VII. — Nos Alliés
A l'issue des hauts faits, des manifestations sublimes de valeur et de dévouement de nos soldats et de notre peuple, à la clôture des dangers, des angoisses, des misères, des deuils de notre nation, comment ne pas donner une pensée de profonde reconnaissance aux Alliés qui nous ont aidés si efficacement à sortir victorieux de la lutte infernale :
Aux Belges, qui se sont comportés avec tant de fierté et de vaillance sous l'impulsion de leur roi héroïque, et dont la résistance irréductible a mis en relief, dès le début des hostilités, le caractère odieux, criminel de l'agression allemande.
Aux Serbes, nos intrépides alliés de toute la guerre; aux Roumains; aux Grecs;
Aux Italiens, qui dès les premiers jours nous ont permis de disposer de notre armée des Alpes et qui, depuis, se sont lancés impétueusement dans la lutte et n'ont plus cessé d'immobihser ou de battre^ sur leur front, la plus grande partie de l'armée autrichienne;
Aux Américains, auxquels nous unissaient déjà les liens de la plus vive, la plus affectueuse sympathie, et dont la noble, généreuse, énergique, superbe intervention a joué un rôle décisif dans les dernières périodes de la guerre et sera une des merveilles de l'histoire ;
Et par-dessus tout, à nos alliés, à nos sauveurs de la Grande-Bretagne !
N'oublions jamais les premières heures angoissantes de la grande guerre -et notre émotion poignante lorsque nous avons vu l'Angleterre se lever de toute son énergie, de toute sa puissance pour défendre le Droit odieusement violé par les Allemands en Belgique, jeter dans la terrible balance le poids de sa haute autorité mondiale et intervenir immédiatement dans les opérations non seulement avec sa flotte formidable, invincible, mais encore avec les 150 000 admirables soldats qui constituaient son unique armée de terre continentale.
Ce fut pour ceux qui connaissaient la fermeté, la hauteur d'âme, la loyauté britanniques, comme une garantie certaine du succès des efforts des Alliés, quelque durs qu'ils dussent être, et de la victoire finale du Droit et de la Liberté sur la violence, la brutalité, la barbarie.
Pendant toute la guerre, Feffort de l'empire britannique a été d'une puissance, d'une persévérance dignes d'admiration. Sur mer, au prix de luttes incessantes avec les pirates sous-marins, il a assuré magistralement notre ravitaillement et la défense de nos côtes et de nos colonies, tout en contribuant largement au transport des troupes américaines. Sur terre, ses 150 000 hommes du début sont devenus 7 millions de vaillants combattants qui ont montré partout, sur le front de France comme dans toutes les parties du monde, leur courage, leur discipline, leur force d'âme à toutes épreuves....
Quand le roi Edouard VII a fondé « l'Entente cordiale » entre l'Angleterre et la France, il a annoncé qu'il en sortirait de grands bienfaits pour la marche delà civilisation et les progrès de l'humanité
Il en est déjà ^orti notre salut au cours de la <^ guerre de libération », de la plus formidable, la plus terrible des ruées que les barbares de la Germanie ont lancées, à travers les siècles, contre la France.
Et pendant la paix, que FAngleterre vient si puissamment, si loyalement de nous aider à conquérir, les choses les plus heureuses sont à prévoir, si nos deux nobles, héroïques nations, si bien faites pour s'entendre, s'entr'aider, se compléter, s'estimer, continuent à marcher la main dans la main, pour le plus grand bien de Thumanité.