LA VEILLÉE DES ARMES
Tout en accélérant, autant que le permettait la fatigue de leurs chemins de fer, l'arrivée sur le front de France des énormes renforts tirés de la Russie, et en activant, dès les premiers jours de 1918, les préparatifs de leur grasse offensive, les Allemands n'avaient pas manqué de les accompagner, suivant leur habitude, de pesantes rodomontades :
« C'en était fini du front de France — s'écriaient leurs journaux. — Il allait être écrasé, comme venaient de Fêtre les fronts russe et italien. Les nouvelles inventions les plus infernales de la Mécanique, de la Balistique, de la Chimie... allemandes, se joindraient aux renforts tirés de Russie, pour aider les invincibles armées allemandes de TOuest à vaincre, à désorganiser définitivement les Alliés et à leur imposer la paix allemande.... »
Et bien entendu, l'empereur Guillaume s'était empressé d'intervenir à coups de télégrammes, de rescrits, de discours à ses troupes « incomparables ». A Cambrai, avec une désinvolture tout impériale, il leur annonça un nouvel allié, « le Créateur ». Après toutes les atrocités qu'il avait encouragées au cours de la guerre, cela tournait au blasphème, ou au grotesque.
Néanmoins, la situation s'aggravait de semaine en semaine. Des divisions allemandes, ou autrichiennes, tirées de Russie, s'accumulaient et formaient de fortes réserves derrière les groupes d'armées de Belgique el de France. Leur nombre ne cessait de grossir et d'accroître la puissance offensive de nos ennemis. La valeur totale, à laquelle a été portée cette puissance, a été appréciée de bien des manières. Il est probable qu'à la fin de mars, elle atteignait 210 divisions d'infanterie, dont 110 étaient sur le front et 100 en réserve formant des masses de manœuvre. En plus, le commandement allemand disposait dans les dépôts, à l'arrière, de 800000 soldats, s'instruisant pour entretenir ces divisions.
Le moral de ces troupes était loin dèlre mauvais.
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Il avait été soigneusement surexcité,, comme celui du peuple allemand, par les cris de triomphe poussés à l'occasion des victoires de Russie et d'Italie et par l'annonce de nouveaux succès « absolument certains ».
Le haut commandement était exercé par le maréchal von Hindenburg pour l'ensemble des fronts, par le général von Ludendorff pour le front de France. Le grand quartier général, qui jusquelà était à Hombourg, ne tarda pas à être installé à Spa en Belgique.
Les groupes d'armées étaient commandés de la mer du Nord jusqu'à l'Oise par le prince Ruprecht de Bavière; de l'Oise à Verdun par le prince héritier d'Allemagne, le « Kronprinz »; autour de Verdun par le général von Gallwitz; en Lorraine et en Alsace par le duc de Wurtemberg.
Le commandement du « Kronprinz », qui auparavant comprenait Verdun, avait été poussé vers rOuest et mordait maintenant sur la Picardie. C'était une indication, le « grand état-major » devant avoir des tendances à confier les opérations les plus importantes à l'élite des troupes prussiennes qui se trouvait placée sous le commandement du ■< Kronprinz » et à faire cueillir les plus beaux lauriers par l'héritier du trône impérial.
L'entraînement des troupes, et notamment des « Stosstruppen » — troupes de choc — avait été poussé très activement, et leur installation bien choisie, bien préparée pour permettre le déclenchement, dans la direction voulue, tenue secrète, des offensives violentes, brusquées, chères à nos adversaires. L'artillerie, tout en étant fatiguée, était
nombreuse, puissante. L'aviation était en progrès, comme bombardement. Lès Zeppelins, décidément démodés, étaient remplacés par des avions de grande taille, les « Gothas », très rapides et pouvant s'élever très haut.
Devant ces préparatifs, devant l'annonce tapageuse d'une offensive foudroyante qui — probablement à cause de la fatigue des chemins de fer — n'en fut pas moins remise de semaine en semaine, les Alliés ne restèrent pas inactifs. Les armées britanniques, dûment renforcées, descendirent leur front jusqu'à l'Oise, vers La Fère. Leurs lignes avaient ainsi un développement de plus de 200 kilomètres.
Les troupes américaines tenaient déjà, vaillamment, plusieurs parties du front, au milieu des troupes françaises. Elles n'avaient pas encore pris part à de véritables batailles et Ton se demandait comment se comporteraient, sous le canon et la mitraille, ces jeunes troupes ardentes, enthousiastes, mais complètement inexpérimentées.
