‹ La guerre de libération, 1914-1918 (volume 2)Chapitre 68 sur 69 · EN ASIE; ERZEROUM — SUR MER, LA BATAILLE DU JUTLAND · texte numérisé non relu

EN ASIE; ERZEROUM — SUR MER, LA BATAILLE DU JUTLAND

Dès le début de février 1916, nos grands alliés les Russes avaient repris très énergiquement l'offensive contre les Turcs, dans la région du Caucase, sous la haute impulsion du grand-duc Nicolas.

L'opération fut des plus rudes, par des froids atteignant souvent jusqu'à ^5°, par la neige, dans un terrain des plus difficiles, des plus accidentés. Elle débuta par la belle victoire de Kuprikeui; puis rien n'arrêta plus l'armée du général Joudenitch, chargée de marcher sur Erzeroum, la grande place forte, qui domine toute la contrée. Le 15 février 191Q, elle enleva le groupe central des forts d'Erzeroum; et le lendemain 16, malgré la résistance acharnée des Turcs, elle s'empara de la place elle-même.

C'était un très gros succès, qui fît une impression profonde en Turquie comme dans le monde entier, et qui ouvrait bien l'année de l'oifensive générale des Alliés. Erzeroum — « Ars ec Roumi » — la citadelle des Romains, avait été dans l'antiquité, fortifiée par les empereurs romains. C'est la clef de l'Arménie.

Bientôt, les Russes poursuivirent leurs succès; et avec le concours de leur flotte de la Mer Noire s'empa-

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rèrent de Trébizonde, le grand port qui, par la meri Noire, allait leur donner toutes facilités pour ravitailler,^ renforcer leur armée d'Asie-Mineure — 17 avril 1916.

D'autres troupes russes marchèrent sur la Perse etj la libérèrent de l'irruption des Turcs. D'autres cher*' chèrent à aller au secours de l'intrépide division* anglaise qui, accourue par le golfe Persique, avait! marché vers Bagdad et se trouvait enveloppée, assiégéôjj dans la position de Kut el Amara, en Mésopotamie.. Elles n'arrivèrent pas à temps, pas plus que le corpsl anglais de secours, qui fit des efforts surhumains pouri la ravitailler. Manquant totalement de vivres, Vhé*^ roïque division capitula, le 26 avril 1916.

Le 16 juillet, l'armée russe qui s'était remise en« marche, malgré une chaleur épouvantable, s'empara* de Baïbourt; le 25 juillet d'Erdzindjan. Elle se trouvât ainsi maîtresse de tout le haut plateau Arménien, eti bientôt après d'une grande partie du Kurdistan et du8| Lazistan. '■'

Les Turcs furent en effet poursuivis vivement paii nos alliés; en août, il-s parvinrent à organiser uné^ contre-offensive, qui réussit au début, mais -qui futi bientôt arrêtée par les Russes à Mouch et à Sakkys. ,^

A la fin d'août, la situation de nos alliés était exceU^ lente. Ils reprenaient partout l'offensive, contre lesfe 28 divisions turques qui leur étaient opposées. Di:É autres divisions turques opéraient en Arabie, pouB^ tenter de réprimer la levée de boucliers des Arabes^ j qui s'étaient emparés de La Mecque. Dix autres ea| Europe. Les hommes ne manquaient pas aux Turcs? mais il était à prévoir que, malgré les secours alle42 mands, leur situation deviendrait mauvaise le jour ou J ils seraient vivement attaqués en Asie par les Russes^^ venant de la Pefse et de l'Arménie, et par les Anglaise venant^u golfe Persique et de l'Egypte. ' \

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