COUP D'ŒIL D'ENSEMBLE
ins les premières semaines de 1916, la situation généd\e des Alliés se présentait comme très satisfaisante.
Sur le front de France, nos armées bien aguerries, ien entraînées, animées du meilleur esprit, s'étenaient toujours de la mer du Nord .à la Suisse. Et entrée en ligne de nouvelles et nombreuses armées nglaises, dues aux superbes, puissants efforts de la Grande-Bretagne, ne tardait pas à permettre d'apporter is plus heureuses modifications à notre ordre de ataille.
Tout le front, depuis les environs de Dixmude jusqu'à 1 Somme, allait être tenu parles armées britanniques, ous le haut commandement du général Douglas Haig, uccesseurdu maréchal French. A leur gauche jusqu'à \ mer du Nord, il ne restait plus que le corps français lély d'Oissel et l'armée belge. A leur droite, se tenait otre 6'^ armée, général Fayolle. Le général Foch était oujours à la tête du groupe d'armées du Nord.
Le groupe d'armées du Centre — général de Langle - comprenait, vers Compiègne, l'armée Micheler; puis .6 Soissons à Reims, l'armée Mazel; en Champagne,
Tarmée Gouraud; dans l'Argonne, Farmée Humber ( autour de Verdun, les troupes du général Herr. \
Le groupe des armées de TEst ne tardait pas à et: i mis aux ordres du général Franchet d'Espérey. Il cor i prenait : en Woëvre, Tarmée Gérard ; à Nancy, le dé^ i chement d'armée Déprez; dans les Vosges, Tannée ( I Villaret; enfin autour de Belfort, les troupes du génér i Démange.
Derrière ces armées de V" ligne, se tenaient de forti réserves, notamment au camp de Mailly où se trouvîi le 20^ corps, le corps de fer, et près de Beauvais < i s'entraînait une armée de quatre corps d'élite, con mandée par le général Pétain; enfin la cavalerie bi'< montée, bien entraînée, bien commandée, impaticDi' de donner. Les munitions abondaient; notre artillei»i lourde était devenue formidable.
Le grand quartier général était installé à ChantiH Le général Joiîre, généralissime-dés armées français de tous les fronts d'Europe, était secondé par le généi* de Castelnau, chef d'état-major-général des armées.: La situation était également pleine de promesfii dans les armées russes, commandées par le Tsar, avi le général Alexeïef major général. Les effectifs y étaie? nombreux, puissants; Tartillerie, l'armement, les mui tions reconstitués; le haut commandement remarqi^; blement assuré. Tout se préparait pour une offen^j énergique, dès que le terrain le permettrait. Il en étlj de même sur le frojit du Caucase, où les armées ri( forcées étaient aux ordres du grand-duc Nicolas.
Autour de Salonique, l'armée franco-anglaise, généd Sarrail, avait cherché à rendre son front inexpugnaÈI Elle ne devait pas tarder à recevoir le précieux renÇI de l'armée serbe qui se réorganisait à Corfou.
L'armée italienne, pleine d'ardeur, attendait, sous ordres du général Cadorna, que la saison lui permàl de reprendre son offensive.
Dans toutes les armées alliées, tout était prêt,! point de vue du personnel comme du matériel, pè
COUP d'oeil d ensemble. 209
meuiifiiMve générale, destinée à substituer l'initiative les Alliés à celle des Allemands. Des pourparlers ivaient eu lieu, à cet effet, entre les divers états-majors ; îl ridée d'agir énergiquement de concert, si bien léfinie par notre président du Conseil, « Tunité d'action ;ur Tunité de front », paraissait acceptée par tous les lauts commandements alliés et par leurs gouverlements.
Le haut commandement ennemi ne tarda pas à connaître cette intention, si bien justifiée par les cirîonstances; et s'en inquiéta d'autant plus que jusque-là, nalgré les pavoisements, les sonneries de cloches, les salves de canons... annonçant tapageusement d'innombrables victoires, il n'avait encore réussi à atteindre lucun de ses grands objectifs.
