider.

Notre haut commandement a dû prendre des mesures malogues en bien des endroits de notre front.

Page 1