PEA-RIDGE
médiaiement toute la portée des revers éprouvés par Sydney Johnston pendant le mois de février ; en bon camarade, il voulut frapper un coup violent pour rappeler en arrière les envahisseurs des Border-States. D'après ses ordres, Priée évacua le Missouri, recula pied à pied devant les troupes fédérales commandées par Gurtis, rallia Mac-GuUoch et rentra dans TArkansas. Le trajet fut une longue suite d'escarmouches ; en réalité, rien de décisif.
L'activité de Van Dorn réunit aux troupes de Prioe, de Mac-Gulloch, celles de Mac-Intosh et les contingents Indiens : au commencement de mars, il se voit à la tête d'une vingtaine de mille hommes. Tout annonce à Gurtis un mouvement offensif de Tennemi; le général unioniste s'est établi, près du Sugar-Greek, à Bentonville et autour du camp retranché de Gross-Hollows ; il a quatre divisions comprenant vingt-deux régiments avec une cinquantaine de pièces.
Le 5 mars 1862, par une froide journée d'hiver, la campagne couverte de neige, le vent soufflant en tempête, Curtis écrivait sous sa tente lorsqu'on lui annonça l'approche des troupes rebelles. Leur cavalerie devait coucher à quelques milles du camp, à Elms- Springs ; l'infanterie avait déjà dépassé Fayetteville. Il fallait rapprocher immédiatement du quartier générnl les divisions Sigel et Garr occupant en ce moment des positions assez éloignées. Sans perdre un instant, Sigel se mit en marche au milieu de la nuit ; au jour, il atteignit Bentonville ; attaqué, dans la matinée, par dés forces supérieures, il parvint, après six heures de lutte, à gagner l'extrémité occidentale d'une chaîne de collines nommées Pea-Ridge^ à. proximité de deux divisions fédérales. Moins éloigné, Carr rejoignit sans encombre.
Pendant celle journée, Gurtis sema d'obstacles, au Sud de ses positions, la route de Fayetteville par laquelle il attendait l'attaque ; mais Van Dorn, transportant son armée tout entière autour de Taile gauche ennemie, s'établit, sur cette même route, au nord du camp unioniste, pendant que Mac-GuUoch et Mac-Intosh prenaient position en face de Sigel. Les Confédérés se trouvaient, de la sorte, établis sur les communications de leurs adversaires, dont le désastre était complet, en cas de défaite. La supériorité stratégique du général rebelle est indiscutable. Curtis n'avait rien vu à temps. Il changea de front, se déployant sur la crête du Pea-Ridge. Entre ses trois divisions et celle de son lieutenant Sigel* s'étendait un espace d'au moins trois milles ; Tordre de bataille rectifié ne valait guère mieux que les dispositions de la veille.
* Sigel (Franz), né le 18 novembre 1824- à Sinsheim (grandduché de Bade) ; élève de TEcole militaire de Carlsruhe; lieutenant d'infanterie Badoise; démissionnaire en 184-7 ; se lance dans la politique radicale ; prend part à tous les événements militaires de la Révolution de 1848 dans son pays ; se réfugie en France ; est rappelé en 1849 par le gouvernement provisoire ; ministre de la guerre, membre du gouvernement, il fit toute la campagne avec un grand courage ; fut obligé de passer en Angleterre en 1850. Emigra aux Etats-Unis en 1852. Successivement ingénieur, journaliste, professeur à New- York ; en 1858 il fut nommé professeur à Tlnstitut Allemand de Saint- Louis. Au début de la guerre, il rendit de grands services en raisons de ses connaissances militaires; il commandait une partic des troupes de Lyon à Wilson*s Creck et fut le véritable vainqueur à Pea-Ridge. L'année suivante, il re^çut, en réiîompense, avec le grade de major général de volontaires, une adresse de félicitations du Congrès. Il commanda un corps d'armée sous Pope, puis à Washington, Inactif, pour raison de santé en 1863, il reçut un nouveau commandement dans la vallée de la