En 1914, il avait voulu écraser la France, occuper, iiller Paris. Les batailles de la Marne et des Flandres 'en avaient empêché. Alors, il s'était tourné contre la Ç^ussie pour en finir avec notre grande alliée; et en îfîet, il l'avait battue, lui avait enlevé d'énormes territoires. Mais, quand l'hiver est venu interrompre les opérations, les armées russes étaient loin d'être désorganisées, leur vaste front était très solide. Tout indi- |uait aiï « grand état-major » allemand, qu'aussitôt iprès le dégel, il aurait de nouveau fort à faire de le côté.
En attendant que les opérations puissent reprendre )ar là, il était possible pour nos ennemis d'utiliser les 3remiers mois de 1916 sur le front de France, et d'y enter une opération sensationnelle pour troubler les orojets d'offensive des Alliés et même pour leur porter m coup capable de hâter la fin de la guerre.
Ce furent là probablement les raisons qui détermiaèrent le « grand état-major »\ et l'Empereur, à organiser l'attaque de Verdun, à la monter sur un pied formidable analogue à celui de la Dunajec, et à essayer l'en tirer, si elle avait réussi, une bataille générale et décisive.
ZURLINDEN. — I. 14
LES PRELIMINAIRES
e front, choisi par les Allemands pour attaquer Verdun du Nord au Sud, était les u Hauts de Meuse », situés sur la rive droite du fleuve, et consistant dans un plateau déchiqueté de 8 à 12 kilomètres de largeur, coupé de bois, de ravins, de villages, qui se termine par des pentes abruptes, sur ses deux bords, à TEst du côté de la plaine boueuse de la Woëvre, à TOuest sur la Meuse.
Les premiers forts à enlever sur ce plateau étaient
ceux de Douaumont et de Vaux. En avant de ces forts
et de quelques ouvrages les avoisinant, notre première
i ligne de tranchées avait été poussée, jusqu'à Brabant-
: Herbebois, à une quinzaine de kilomètres au nord de
Verdun. Une autre ligne reliait la première à la ligne
' de défense avancée de la place.
\ Sur Tautre rive, la rive gauche de la Meuse, notre f première ligne s'étendait le long de la rivière des Forges, I à hauteur de nos premières défenses de la rive droite. f Au sud de cette ligne, entre la rivière des Forges et les premiers forts de la rive gauche, s'étendait notre deuxième ligne, qui s'appuyait à des bois, des hauteurs,
ayant d'excellentes vues sur la rive droite et le plateacj d'attaque des Allemands, et destinés fatalement à êtr€< attaqués, eux aussi. Plusieurs de ces points soni devenus célèbres : le bois des Corbeaux, le Mort-Hommea la cote 304, le bois d'Avocourt...
Le front d'attaque de l'infanterie, choisi par les Alle-1 mands, n'avait qu'une faible largeur, 10 kilomètresi Nos ennemis regardaient cette exiguïté comme uii avantage, en ce sens qu'elle leur permettrait d'aug^^ menter la densité de leurs formations d'assaut, dei multiplier les vagues formidables qu'ils comptaient^ lancer sur nos positions. >
Par contre, le terrain utilisable pour Fartilllerie étaiH énorme et se prêtait à un large, redoutable déploiemenM de batteries. Il se développait sur un front de 40 kilo-i mètres et débordait en arrière le plateau d'attaque du J5 kilomètres de chaque côté : :
Le nombre des pièces d'artillerie, accumulées paii les Allemands sur ce front, était énorme. Il dépassait 1 2 000, et comprenait un certain nombre de canons di^ campagne et de pièces de 105 et do 130 ; et surtout des \ canons de 210, et des monstres de très gros calibres i 280, 305, 380 et 420. Rien n'avait été ménagé poui ' assurer à cette artillerie écrasante une bonne installa- 1 tion, non seulement comme protection et aménage- ' ment des batteries, mais comme chemins de fer, véhi- \ cules de toutes espèces pour faciliter l'approvisionne 1 ment. Nos adversaires comptaient bien que, sous If i feu convergent d'une pareille artillerie, rien ne pourrai! \ tenir sur le plateau d'attaque.