L'ensemble de nos effectifs et de ceux de nos alliés était suffisant pour que, tout en garnissant solidement les lignes, on ait pu former derrière le front des armées de réserve bien installées, bien entraînées. Mais cet ensemble était, à la fin de mars, inférieur d'au moins 500000 hommes à celui des Allemands. Nous étions incapables de prendre résolument, vigoureusement l'ofTensive; nous étions condamnés à attendre, à subir celle de nos ennemis. Aussi était-il de la dernière urgence d'activer L'arrivée des renforts américains. Les États-Unis, aidés par la marine anglaise, firent des prodiges
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., cet égard et réussirent à faire débarquer sur le continent, par semaine, 10000 soldats bien équipés, bien armés, et animés du désir ardent de mettre bas l'Allemand, le Hun.
Sur le front même, en attendant l'attaque, on avait travaillé pour perfectionner les tranchées, pour créer des zones de repli, fortement organisées. Chacun se préparait, vérifiait ses armes, pendant que l'artillerie améliorait Finstallation, l'orientation, le « camouflage » de ses canons, et que les avions bourdonnaient activement, héroïquement, de jour et de nuit, pour surveiller nos lignes et bombarder celles de nos ennemis; pendant que les états-majors assuraient, vérifiaient les moyens de communication et amélioraient les plans de transport des réserves.... C'était la veillée des armes ; et elle était passée par tous, sur le grand front de France, avec un dévouement, un moral, une' gaieté, admirables et pleins de promesses.
Les armées anglaises étaient commandées par le maréchal sir Douglas Haig, assisté des commandants d'armées Horne, Plumer, Byng, Gough. Les armées françaises par le général Pétain, assisté par le major général Anthoine et par les commandants de groupes d'armées de Castelnau, Franchet d'Espérey, Fayolle.
Il n'était pas possible de trouver des chefs plus dignes que ceux-là de commander nos intrépides soldats. Et néanmoins, il y avait encore des appréhensions justifiées au sujet du commandement suprême de l'ensemble des forces alliées. En face du « grand état-major », du commandement unique, indiscuté,
Spires centraux, il fallait absolument une orga-
nisation répondant entièrement à la gravité des circonstances et permettant, elle aussi, d'assurer la concordance, l'énergie des efforts. La réalisation de cette condition essentielle avait été amorcée par le Conseil supérieur de guerre interalliée, qui s'était réuni à Versailles, à la fin de janvier 1918, sous la présidence de M. Clemenceau. Les attributions du a Comité militaire » permanent, installé à Versailles, furent développées, mieux définies, et complétées par la nomination d'un pr.ésident, apte à prendre, dès que les circonstances l'exigeraient, les pouvoirs et le titre de généralissime des Alliés.
On apprit bientô* que ce président était le chef d'état-major général de l'armée française, le général Foch^ le héros du centre de la bataille de la Marne,
1. Le maréchal Foch est né à Tarbes en 1851. Sorti de l'École Polytechnique dans l'artillerie, il suit des cours à l'École de Fontainebleau, à Saumur, à l'École Supérieure de Guerre, toujours dans les premiers rangs.
Il sert ensuite tantôt à l'état-major de l'armée, tantôt dans les régiments d'artillerie; se distingue comme professeur de tactique générale à l'École Supérieure de Guerre, et publie des ouvrages militaires qui font loi.
Il commande ensuite un régiment d'artillerie à Vannes; mais sa belle carrière subit un temps d'arrêt à l'époque des « fiches ». Elle est remise en train par le président du Conseil, M. Clemenceau, qui le nomme, comme général de brigade, commandant de l'École Supérieure de Guerre. En 1911, il commande la division d'infanterie de Chaumont. En 1912, il est chef de la mission française aux grandes manœuvres anglaises et entre en relations affectueuses avec les chefs de l'armée britannique.
En 1913, il commande le 20' corps à Nancy. C'est là que le trouve la guerre. 11 combat d'abord avec son « corps de fer » dans l'armée de Castelnau; puis il est appelé par le général Jolîre au commandement de la 9° armée, et sa carrière se poursuit magistralement, héroïquement, comme nous l'avons vu, jusqu'au commandement suprême.
le grand chef qui avait montré tant de talents, de hauteur de caractère et de tact lorsqu'il avait eu à coordonner les efforts britanno-français dans les Flandres, puis sur la Somme, et qui venait plus récemment encore d'aider si rapidement, si énergiquement Tltalie à se relever sur le Piave de son désastre de Tlson^o.
C'était déjà beaucoup. Ce n'était pas assez pour tenir tête à Tunité, à Tomnipotence du haut commancïement ennemi. Il y avait de l'émotion, une grande émotion dans l'air. Chacun sentait qu'il allait se dérouler de très gros événements appelés à jouer un rôle considérable sur l'issue de la guerre; que les Allemands ne tarderaient pas à profiter de l'afflux de leurs troupes tirées de Russie, ainsi que de leur situation à l'intérieur de nos lignes, si commode pour l'utilisation rapide de leurs réserves, et qu'il se préparait une lutte formidable comme on n'en avait plus vu depuis la Marne.
