EN ITALIE L'OFFENSIVE AUTRICHIENNE
L'offensive allemande sur Verdun a eu son pendant autrichien dans les Alpes, en Italie, sur le front du Trentin. Dès que la saison le permit, l'armée autrichienne prit l'offensive de ce côté, sans doute avec l'intention d'aider l'empereur Guillaume à emporter Verdun, et dans tous les cas à troubler le plan d'attaque générale des Alliés.
Les opérations commencèrent le 1^"^ mai 1916. L'armée autrichienne, renforcée de nombreux éléments retirés du front russe, comprenait 400000 hommes au moins et une artillerie formidable. Elle était commandée par Tarchiduc héritier.
De toutes parts, entre TAdige et la Brenta, les forces italiennes furent violemment attaquées. Elles se défendirent avec énergie, firent perdre énormément de monde à leurs ennemis, et mirent un mois à se replier lentement, en faisant de violentes contre-attaques, pour atteindre, conformément aux ordres de leur chef suprême, le général Cadorna, la position principale, définitive, de défense des armées italiennes, au débouché des montagnes dans la plaine de Vicence.
Les efforts faits par nos vaillants alliés, dans cette belle manœuvre en retraite, ont été remarquables,
non seulement par la vigueur, la ténacité de la résis- ^ tance, par l'énergie des contre-attaques; mais encore par le travail d'état-major concernant les transports, > nécessaires au renforcement et au ravitaillement des " troupes dans la montagne. )!
Dès le 2 juin, les puissantes colonnes autrichiennes:viennent se briser contre les positions définitives de | Farmée italienne. Toutes leurs attaques échouent. Et J; bientôt, vers la mi-juin, nos alliés prennent à leur tour!. Toffensive, et d'un élan superbe, u impétueux » — ce| sont les termes du général Cadorna — refoulent les|' Autrichiens dans le Trentin.
Battus incontestablement, les Autrichiens s'empressèrent de riposter dans leurs communiqués — comme les Allemands ne manquent jamais de le faire en pareil cas — qu'ils s'étaient repliés pour des raisons stratégiques, et que leurs adversaires n'avaient fait que bombarder et enlever des positions déjà évacuées!
Ce qu'il y a de certain, c'est que nos grands alliés les J Russes ont beaucoup contribué au succès de la belle contre-offensive italienne. Dès le commencement de juin — comme nous le verrons plus loin — ils avaient, vivement attaqué les Autrichiens, dans la Volhynie et la Bukovine, et les avaient forcés à attirer au plus vite, de ces côtés, de gros renforts provenant de leur front d'Italie.
C'était le début de FolTensive générale des Alliés, dei « l'unité d'action sur l'unité de front ».