SUR LE FRONT ANGLAIS
La bataille anglo-française des Flandres s'est poursuivie énergiquement, méthodiquement pendant les trois derniers mois de 1917 ; malgré Tenvoi des secours, nécessité — comme nous le verrons plus loin — par les gros événements d'Italie.
Après avoir repoussé de violentes contre-attaques sur plusieurs points, les troupes britanniques attaquèrent, le 4 octobre, à l'Est dTpres, sur un front de 13 kilomètres, du Sud de Tower-Hamlet à la voie ferrée d'Ypres à Staden. L'assaut de Tinfanterie, précédé par un tir de barrage roulant des mieux réglés, fut lancé de très grand matin et réussit à emporter tous les objectifs fixés. L'importante crête de Broodseinde — non loin de Paschendaele — et plusieurs villages furent emportés et donnèrent à nos alliés les meilleures vues sur la plaine de Roulers-Menin. Les pertes des Allemands furent énormes
en tués et en blessés, par suite de la circonstance qu'ils voulaient eux-mêmes attaquer et qu'ils avaient amené sur les lieux de très nombreuses troupes, qui furent écrasées par le feu de l'artillerie et de l'infanterie anglaises. — 4 500 prisonniers, portant à 55 500 le chiffre des prisonniers faits par nos alliés depuis le début de 1917.
Le 9 octobre, bond des armées anglo-françaises, sur un large front depuis le Sud-Est de Broodseinde jusqu'au Nord-Est de Bixschoote. L'armée anglaise achève de prendre Poelcapelle et progresse vers Paschendaele, comme vers la forêt de Houthulst, pendant que notre armée Anthoine enlève plusieurs villages et fermes et atteint la lisière Sud de la forêt. Cette septième offensive de la bataille des Flandres vaut aux Alliés 1 600 prisonniers.
La huitième offensive ne se fait pas attendre. Elle a Heu le 12 octobre, par une pluie torrentielle. Les Anglais progressent vers Paschendaele, sur un front de 10 kilomètres, entre la voie ferrée d'Ypres à Rou- 1ers et la forêt de Houthulst. 950 prisonniers. . Le 22, attaques et contre-attaques vers la forêt de Poelcapelle. Les 26 et 27, attaques anglo-françaises vers Paschendaele, la forêt de Houthulst, la route d'Ypres à Dixmude.
Enfin, le 6 novembre, les Canadiens enlèvent de haute lutte l'importante position et le village de Paschendaele. Toute la crête, tant disputée à l'Est d'Ypres, est maintenant entre les mains de nos glorieux alliés.
Les huit offensives successives, qui avaient abouti à en chasser les Allemands, malgré leurs formidables retranchements et leur résistance acharnée,
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Avaient été annoncées à Tennerai par de loLgs et terribles bombardements préparatoires. Il n'y avait pas eu de surprise. L'ennemi était prévenu. C'étaient devrais duels qu'on lui avait offerts et dans lesquels il s'était fait battre nettement, constamment.
Le 20 novembre eut lieu, dans un style tout à fait différent, une brillante attaque vers Cambrai. Le général commandant l'armée anglaise de cette région fit préparer l'assaut de l'infanterie en secret, dans le plus grand silence, et le fit déclencher de grand matin, sans préparation préalable de l'artillerie. En avant des vagues d'assaut de l'infanterie, marchait une ligne formidable de « tanks » crachant la mitraille, enfonçant les lignes ennemies, et précédés eux-mêmes par un tir de barrage d'artillerie, roulant à leur allure. Le front d'attaque très large s'étendait de la Somme à la Scarpe; l'offensive principale était dirigée vers Cambrai, entre les routes de Péronne et de Bapaume.
La surprise est complète. Les Allemands se défendent mal. Le premier et le deuxième système de leur fameuse ligne Hindenburg sont enlevés entre les deux routes et sur bien d'autres points. L'Escaut est franchi du côté de Masnières. La cavalerie anglaise traverse les lignes et conquiert des positions en avant de l'infanterie.