En 1914, sur la Marne, le front avait été de 200 kilomètres ; et des deux côtés, il y avait eu
1 500 000 hommes bien commandés, bien entraînés, bien placés pour faire ressortir leur valeur relative r'^elle. Les nôtres avaient eu le dessus.
En 1918, le front était de 600 kilomètres. Les deux partis se touchaient. Les Alliés disposaient de
2 500 000 hommes. Les Allemands étaient 3 millions ; ils allaient avoir pendant quelques mois, avant l'arrivée de nos renforts américains, une supériorité numérique sérieuse, dont ils chercheraient sans aucun doute à profiter, pour finir la guerre par une grande bataille générale, sauf à la faire précéder par un coup de surprise analogue à ceux qui leur
avaient si bien réussi sur la Dunajec et, plus récemment, sur risonzo.
Mais où se ferait cette grosse poussée? G était comme toujours, quand on attend l'attaque, une question bien difficile, bien troublante, pour les chefs d'armées. Et tout le monde sentait combien il importait d'avoir au plus vite un haut commandement allié « unique », capable de parer à cette redoutable éventualité.
ÉVÉNEJyjENTS DES PREMIERS MOIS DE 1918
La « veillée des armes » n'avait été coupée que par des événements militaires sans grande portée, pendant les premiers mois de 1918.
Sur le front de France, très nombreux coups de main, tant devant nos troupes, qui ont ramassé un nombre sérieux de prisonniers en Champagne, en Lorraine, à l'Est de Verdun... que devant nos vaillants alliés de l'Angleterre et de la Belgique. L'activité des deux artilleries a été constamment assez grande, avec des hauts et des bas pourTinten^ site des tirs.
Les raids et les combats aériens avaient été très fréquents. L'aviation anglaise avait pris le dessus sur nos ennemis. Ses pertes étaient le tiers de celles qu'elle leur infligeait journellement. Les Allemands s'en sont vengés en faisant de nombreux raids sur l'Angleterre, comme sur nos villes de l'Est et du Nord. Le 100' raid sur Londres a eu lieu dans la nuit du 17 au 18 février 1918, tuant ou blessant 53 personnes. Depuis, d'autres raid< ont <né fnit^, même
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à laide de quelques zeppelins. A titre de représailles, les aviateurs anglais ont été bombarder très efficacemeijt quelques villes du Rhin.
En France, dans la nuit du 30 au 31 janvier 1918, plusieurs escadrilles de « gothas » allemands ont bombardé Paris, par une nuit de pleine lune, très claire. Les dégûts matériels ont été sérieux : 80 tués, plus de 200 blessés. Un seul avion allemand a été abattu.
Les 8 et 11 mars, nouveaux raids sur Paris, vers neuf heures et demie du soir, par des nuits sans lune, mais sans nuages et sans vent. Le raid du 11 a été fait par 60 a gothas », dont quelques-uns ont réussi à survoler le ministère de la Guerre et à y faire quelques dégâts, mais sans y blesser personne. Dans Paris et la banlieue, 14 tués et 79 blessés, plus 66 personnes écrasées dans une panique de « Métro ». Notre artillerie anti-aérienne a fait, ce soir-là, de l'excellente besogne. Un grand nombre d'avions ennemis ont été empêchés de pénétrer au-dessus de la capitale et ont jeté leurs bombes au hasard dans la banUeue. Quatre « gothas » abattus sont tombés dans nos lignes. D'autres ont dû tomber dans les lignes allemandes. Les avions ennemis ne sont pas revenus pendant plusieurs jours.
La population parisienne était à peine remise de son alerte du 11 mars, quand le 15, vers quatorze heures, elle fut secouée par une explosion formidable, qui brisa bien des vitres jusque dans le centre de Paris. C'était un dépôt considérable, trop considérable, de grenades, qui sautait faisant de nombreuses victimes, occasionnant de très gros dégâts, à la Courneuve, près du Bourget.
Le 23 mars, commencèrent les bombardements
jour^naliers de Paris par des canons-monstres tirant à 120 kilomètres, depuis Crépy, situé entre Laon et La Fère. C'était un tour de force balistique bien plus fait pour surexciter les Allemands que pour abattre l'admirable moral de notre capitale....
Cependant il y eut des coups bien malheureux. L'un deux est tombé sur l'église Saint-Gervais le Vendredi Saint, tuant 75 personnes, en blessant 90.
Bientôt, sous les ripostes de notre artillerie du front, les bombardements se ralentirent. Le dernier des canons-monstres fut abattu au commencement de mai 1918.
