HINDENBURG CHEF D'ÉTAT-MAJOR DES ARMÉES ALLEMANDES
Vers la fm d'août 1916, survint, en Allemagne, un très gros événement militaire : la nomination du maréchal von Hindenburg au poste de chef du « grand état-major » et au commandement suprême des armées austro-allemandes. C'était une indication des plus sérieuses, des plus nettes, au sujet du changement survenu dans Tétat moral de TAllemagne, à la suite de Verdun.
Jusque-là, l'empereur Guillaume avait tenu à diriger lui-même, comme généralissime, les opérations de la guerre, qu'il avait si longuement, si minutieusement, si amoureusement préparée, et dont ses peuples comptaient avec lui tirer d'énormes profits.
Au début, il avait eu auprès de lui un chef d'étatmajor, qui s'appelait von Moltke, comme celui de
son grand-père. Mais toute rAllemagne savait que ce Moltke-là était loin d'avoir la même autorité que son illustre oncle, d'avoir comme lui pleine initiative pour les opérations; que c'était Tempereur luimême qui entendait donner, et qui donnait effectivement, rimpulsion à ses armées, désireux de ne partager sa gloire avec personne.
Quand après la bataille de la Marne, et Téchec de la ruée tant escomptée sur Paris, il fallut un bouc émissaire, et que Moltke eût été remercié, les fonctions de chef du « grand état-major w revinrent à Fardent, au fougueux pangermaniste Falkenhayn, l'ancien ministre, qui avait tant poussé à la guerre.
Bientôt le nouveau chef du « grand état-major » eut son influence, son succès personnels; c'est lui qui, en 1915, conseilla la redoutable offensive de Mackensen sur la Dunajec et le saillant du ffont russe. L'empereur lui en sut grand gré et le combla d'honneurs.
Par contre, ce fut encore lui qui, d'accord avec le « Kronprinz » en quête de son bâton de maréchal, proposa l'attaque impressionnante, sensationnelle, destinée à décider la guerre, sur Verdun.
Tapageusement annoncée, surveillée ostensiblement par l'empereur, soigneusement préparée par le « grand état-major », dirigée par le prince héritier du trône impérial, cette grosse opération eut le don — nous l'avons déjà vu plus haut — de surexciter au plus haut point l'attention du peuple allemand et de raviver ses espérances, ses appétits.
Aussi quelle désillusion quand elle échoua devant l'héroïsme de nos admirables soldats, devant les talents et l'énergie de nos chefs, et qu'elle n'aboutit