D'un autre côté, les troupes d'attaque d'infanterie i avaient été choisies parmi les meilleures de l'armée j allemande. Elles avaient subi un entraînement spécial ; avaient été dressées à passer tous les obstacles, t s'élancer à l'assaut en vagues successives, puissantes « irrésistibles »; et avaient été appelées à l'honneur df faire des essais devant l'empereur lui-môme. Le sou verain généralissime avait, du reste, fait annonror /
ses troupes, qu'il resterait au milieu d'elles pendant les péripéties de la grande bataille, pour les encourager, et pour faire sentir à TAllemagne Timportance de leurs efforts.
Pendant cette préparation, sans pareille dans Thistoire, de nombreuses attaques ont été poussées par nos adversaires, sur divers autres points de nos lignes en Alsace, en Champagne, du côté de Soissons, de la Somme, de FArtois.... Et ils avaient fait courir le bruit que la vraie attaque aurait lieu du côté de Compiègne et de la Somme.
Notre haut commandement s'est tenu prêt à tout événement, même pour le cas où les préparatifs sur Verdun ne seraient qu'une feinte. Il avait maintenu ses troupes de réserve massées, prêtes à être expédiées rapidement, là où les circonstances l'exigeraient; et les transports avaient été étudiés, préparés pour toutes les directions. En particulier pour celle de Verdun, comme il était à prévoir que les chemins de fer aboutissant à cette place seraient insuffisants et rendus impraticables par le tir de l'artillerie ennemie, on avait étudié, préparé le transport des troupes, des vivres, des munitions... à l'aide de camions automobiles, roulant sur route; et l'on avait réuni à cet effet plus de 5 000 véhicules de cette espèce. Il y a eu là un travail préparatoire d'état-major, et plus tard un travail d'organisation du service des transports, qu'on ne saurait trop admirer.
A coup sûr, pour bien juger ces grands événements, il importe de tenir compte des difficultés toutes spéciales, inhérentes à la situation du chef qui se défend, qui attend l'offensive de son adversaire et qui est contraint à hésiter jusqu'au dernier moment sur la direction réelle de la véritable attaque. Avant de marcher sur Rivoli et d'y remporter son immortelle victoire de 1797, Napoléon lui-même n'a-t-il pas longuement hésité, pour deviner où était le vrai point d'attaque des Autrichiens?
Et néanmoins, il a circulé sur les débuts de notrei^ défense de Verdun, si belle, si glorieuse, une fois,^ qu'elle a été bien mise en train, des rumeurs d'impré-paration, qui demanderont à être vérifiées lorsque Ton^ connaîtra les rapports officiels, au point de vue dest positions de repli, des abris contre le bombardement, j de la sécurité des communications... Il sera utile de^ savoir auquel des commandements successifs de Ia< grande place doivent être attribuées ces lacunes.
11 semble bien aussi que, dans Tun ou l'autre de nos* hauts états-majors, on avait envisagé l'éventualité dei ne pas accepter la bataille — car c'était plus qu'une siège — dans les conditions effroyables où nous^ l'offrait l'ennemi, avec la Meuse dans le dos de nos^ troupes; et qu'on y avait songé à transporter la lutte j sur la rive gauche, en évacuant la rive droite du fleuve. ; Quelques-uns ont été jusqu'à dire que les ordres d'éva- ; cuation avait été lancés, puis arrêtés par des contre- | ordres ; et qu'au milieu du trouble des débuts de lai formidable bataille on avait oublié d'assurer la gar- ; nison de certains forts. \
Quoi qu'il en soit, il est bon de remarquer, dès à : présent, qu'au point de vue strict de l'art de la guerre, j des scrupules de cette nature n'auraient rien d'extra- ^ ordinaire, et que l'histoire en montre de nombreux | exemples : En 1796, bien avant Rivoli, quand Wurmser j déboucha brusquement des Alpes dans la vallée de ; l'Adige, par l'Ouest et par le Nord, Napoléon était en . train de poursuivre le siège de Mantoue. Il vit immé- \ diatement qu'accepter la bataille dans ces conditions, ; c'était se perdre; et sans hésiter longuement, il fit j enclouer ses canons, et abandonna le siège de Man- : toue, pour chercher en arrière une meilleure occasion ; de bataille qu'il trouva à Castiglione et qui lui donna ' la victoire. ;
Tout récemment, après la fameuse ruée de Mackensen ' sur le Dunajec, contre nos vaillants alliés les Russes, | qui aurait osé reprocher au grand-duc Nicolas de
ne pas accepter immédiatement la bataille décisive, et d'abandonner Przemysl, Lemberg, et d'autres places, pour trouver en arrière ses positions de résistance définitive, et sauver l'armée russe et la cause des alliés?