C'est une glorieuse journée qui fait le plus grand honneur à nos alliés et au général Byng, et qui montre que le « grand état-major » allemand est loin d'avoir la spécialité des opérations bien organisées et des surprises heureuses. Neuf villages ont été délivrés par les Anglais, qui ont capturé 9 700 prisonniers, dont 182 officiers.
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Les jours suivants, contre-attaques allemandes, sans résultats. Le 30 novembre, profitant de ce que le terrain conquis par nos alliés formait dans leurs lignes un grand saillant au Nord de Cambrai, les Allemands contre-attaquent avec des moyens très puissants. Toute une armée renforcée, et comprenant 20 corps d'armée, est employée à cette grosse opération. Deux masses de 6 divisions chacune, attaquent Tune au Nord, dans la région de Moeurs, marchant vers le Sud; l'autre au Sud, sa gauche à Vindhuile, marchant vers l'Ouest dans la direction de Gouzeaucourt. Elles cherchent à se rejoindre pour encercler les Anglais dans leur conquête, pendant que d'autres troupes les menacent de front du côté de Masnières. Mais l'attaque du Sud réussit seule, et cela grâce à un mouvement de panique encore inexpliqué. De ce côté, les lignes anglaises furent forcées, et nos ennemis s'avancèrent jusqu'à Gouzeaucourt qu'ils prirent, ainsi que Gonnelieu et la Vacquerie.
Gouzeaucourt fut repris immédiatement par no> alliés, tanks en tête. Et Gonnelieu le lendemain.
Le le"" décembre, l'attaque allemande redoubla d'intensité au centre, du côté de Masnières. Néul assauts successifs furent vaillamment repousses par les Anglais, qui finirent par abandonner, à l'insu de Tennemi, cette position maintenant trop en l'air. Les Allemands ne l'occupèrent que le 3 et gagnèrent du terrain du côté de Marcoing et de la Vacquerie, ressaisissant ainsi la maîtrise de l'Escaut.
Les jours suivants, on se battit encore énergiquement du côté de la Vacquerie. Puis la lutte s'étei-
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gnit et nos alliés purent consolider leurs positions conquises qui, malgré la puissante contreattaque allemande du 30 novembre, formaient encore un saillant prononcé vers Marcoing et englobaient victorieusement la grosse brèche faite de haute lutte dans la ligne Hindenburg, entre les routes de Péronne et de Bapaume. Les pertes subies par les troupes britanniques ont été lourdes pendant ces rudes journées, surtout le 30 novembre. Celles de l'ennemi ont été plus considérables, en tués, blessés et prisonniers.
Les derniers jours de décembre se passèrent dans une accalmie relative, interrompue par des coups de main sur différents points du front anglais et par des expéditions et des combats aériens.
L'année 1917 avait été remarquablement employée par les armées du maréchal Douglas Haig sur le front de France. Elle Tavait été aussi par les armées britanniques de l'Asie Mineure. En Mésopotamie, nos alliés avaient conquis une forte avance au. Nord et à rOuest de Bagdad, après avoir battu les Turcs et leur avoir fait de nombreux prisonniers. En Palestine, Tarmée du général Allenby avait pris successivement Gaza, Jaffa, et Jérusalem où il est entré le 8 décembre 1917 à la tête ses vaillantes troupes et d'un détachement français.
Pendant ce temps, en Angleterre, le peuple supportait avec dévouement, avec entrain, les privations de toutes sortes comme les odieuses incursions des avions allemands. Et le gouvernement prenait les meilleures mesures pour augmenter encore les effectifs de ses armées de terre, et aussi pour donner tournure plus agressive à la lutte sur mer.
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D'importantes modifications furent faites dans ce sens dans le haut personnel de l'Amirauté.