‹ La guerre de sécession, 1861-1865Chapitre 3 sur 23 · ULL-RUN, BALL'S BLUFF, ROANOKE · texte numérisé non relu

ULL-RUN, BALL'S BLUFF, ROANOKE

nombre des troupes engagées, c'est encore un chiffre très respectable pour des volontaires de trois mois. Evidemment, de part et d'autre on s*est bien battu. Il est assez difficile de préciser le chiffre des armées en présence. Dans son rapport, Mae-Dowell dit avoir passé le Bull-Run avec 18,000 hommes ; ce qui lui donne, réserves comprises, environ 25,000 à 26,000 combattants. Ce total semble notablement inférieur à la vérité ; quant à Tannée confédérée, le Président Davis accuse 15,000 hommes ; c'est trop peu ; Beauregard n'en devait pas avoir moins d'une vingtaine de mille.

Quoi qu'il en soit, le véritable vainqueur de Bull-Run est Johnston qui, parti de Bunker-Hill le 16 juin 1861, parcourt 28 milles en deux jours pour rejoindre à Piedmont le chemin de fer qui l'amène sur le champ de bataille assez tôt pour frapper le coup décisif; c'est Evans qui répare d'instinct les fautes de son chef; c'est Bee, c'est Bartow qui se font tuer pour donner aux renforts le -temps d'arriver ; c'est Jackson qui gagne ce jour-là son glorieux surnom de « Mur de pierre » ; c'est tout le monde, excepté Beauregard.

Le vrai coupable du désastre est l'incapable Patterson, auquel les esclavagistes attribuent 30,000 hommes, qui laissa Johnston accomplir cette longue marche de flâne sans songer ni à l'attaquer ni à le suivre. 11 prétendit avoir vainement réclamé des instructions au grand quartier général ; mais Johnston, Jackson, Evans hésitèrent-ils à marcher au canon? Les deux derniers ne prirent-ils pas sur eux de modifier les ordres reçus ?

L'opinion fut très sévère pour Patterson ; au terme de son commandement, qui expirait avec l'engagement des volontaires de trois mois, il dut abandonner le service actif; toutefois, il n'y eut pas de blâme offi-

ciel ; ses pouvoirs ne furent pas renouvelés par le gouverneur de la Pensylvanie qui Tavait nommé eommandant des troupes de l'Etat. Dans une réunion publique tenue quelques jours après BuU-Run, le général essaya de se justifier.

« Le 9 juillet, dit-il, je réunis en conseil de guerre « mes chefs de corps, mes brigadiers et leurs chefs « d'état-major. Le colonel Stone prit deux fois la « parole, se prononçant contre l'attaque des positions « confédérées ; il appuya chaudement la marche sur « Shephardstown et Gharlestown ; tout le monde fut « de son avis. Je télégraphiai au général en chef la « situation dans la vallée, lui proposant d'occuper « Harpers-Ferry et demandant à être avisé quand il « ferait attaquer Mannassas. Le 12, je reçus l'ordre « d'agir suivant mes propositions et JEus informé que « Mannassas serait attaqué mardi 16. Le 13, je reçus « le télégramme suivant : Si vous n'êtes pas assez fort « pour battre l'ennemi, faites des démonstrations « pour le retenir dans la vallée de Winchester. Le 16, « d'après mes instructions, les piquets Sudistes furent « refoulés à Winchester, et je marchai sur Charles- « town.

« Trois jours auparavant, je terminais une dépêche « par ces mots : Si je me trompe, donnez-moi des in- « structions. Le 1 7 seulement, le général Scott me répon- « dait : Mac-Dowell a rejeté Tennemi au delà de Fairfax ; « demain probablement, il enlèvera Mannassas. »

« Ces nouvelles me parurent satisfaisantes. Johnston « avait été retenu le temps voulu, et la colonne Pat- « terson avait rempli sa tâche.

« Cependant, le 18, à une heure et demie, je deman- « dais encore : Dois-je attaquer ? C'était clair et ne « pouvait donner lieu à aucune méprise.

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