A Verdun, s'il y a eu des hésitations dans notre haut
commandement, elles ont tourné bien vite dans le sens
I énergique d'accepter la lutte dès qu'elle s'est dessinée.
h Et les conditions difficiles, angoissantes, dans les-
! quelles a débuté cette longue, formidable bataille,
n'en font que mieux ressortir la valeur, l'héroïsme
inouïs de nos troupes, et les talents, la hauteur de
j caractère de leurs chefs ; et en particulier du général
i Jofîre dont les ordres ont toujours été de la dernière
I énergie.
LA BATAILLE
j La bataille commença le 21 février 1916, à sept I heures un quart du matin, par un bombardement formidable de notre front Brabant-Herbebois, sur la rive droite de la Meuse. Sous un ouragan de projectiles de tous calibres, d'obus sufYocants, nos tranchées furent bouleversées, nos communications coupées. Notre infanterie se cramponna néanmoins au terrain; notre artillerie riposta énergiquement. Nous ne perdîmes que peu de terrain.
Le lendemain 22, le bombardement et l'attaque redoublèrent d'intensité. L'infanterie allemande s'avança par grandes vagues, précédées d'éclaireurs. Devant cette effroyable marée montante, notre infanterie se défendvaillamment; nosbatte ries de 75, nos mitrailleuses se sacrifient, souvent à découvert, pour semer la mort dans les rangs ennemis. Les pertes des Allemands sont considérables; ils nous enlèvent Haumont, le bois de Ville, une partie d'Herbebois et de la Wraville...
Puis l'effort ennemi continue et redouble. Le 23, nous^ perdons Brabant, la Wra ville, Samogneux, la cote 344; i le 24 février, le bois des Fosses, le bois des Caures,^ Ornes; et en Woëvre, nous replions nos lignes, sansi combat, jusqu'au pied des côtes. Dans ces journées^^^ qui nous coûtent nos premières lignes, les pertes des^ Allemands sont énormes, non seulement par suite de la^^ résistance des troupes attaquées de la rive droite, mais*" encore grâce à nos canons de la rive gauche de \s^* Meuse, qui prennent les formations ennemies d'enfiladoij et à revers.
iNéanmoins, nos troupes des Hauts de Meuse, quM supportent depuis le 21 sans relâche, sans ravitaille^* ments réguliers, ces bombardements, ces attaques^ terribles, énervantes, sont exténuées. Il était temps d0« les relever. Elles purent l'être, dans les nuits du 2l1 et 25 février. Le 25, dans la matinée, la bataille reprend,i furieuse, sur la gauche du côté de Champneuville; lesif Allemands progressent puis sont arrêtés par une bat^? terie de 100 canons de nos 75. Sur la droite, nos enne-»mis avancent aussi vers le village de Douaumont, et iH se produit un incident douloureux, qui serait inexpli;] cable, si nous ne connaissions pas déjà les hésitationi de la mise en train de la bataille. Les Allemands réuî sissent à pénétrer dans le fort de Douaumont.... Comment? N'est-ce pas parce que le contre-ordre de noii^ évacuation n'avait pas été reçu et que ce fort n'avail pas de garnison?
Immédiatement, la dépêche suivante de l'empereui Guillaume fut publiée dans le monde entier :
« Le fort cuirassé de Douaumont, le pilier angulaire de la ligne principale des fortifications perma^ nentes de la forteresse de Verdun, a été pris d'assaul par le 24*^ régiment de Brandebourg. Il se trouve solide^ ment entre les mains des Allemands. »
C'était un cri de triomphe, qui n'eut pas de lend© main. Car presque aussitôt le monde entier apprit qu( la fameuse attaque brusquée, irrésistible, des Alle^
raands s'était brisée, le jour même du « pilier angulaire », contre la vaillance sublime de nos soldats, Féner^ie, les talents de nos chefs.