Sur le front d'Italie, les raids aériens ennemis ont également occasionné de sérieux dégâts dans plusieurs villes, et notamment à Venise, Padoue.... Par contre, nos alliés ont remporté de brillants succès, dans la montagne, près du Mont Abolone, avec 300 prisonniers; puis sur le plateau d'Asiago, avec 2 500 prisonniers, dont plus de 100 officiers, et 17 avions ennemis abattus.
Pendant ce temps, la guerre sous-marine continuait violemment son œuvre néfaste, aux acclama tions des Allemands, qui comme toujours enflaient démesurément, joyeusement, les listes de leurs victimes. L'Angleterre faisait les plus grands efforlf pour compenser ses pertes par la construction d( nouveaux navires. L'équilibre n'était pas rétabli î' la fin de Thiver 1918. Il s'en fallait de IQOOOO tonnet par mois.
Sur le front de Salonique, l'état était resté station naire, pendant que la nouvelle armée grecque s préparait, s'entraînait derrière les armées alliées. E] Palestine, l'armée anglaise avançait brillamment
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Après Jérusalem, elle s'était emparée de Jéricho le 21 février 1918, puis avait progressé vers le Jourdain.
En Roumanie, les choses s'étaient bien tristement gâtées. Abandonnées, combattues même par les Bolchevicks, les armées roumaines avaient été forcées, dès la fin de février, d'accepter la capitulation, et bientôt après la paix.
En Russie, les négociations de Brest-Litovsk entre les représentants autorisés des Empires centraux et les énergumènes de Pétrograd ont tourné au grotesque, tout en présentant quelques dangers au point de vue de la contagion révolutionnaire. Les Allemands les ont rompues, après avoir fait une paix séparée avec la république de rUkraine, et en en reconnaissant l'indépendance; aussitôt, ils ont poussé leurs troupes en avant, sans éprouver aucune résistance, vers l'Ukraine pour occuper ce grenier d'abondance, et vers Pétrograd pour forcer la Russie à la paix. Les Bolchevicks, après s'être transportés à Moscou, se sont empressés de signer; tout en qualifiant la paix qui leur enlevait la Finlande, l'Estonie, la Livonie, la Courtaude, la Lithuanie, la Pologne, la Russie blanche, l'Ukraine... et la région pétrolifère du Caucase — « de pénible-, forcée et déshonorante ». Ce sera à tout jamais la honte de la Russie de s'être laissée déshonorer par de pareils misérables....
Pendant que les Empires centraux se débartassaient ainsi de toute préoccupation sérieuse en Orient, les discours et messages gouvernementaux n'ont pas fait défaut et sont venus affirmer la ligne de conduite des grandes nations engagées dans la
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guerre. En Allemagne, de nombreuses manifestations oratoires ont montré que les pangermanistes avaient le dessus et que Tidée de terminer la guerre sans conquêtes leur paraissait inadmissible. En Angleterre, par contre, le « Premier » Lloyd George a déclaré plusieurs fois, notamment devant les « Trades-Unions », que T Angleterre lutterait jusqu'au bout pour avoir une paix durable, et « qu'elle soutiendrait jusqu'à la mort les revendications de la France au sujet de l'Alsace-Lorraine ».
Le Président des États-Unis Wilson n'a pas été moins affirmatif au sujet des conditions de la paix et de l'Alsace-Lorraine. En France, le président du conseil Clemenceau a fait peu de discours; il a agi plus qu'il n'a parlé et s'en est tenu à sa déclaration primordiale : « La guerre jusqu'à la victoire! »
Quant à notre vaillant peuple, tout en supportant sans murmurer ses deuils, ses privations, les dangers des bombardements, tout en acclamant chaleureusement, quand il le pouvait, l'Alsace-Lorraine, tout en suivant énergiquement les- péripéties de la guerre, il était loin de négliger l'action de la justice contre les crimes de trahison et trouvait m^me qu'elle se traînait avec trop de lenteur.
Ce qui l'étonnait surtout, c'était de voir figurer parmi les accusés, à côté d'aventuriers comme Bolo et les hommes du Bonnet rouge, un ancien président du Conseil, un ministre, un sénateur, des députés.... Et bien des gens se disaient que notre Constitution, qui laisse au parlement la haute main sur les alTaires du pays, sans aucun frein, sans aucune garantie de savoir et d'expérience, qui permet de désigner les ministres, même en cas d*
guerre, au hasard des influences des partis, plutôt que dans Tintérêt général de la nation, aurait bien besoin d'être perfectionnée....
Au début du printemps, le 21 mars 1918, le canon du front est venu faire oublier momentanément ces préoccupations. La grande bataille, qui allait décider du sort du monde, commençait.