LA SITUATION DES BELLIGERANTS EN JUIN
mant pour quelque temps le danger de voir accourir sur les points attaqués les très fortes, très nombreuses réserves allemandes. Ces réserves étaient tombées sur les Hauts de Meuse, fauchées par nos canons, par nos soldats.
Disposant dorénavant de ressources en effectifs et en matériel suffisantes, les Alliés vont être en état de prendre à leur tour Tinitiative, d'imposer leurs opérations. La très grosse difficulté, à laquelle ils se heurteront, sera d'assurer la concordance des efforts ; car ils sont grands Etats désirant tous conserver la haute direction de leurs armées, sauvegarder leur influence, leur indépendance, leur prestige. Et l'histoire démontre que l'unité de commandement a toujours été difficile à réaliser dans les coalitions de cette nature.
Au contraire, dans les Empires centraux toutes les armées obéissaient à un haut commandement unique, celui de l'Allemagne, si bien étayé par le « grand état-major » prussien. Et c'était là incontestablement une grande force pour nos ennemis.
Quoi qu'il en soit, depuis la défaite allemande de Verdun, le règne exclusif de l'initiative stratégique du « grand état-major » a pris fin. La lutte va se poursuivre entre deux Volontés, cherchant à se dominer en stratégie comme en tactique, pour les opérations comme pour les batailles. Ce sont les péripéties de cette période suprême de la grande guerre qui nous restent à analyser, en commençant par la mise en train de l'offensive générale, décidée par les alliés dès la fin de 1915 pour l'été de 1916.