Il, s'était produit un coup de théâtre merveilleux, général Joffre avait envoyé sur les lieux, avec pleins pouvoirs, son second, le général de Castelnau, chef d'état-major général des armées, et s'était empressé de faire transporter des renforts sur Verdun, notamment en automobiles, le 20"* corps, le corps de fer de Nancy, i Embarquées le 24 au camp de Mailly, ces admirables troupes furent lancées dans la mêlée, près de Douaumont, le 25 février à dix heures du matin. Bientôt après, arrivaient notre 1" corps d'armée — général Guillaumat — qui fut engagé dès le 26 à la gauche du 20% pour barrer le terrain entre la Meuse et le massif d'Haudromont, et d'autres troupes qui furent utilisées sur les deux rives.
Alors, pendant trois journées inoubliables, ce furent des luttes homériques autour du village de Douaumont. Les Allemands ne cessent d'attaquer avec furie, tantôt par vagues énormes, tantôt en colonnes épaisses, profondes. C'étaient lès journées qui devaient décider la victoire de leurs attaques brusquées. Nos intrépides soldats les contre-attaquent, se jettent sur eux à la baïonnette avec une vigueur, un élan sans pareils. Notre artillerie, nos canons de 75 surtout, nos mitrailleuses tirent sans relâche, souvent sans abris, et font d'horribles trouées dans les rangs compacts de l'ennemi. Les ruines du village de Douaumont, soumises nuit et jour à un bombardement infernal, sont prises et reprises vingt fois. Nous ne les abandonnons que le 4 mars, pour en tenir les lisières de tout près, à 100 mètres.
C'est merveilleux. L'héroïsme de nos troupes, le coup d'œil, l'esprit de décision du général de Castelnau, ont sauvé la situation ; d'autant plus sûrement que le général Joffre venait de diriger sur Verdun le général Pétain avec sa superbe armée de réserve, en lui donnant les instructions, les ordres les plus énergiques,
pour maintenir haut, et coûte que coûte, l'honneur dei nos armes, et pour défendre notre glorieuse place dei l'Est, non seulement en arrêtant l'ennemi, mais en lei contre-attaquant vaillamment, vigoureusement.
La France doit savoir grand gré au général JoiTrq,j pour son admirable sang-froid» sa pondération d'es-j prit, sa force d'âme, dans cette circonstance commei dans bien d'autres; et aussi pour la perspicacité, laî rare connaissance des hommes, dont il a fait preuve,, en désignant les généraux, chargés de remplir la péril-! leuse, glorieuse tâche de Verdun, comme toutes lesi autres missions difficiles de la guerre. Partout, il ai su trouver avec sûreté le chef qui convenait à la situa-i tion et mettre « le vrai homme à la vraie place ».
C'est à lui que la France doit Castelnau, dont il avaitj fait son second pour le commandement des armées eU qui avait su auparavant vaincre à Nancy, sur la Somme, et maintenant à Verdun; et Foch, le vainqueur aussii habile qu'intrépide de Saint-Gond, puis des lutteén gigantesques des Flandres; etd'Espérey qui avait joué^ un rôle décisif dans la région dp Montmirail; et Mau»^ noury, de Langle, Sarrail, les autres héros de lé^ Marne. Pour assurer, confirmer énergiquement le salirfS de Verdun, et jeter bas les légions accumulées pap l'empereur Guillaume, son choix n'a pas tardé. Il s'es^l adressé au général Pétain, à ce colonel de 1914, que dix| huit mois de guerre, héroïquement employés, avaiei fait successivement général de division, de cor] d'armée, d'armée, et dont le nom, inconnu hier, n'a p£ tardé à être sur toutes les lèvres, dans tous les cœui de la France. Puis plus tard, à la fin d'avril 1916, quan< il a fallu remplacer, à Verdun, Pétain, nommé comman] dant de groupe d'armées, le général Joffre trouver! Nivelle, qui achèvera remarquablement, vaillainmon|j l'œuvre de son prédécesseur. ^