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LE RÉSULTAT DES VICTOIRES DU MARÉCHAL FOCH

Dès la fin du mois d'août, les résultats de la belle, énergique offensive du maréchal Foch, étaient déjà considérables. Le nombre des prisonniers, faits par les Alliés depuis le 15 juillet 1918, s'élevait à 128 302 dont 2 874 officiers ; celui des canons enlevés à 2 069, des « minenwerfer » à 1 734, des mitraifieuses à 13 783. Les Allemands avaient déjà perdu la plus grande partie du territoire conquis au prix des plus sanglants sacrifices depuis le 21 mars. Et de plus il paraissait impossible que leur moral n'eût pas subi une baisse importante.

On leur avait tout promis, au début de leurs ruées. On leur avait dit que rien ne tiendrait devant la supériorité numérique, due à la trahison des Bolcheviki, devant leurs attaques en masses, devant leurs déluges d'hommes, de projectiles, de gaz délétères, devant les talents de Ludendorff pour organiser des surprises irrésistibles.... On leur avait promis l'entrée dans Amiens, dans Paris; la fin de la guerre.

Maintenant, toutes ces belles espérances de triomphe, de pillage, de conquêtes, s'étaient écroulées; et, sous les coups du maréchal Foch, ils se voyaient forcés de se replier piteusement vers leurs lignes Hindenburg, dont ils s'étaient élancés, quelques semaines auparavant, en chantant victoire.

Le « grand état-major » prenait bien toutes les

précautions pour dissimuler, excuser ses déconenues, son repli aux yeux de la nation allemande. Ses communiqués étaient plus mensongers que jamais. Les défaites, les pertes n y figuraient pas ; par contre, il y constatait en insistant que les « tanks » jouaient un grand rôle dans nos attaques que les officiers et les sous-officiers allemands ient devenus très habiles pour les démolir.

Quant au haut commandement des groupes d'armées, il avait été modifié, de manière à mettre les princes héritiers en dehors des angoisses de la retraite. Le prince Ruprecht, héritier de Bavière, avait été envoyé en permission ; le commandement • lu prince Guillaume, héritier du trône d'Allemagne, avait été repoussé vers TEst ; de sorte que toutes les armées allemandes centrales, inquiétées d'abord par l'offensive du maréchal Foch et forcées les premières de battre en retraite, avaient pu être mises sous les ordres du général von Boehm, nommé colonel -général, après sa victoire du Chemin des Dames, et chargé d'assumer toutes les responsabilités compromettantes du repli général.

L'ensemble de ces mesures indiquait bien le malaise qui pesait sur le grand quartier général allemand et les difficultés qu'on y ayait pour enrayer les craquements qui commençaient à se manifester dans le moral du peuple allemand et qui annonçaient une débâcle prochaine.

De notre côté, les opérations avaient njarché avec une énergie, une ampleur, une sûreté, une concordance dans les efforts, qui démontraient la haute valeur de notre généralissime, le maréchal Foch, de

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nos commandants en chef Douglas Haig et Pétain, du général Fayolle qui venait de commander le groupe de nos armées de la Somme à la Marne et même à l'Argonne; ainsi que des généraux d'armées Anglais et Français, mêlés à ces glorieuses affaires.

Sous l'impulsion de ces chefs éminents, l'entrain, le mordant, Tintrépidité de toutes les armes, infanterie, artillerie, cavalerie, génie, des armées aUiées avaient été admirables. Partout on les avait vues rivaliser d'ardeur et de dévouement. L'excellente mesure de « l'amalgame », organisée par le maréchal Foch, avait donné les meilleurs résultats. En faisant combattre côte à côte, dans la même armée, des unités anglaises, américaines, françaises, italiennes, il avait réussi à créer de merveilleux courants internationaux d'émulation en bravoure, en héroïsme.

L'aviation alliée avait contribué pour une large part à nos succès, par ses reconnaissances, ses combats, ses bombardements des rassemblements, des colonnes ennemies, par son intervention audacieuse à coups de mitrailleuses dans la bataille.... Elle avait pris incontestablement le dessus sur l'aviation allemande. L'aviation anglaise avait, en une seule année, du l'^'" juillet 1917 au 1*^^ juillet 1918, abattu 3000 appareils allemands et en avait fait tomber désemparés 1 000 autres, tout en n'en per-; dant elle-même que 1 100. De son côté, en six mois, depuis le l*"" janvier 1918, l'aviation française avait abattu 1501 appareils ennemis, dont les chutes avaient été sévèrement contrôlées, tout en n'en perdant elle-même que 352.

Les chars d'assaut, « tanks », avaient aussi joué dans nos assauts un rôle des plus importants, en frayant le chemin à nos vagues d'assaut, en bousculant devant nos soldats les défenses de l'adversaire, en permettant de surprendre l'ennemi, bien mieux que lorsqu'on le prévenait par un bombardement prolongé, en se jetant vaillamment dans la mêlée pour canonner, mitrailler de près les îlots de résistance, les nids de mitrailleuses ennemis. Les Anglais, qui avaient inventé les « tanks » et qui avaient ainsi mis fin à la légende de l'inviolabilité des régions de fils de fer barbelés, leur attribuaient une bonne partie de leurs éclatants succès.

Quant aux « chars d'assaut » français, ils étaient en 1918 — «après quelques tâtonnements — de deux types : le demi-lourd, pesant 23 tonnes, usiné à Saint-Chamond, qui était armé de mitrailleuses et d'un canon de 75, et le léger, qui ne pesait que 7 tonnes et qui, usiné par la maison Renault, n'était armé que de mitrailleuses ou d'un petit canon de 37. Les deux types avaient très bien réussi. C'est à la charge de 70 chars d'assaut Saint-Chamond que l'armée Mangin a dû de pouvoir enlever les défenses formidables accumulées par les Allemands au Sud de l'Oise, à TEst de Tracy. Le type « léger » a rendu partout les meilleurs et les plus héroïques services.

D'un autre côté, l'entrain, les succès merveilleux des troupes alliées avaient eu la plus heureuse influence sur l'état d'esprit des peuples. Partout, dans les nations alliées, régnait désormais, comme dans les armées, la confiance la plus absolue dans

de notre haut commandement. Et cette foi était largement justifiée.

La marche si fermement soutenue des opérations, leur admirable coordination si bien réglée par le maréchal Foch, allaient le démontrer encore davantage.

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